Militaire poignardé à La Défense : l'homme arrêté "a reconnu les faits", selon le procureur

L'agresseur présumé du militaire, attaqué le 25 mai lors d'une mission Vigipirate dans le quartier d'affaires, a été interpellé mercredi matin à La Verrière (Yvelines).

Le suspect de l\'agression d\'un militaire à La Défense, escorté par les policiers, le 29 mai 2013, après son arrestation. 
Le suspect de l'agression d'un militaire à La Défense, escorté par les policiers, le 29 mai 2013, après son arrestation.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

L'enquête sur l'agression d'un militaire à La Défense a pris un tour nouveau. L'auteur présumé de l'attaque a été interpellé, mercredi 29 mai à La Verrière (Yvelines), a annoncé le ministère de l'Intérieur.

L'homme a été arrêté vers 6 heures du matin, dans la rue, devant le domicile d'une amie et "a reconnu les faits", a indiqué le procureur de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse. Il aurait vraisemblablement dormi dans la rue, depuis les faits. Il a été placé en garde à vue pour une durée maximale de 96 heures et la qualification terroriste devrait être retenue pour son acte.

Voici ce que l'on sait de son profil. 

Qui est l'agresseur présumé ?

Agé de 22 ans, l'homme interpellé s'appelle Alexandre. Le jeune homme était inscrit au fichier national des empreintes génétiques pour un simple rappel à la loi lorsqu'il était mineur. Il n'avait pas de casier judiciaire et avait fait l'objet d'un contrôle d'identité en 2007, lors d'une prière de rue. Le directeur de la police judiciaire, Christian Flaesch, a lui indiqué que le jeune homme est issu d'une "famille qui paraît tout à fait honorable".

Selon le procureur, Alexandre s'est converti à l'islam "à la fin de sa minorité". Partisan d'un "islam traditionaliste voire radical, depuis trois ou quatre ans", il n'était toutefois pas connu comme "un tenant du jihad", ont indiqué des sources proches de l'enquête à l'AFP. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est lui aussi montré prudent sur i-Télé. "On ne peut pas parler d'un islamisme radical", a-t-il tempéré. "Il faut en savoir plus sur ses motivations, son parcours, son environnement familial." 

Quelles sont ses motivations ? 

Selon le procureur, l'agresseur présumé du militaire a sans doute "agi au nom de son idéologie religieuse". Des images le montrent en train de faire une prière musulmane huit minutes avant l'attaque. François Molins a aussi évoqué une "volonté de tuer assez évidente", indiquant que le suspect avait porté "plusieurs coups" avec une "détermination impressionnante" à sa victime.

Par ailleurs, le jeune homme avait été "signalé" en février comme "se radicalisant", dans une note de la Sous-direction de l'information générale (Sdig - ex Renseignements généraux, les RG) du département des Yvelines, selon une source policière. Elle a dû être "transmise" comme "il est d'usage en pareil cas à la hiérarchie et ensuite à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI)", a précisé la même source. Cela pourrait expliquer, a-t-elle précisé, que le profil du suspect ait pu être dressé par les enquêteurs. Le Monde.fr explique avoir eu accès à cette note qui dresse un parcours assez détaillé de la dérive présumée vers un islamisme radical du suspect depuis 2009.

Comment a-t-il été identifié ?

L'agresseur présumé du militaire Cédric Cordier avait été filmé par les caméras de vidéosurveillance de la RATP, lors de l'agression à La Défense. La police disposait d'images nettes, montrant son visage. La police judiciaire parisienne avait également déployé un très important dispositif de surveillance, notamment autour de Trappes dans les Yvelines, pour prévenir toute récidive.

Mais c'est le sac plastique contenant des effets personnels, abandonné à l'étage du centre commercial lors de sa fuite, qui a confondu le suspect. Il a en effet été identifié grâce aux empreintes génétiques relevées sur une bouteille de jus d'orange et un couteau Laguiole retrouvés dans le sac. Ces objets avaient été achetés le jour de l'agression, a précisé le procureur.