L’application SAIP, destinée à diffuser des alertes attentat, ne sera plus active à partir du 1er juin

Deux ans après son lancement en juin 2016, le gouvernement a décidé d'enterrer définitivement l'application mobile SAIP, qui permettait de prévenir la population en cas d'attentat.

L\'application d\'alerte attentat SAIP, lancée en juin 2016 (illustration).
L'application d'alerte attentat SAIP, lancée en juin 2016 (illustration). (DAMIEN MEYER / AFP)

Elle n'aura pas eu le succès escompté. À partir du 1er juin prochain, l'application mobile SAIP (système d’alerte et d’information des populations), plus connue sous le nom "alerte attentat", ne sera plus active, a déclaré ce mardi à franceinfo Frédéric de Lanouvelle, porte-parole du ministère de l'Intérieur. Le gouvernement a décidé de l'abandonner.

Inefficace lors des attaques

L’application SAIP avait été lancée le 8 juin 2016, au début de l’Euro de football en France. Elle était utilisée pour alerter la population en cas de péril majeur, mais elle n'avait pas prouvé son efficacité, notamment lors de plusieurs actes terroristes commis en France.

Lors de l'attaque au camion sur la Promenade des Anglais à Nice le 14 juillet 2016, SAIP avait mis plus d'une heure avant de déclencher l'alerte. Autre exemple, à Trèbes dans l'Aude, aucune alerte n'avait été émise lors de la prise d'otages dans le Super U.

Seulement 900 000 téléchargements

En août 2017, le sénateur LR Jean-Pierre Vogel avait souligné les "défaillances" de l’application. "Des défaillances nuisant à la fiabilité et à l'ergonomie de l'application subsistent encore aujourd'hui", déclarait le sénateur dans un rapport. L'application impose en effet quelques contraintes techniques. "Déjà, il fallait télécharger l’application, ensuite accepter de recevoir les notifications. Et sur certains téléphones, comme les iPhone, il fallait laisser l'application ouverte pour recevoir l’alerte" ajoute Frédéric de Lanouvelle. Résultat, l'application n'a été téléchargée que 900 000 fois.

Des messages via Facebook, Twitter, Google

Le ministère de l’Intérieur a donc décidé de recourir aux outils déjà existant, en diffusant massivement les messages d’alertes et de prévention du ministère de l’Intérieur via Facebook, Twitter et Google.

"Aujourd’hui, Facebook c’est 35 millions d’utilisateurs actifs en France" précise Frédéric de Lanouvelle. Les messages du ministère de l’Intérieur seront liés au déclenchement de l’application Safety check de Facebook qui permet aux personnes de se signaler en sécurité lorsqu’elles sont dans une région où un évènement grave se déroule. À partir du moment où le Safety check est déclenché, le ministère de l’Intérieur va pouvoir alimenter la page de ce Safety check de messages, d’alertes et de prévention.

Sur Twitter, un compte spécial, @Beauvau_Alerte est créé. "Nous invitons la population à suivre ce compte et à en accepter les notifications", a précisé Frédéric de Lanouvelle. Par ailleurs, le réseau social mettra les messages du ministère de l’Intérieur en évidence, en haut du fil des tweets, en cas de menace grave.

Pour Google, en cas de danger immédiat, les messages du ministère seront placés en haut des recherches pour les utilisateurs qui taperont les mots clés liés à l’événement. Par exemple, pour l'attentat de Trèbes, taper "Trèbes, attentat, Super U", aurait placé les messages du ministère de l’Intérieur en haut de votre écran.

Radio France, France Télévisions, Vinci autoroute et la RATP ont également accepté de relayer les messages du ministère de l'Intérieur pour alerter la population en cas de danger grave.