Quatre questions sur les élections territoriales en Corse

Environ 140 000 électeurs sont appelés aux urnes les 3 et 10 décembre pour désigner les membres d'une toute nouvelle assemblée.

L\'actuelle assemblée de Corse, qui fera place à la collectivité territoriale unique désignée dimanche 3 et 10 décembre 2017.
L'actuelle assemblée de Corse, qui fera place à la collectivité territoriale unique désignée dimanche 3 et 10 décembre 2017. (MAXPPP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Scrutin d'un nouveau genre en Corse. Deux ans seulement après les régionales de décembre 2015, environ 140 000 électeurs corses sont appelés aux urnes pour désigner dimanche 3 et 10 décembre les membres d'une assemblée territoriale unique et inédite, qui verra le jour le 1er janvier 2018.

En quoi consiste le scrutin ? Quels en sont les protagonistes ? Quelles seront les prérogatives de cette nouvelle collectivité ? Franceinfo récapitule.

1Pourquoi les Corses votent-ils ?

Les électeurs corses sont appelés à voter dans le cadre des élections territoriales. Ce type de scrutin, qui concerne aussi la Guyane et la Martinique, se tient habituellement au même moment que les élections régionales en métropole. Mais l'adoption en février 2017 du projet de loi "NOTRe" (Nouvelle organisation territoriale de la République) a changé les choses pour l'île de Beauté.

La loi crée en effet une instance inédite, la Collectivité territoriale unique (CTU), qui naîtra officiellement le 1er janvier de la fusion des deux départements actuels et de l'ancienne collectivité territoriale (région). Pour l'occasion, la mandature issue des précédentes élections territoriales de 2015, qui devait durer six ans, a été interrompue. Les électeurs devront d'ailleurs voter à nouveau en 2021 pour s'aligner sur le calendrier habituel.

2A quoi va servir cette nouvelle collectivité ?

La Collectivité territoriale unique, qui sera composée de 63 élus et sera basée à Ajaccio (Corse-du-Sud), fusionnera les actuels conseils départementaux corses et l'ex-Collectivité territoriale de Corse (CTC), ce qui constitue une première en France métropolitaine. Une chambre des territoires située à Bastia regroupera en outre "les élus locaux, les intercommunalités et les communes et aura un rôle de conseil auprès de la nouvelle assemblée", explique Le Figaro

Cette nouvelle assemblée ne récupérera toutefois aucune compétence supplémentaire par rapport à celles exercées par les instances précédentes, ajoute le quotidien. Les services de l'Etat auront les mêmes prérogatives, et "les recettes, les compétences et les employés des départements seront transférés tels quels".

Le budget de la CTU sera débattu en 2018. Le gouvernement s'est engagé en octobre auprès d'élus corses sur l'octroi de dotations de fonctionnement équivalentes à celles qu'auraient perçues les deux départements et la collectivité territoriale.

3Qui sont les candidats ?

A l'origine, huit listes devaient se présenter, mais la candidature écologiste n'a finalement pas abouti faute de budget.

La majorité sortante est menée par l'autonomiste Gilles Simeoni et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, qui mènent une liste baptisée "Pé a Corsica" ("Pour la Corse"). Une autre liste indépendantiste, "Core in fronte", est menée par Paul-Félix Benedetti.

Le Front national est également présent avec "Rassemblement pour une Corse républicaine", dont la tête de liste est Charles Giacomi.

Deux listes sont marquées à droite, et aucune n'a obtenu l'investiture du parti Les Républicains. Il s'agit de celle de Jean-Martin Mondoloni, "La voie de l'avenir", et celle de Valérie Bozzi, "Voir plus grand pour elle".

Jean-Charles Orsucci a de son côté obtenu l'investiture de La République en marche avec sa liste "Andà per Dumane" ("En avant pour demain"). Enfin, les communistes de Jacques Casamarta se sont joints à des candidats "Insoumis" sur une liste appelée "L'Avenir, la Corse en commun", qui n'a toutefois pas reçu l'investiture du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

4Quel est le mode de scrutin ?

Comme pour les élections régionales, il s'agit d'un mode de scrutin proportionnel à deux tours, avec une prime à la majorité. En clair, les listes qui dépasseront les 7% des suffrages lors du premier tour pourront se maintenir pour le second. Celles qui obtiendront entre 5% et 7% des suffrages pourront fusionner avec une des listes en position de se maintenir.

La liste arrivée en tête au soir du second tour obtiendra une prime de 18%, correspondant à 11 sièges supplémentaires sur les 63 en jeu. Les sièges restants seront répartis de manière proportionnelle en fonction des résultats des autres listes.

Le président ou la présidente de l'Assemblée nouvellement élue sera désigné(e) le premier jeudi qui suivra l'élection, lorsque les élus se réuniront pour la première fois. Il ou elle doit être élu(e) à bulletins secrets et avec la majorité absolue, mais la majorité relative est acceptée au troisième tour si aucun candidat ne l'emporte auparavant. Comme l'ancienne collectivité territoriale de Corse, la CTU élira ensuite un conseil exécutif, qui sera responsable devant elle.