Corbeil-Essonnes : victoire de l'UMP

Le candidat UMP Jean-Pierre Bechter a remporté dimanche la municipale de Corbeil -Essonnes avec 27 voix d'avance

Le candidat UMP Jean-Pierre Bechter, bras droit de l\'ancien maire Serge Dassault (à droite sur la photo)
Le candidat UMP Jean-Pierre Bechter, bras droit de l'ancien maire Serge Dassault (à droite sur la photo) (© AFP PHOTO / BERNARD GAUDIN)
Le candidat UMP Jean-Pierre Bechter a remporté dimanche la municipale de Corbeil -Essonnes avec 27 voix d'avanceLe candidat UMP Jean-Pierre Bechter a remporté dimanche la municipale de Corbeil -Essonnes avec 27 voix d'avance

Il l'emporte sur son adversaire communiste, Michel Nouaille, soutenu par le reste de la gauche.

"Pour la quatrième fois, M. Dassault est élu maire de Corbeil-Essonnes", a déclaré ravi Jean-Pierre Bechter, ajoutant: "C'est moi qui suis élu, mais quand même c'est lui qui bat le Parti communiste, avec moi".

Serge Dassault "occupera son bureau" de maire


Comme on lui demandait qui occuperait le bureau du maire, il a répondu: "lui" (Serge Dassault), dans un éclat de rire. "Il occupera son bureau", a-t-il insisté, avant de tempérer: "on fait de l'humour avec la presse, depuis longtemps". "La ville sera bien dirigée, on fera ce qu'il faudra ensemble", a déclaré de son côté Marcel Dassault, qui ne pouvait se représenter pour cause d'inéligibilité.
"De toute façon, vous savez bien que ça va encore se terminer au Conseil d'Etat", a ironisé Jean-Pierre Bechter. A longueur de journée, le candidat UMP avait rappelé: "Voter Bechter, c'est voter Dassault".

Dans un premier temps, le candidat communiste avait demandé un "recomptage des voix", évoquant des "informations contradictoires" sur les résultats du second tour. Il a finalement "pris acte" des résultats.

"Procédures adéquates"


Selon lui, les Corbeil-Essonnois ainsi que "les journalistes" ont été témoins de "pratiques caricaturales" dans l'entre-deux tours. "En fonction des informations que nous aurons, nous déciderons des procédures adéquates", a déclaré Michel Nouaille en demandant aux habitants de signaler d'éventuelles irrégularités dont ils auraient été témoins.

"Pour 27 voix, le système Dassault va continuer", a déploré le candidat de la gauche. "Il y a encore de l'argent qui a été distribué", a accusé Bruno Piriou, ex-candidat PCF, inéligible en raison de l'invalidation de ses comptes de campagne.

"Il n'y a pas de système spécial, il n'y a pas de discriminations, on travaille pour tout le monde, on fait ce qu'on peut, (...) on fera le maximum pour que tout le monde soit content (...) avec l'argent qu'on a", a répondu Marcel Dassault, ajoutant: "on est là pour la ville, on n'est pas là pour un parti politique".

Difficile fusion à gauche

Le 27 septembre, au premier tour, la liste dirigée par Jean-Pierre Bechter avait recueilli 30,75 % des voix, les trois listes de gauche totalisant ensemble 51 %. Pour le second tour, sa liste avait fusionné avec celle, sans étiquette, de Jean-Michel Fritz (9,64 %). Ce dernier, premier adjoint de Marcel Dassault jusqu'à mars 2008, a choisi de ne pas figurer sur cette liste.

Après de difficiles négociations, les trois listes de gauche étaient parvenues à trouver un accord de fusion à la proportionnelle. A gauche, la liste Nouaille était en tête avec 24,33 % des voix, devant Carlos Da Silva (PS, 18,98 %) et Jacques Picard (verts, 7,76 %).

L'élection a été provoquée par l'inéligibilité des deux finalistes de mars 2008: Serge Dassault, maire de cette ville de l'Essonne depuis 1995, en raison de "dons d'argent" qu'il conteste, et Bruno Piriou.

Mercredi, six dirigeants nationaux de gauche, d'Olivier Besancenot (NPA) à Martine Aubry (PS) en passant par Cécile Duflot (verts), ont lancé un appel commun à "mettre fin au système Dassault" et à rendre Corbeil "à ses habitants".

Pour ce second tour, la participation a été de 50,70 %.