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"Les gars, il ne faut pas jouer, point barre" : 27 ans après Furiani, Pascal Olmeta déplore que des matchs de foot aient lieu le 5 mai

L'ancien gardien de Bastia et de l'OM était l'invité de franceinfo, samedi.

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Radio France
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Tribune effondrée du stade Furiani, près de Bastia, le 6 mai 1992, au lendemain du drame. (ERIC CABANIS / AFP)

La catastrophe de Furiani, le 5 mai 1992, a coûté la vie à 18 personnes et fait plus de 2 300 blessés, lorsqu'une tribune provisoire du stade Armand-Cesari s'est effondrée avant la demi-finale de la Coupe de France entre le SC Bastia à Olympique de Marseille. Récemment, le collectif des victimes a de nouveau demandé à la Ligue de football professionnel (LFP) de renoncer à organiser des matchs le 5 mai, sans être entendu, ce qu'a déploré samedi sur franceinfo Pascal Olmeta. L'ancien gardien de Bastia jouait alors pour Marseille et il était à Furiani ce jour-là. Il estime que les joueurs actuels de Ligue 1 pourraient faire plus pour ne pas jouer dimanche.

franceinfo : Comment expliquez-vous que la journée du 5 mai n'ait pas été sacralisée et que des matchs continuent à être organisés par la LFP ?

Pascal Olmeta : Plus de 20 ans après, on est encore obligés de reparler de ça. Rien que le fait d'évoquer cette date et ce que j'ai vécu, ça me donne des frissons, mais à ces gens-là [les responsables de la LFP], ça ne leur fait rien du tout ! Je leur proposerais bien d'aller passer une journée avec ceux qui sont restés blessé de cette catastrophe et voir un peu ce que ça a fait. Peut-être qu'à partir de ce moment-là, on ne jouera plus le 5 mai, mais qu'au contraire, on aura une pensée éternelle [pour les victimes].

Le souvenir de cette catastrophe reste-t-il très présent en Corse, où vous vivez ?

Le fait que tous les Bastiais passent tous les matins quasiment devant la stèle, ça nous rappelle ce qu'il s'est passé. Même les plus jeunes, qui n'étaient pas nés, qui n'ont pas vécu ça. On a toujours cette pensée. Mais c'est vrai que nous sommes sur une île. Le football corse, qu'est-ce qu'ils en ont à foutre ces gens-là [les responsables de la LFP] ? Pour eux, le 5 mai ça n'a pas marqué leur esprit, et c'est dommage.

En 2015, la Ligue a décidé qu'on ne jouerait plus un 5 mai quand ça tombe un samedi. Or cette année, le 5 mai tombe un dimanche. Malgré tout, des équipes - comme Saint-Étienne - ont annoncé qu'elles porteraient un brassard noir en hommage aux victimes de Furiani, qu'en pensez-vous ?

Les brassards, de temps en temps, il faut se les mettre là où je pense. La vie est simple. Pourquoi jouer le 5 mai ? Pourquoi ? Ces gens qui décident de jouer [tout en disant] : "on a une pensée", qu'est-ce qu'ils en ont à faire ? Ils ne sont pas touchés par cette catastrophe.

Les joueurs sont bien obligés de jouer dès lors que la LFP a décidé qu'il y aurait des matchs le 5 mai.

Dans la vie, on a toujours le choix. Moi, ça me touche énormément. On était sur la pelouse, on a vu les morts, on a vu cette catastrophe. On ne demande pas grand-chose. Qu'est-ce que un jour dans l'année (...) quand ça tombe le 5 mai ? Il faut arrêter, la vie est simple, on pourrait simplement dire qu'on ne joue pas. Si j'avais été sur le terrain demain [dimanche], moi j'aurais fait passer le message : les gars il ne faut pas jouer, point barre. Pas le 5 mai.

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