Info franceinfo Affaire Jubillar : de nouvelles auditions de parties civiles menées vendredi par les deux juges d'instruction chargées du dossier

L'oncle, la tante mais aussi deux cousines et un cousin de Delphine Jubillar vont être entendus.

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Radio France
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Delphine Jubillar est portée disparue depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020 (Illustration). (PASCALE DANYEL / RADIO FRANCE)

Les deux juges d'instruction de Toulouse chargés de l'enquête sur la disparition et le meurtre de Delphine Jubillar, vont mener vendredi 1er avril dès 9 heures de nouvelles auditions de parties civiles, a appris franceinfo jeudi de source proche du dossier.

Il s'agit notamment de l'oncle et la tante de Delphine Jubillar, mais aussi de deux cousines et un cousin de l'infirmière de 33 ans, mère de deux enfants, qui a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 de sa maison à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, et qui n'a jamais été retrouvée depuis.

Des proches du couple surpris par l'attitude de Cédric Jubillar

Toutes ces parties civiles, représentées par maître Mourad Battikh, seront entendues pour la première fois par les deux magistrates chargées du dossier. Delphine Jubillar, qui n'avait plus ses parents, était très proche de son oncle et de sa tante. D'après leurs déclarations aux gendarmes, que franceinfo a pu consulter, ces proches évoquaient alors un couple en crise et se disaient très surpris par l'attitude de Cédric Jubillar juste après la disparition de sa femme.

L'homme était, toujours selon leur témoignage, plus concentré sur son téléphone que sur les recherches, et se contredisait souvent dans ses réponses. Un cousin de Delphine Jubillar déclarait même avoir eu l'impression que son mari voulait "les balader" et qu'il a menti à plusieurs reprises.

Les menaces de mort "pas prises au sérieux"

Entendue fin janvier par les deux juges d'instruction, Nadine Jubillar, la mère de Cédric Jubillar, a expliqué que son fils "n'acceptait pas que Delphine veuille divorcer" et qu'elle "avait peur" de sa réaction "s'il découvrait qu'elle avait un amant : qu'il pète un plomb, qu'il se mette à tout casser dans la maison...", selon le compte-rendu de l'audition dont franceinfo a pris connaissance. Elle a également confié découvrir son fils depuis la disparition de Delphine Jubillar 

"Je m'aperçois qu'en fait mon fils, je ne le connais pas. Je pensais que c'était un homme, un mari et un père idéal. Pour moi, il était travailleur, bosseur, franc. Finalement je découvre tout le contraire."

Nadine Jubillar, mère de Cédric Jubillar

aux juges d'instruction chargés de l'enquête

Quand elle a été placée en garde à vue, Nadine Jubillar a assuré que son fils lui avait dit : "J'en ai marre, je vais la tuer, je vais l'enterrer et personne ne la retrouvera." Interrogée par les juges d'instruction sur les circonstances dans lesquelles son fils a prononcé ces menaces, elle s'est expliquée : "C'était sur le parking de mon magasin, j'étais en pause. Encore une fois, il se plaignait du comportement de Delphine, du fait qu'elle veuille divorcer, qu'il ne la comprenait plus. Il m'a sorti cette phrase, je lui ai dit 'arrête de dire des conneries', je n'ai pas du tout pris cette phrase au sérieux."

Une cousine assure qu'il a déjà levé la main sur sa femme

Entendue le 7 février par les deux juges d'instruction, Lolita, cousine de Delphine, a affirmé, selon le compte-rendu que franceinfo a pu consulter, que Delphine Jubillar lui avait parlé d'une dispute, en 2018, où il avait levé la main sur elle. "Elle m’a dit 'j’ai peur de divorcer, j’ai peur de la réaction de Cédric' et ne voulait pas m'en dire plus sur la suite de la dispute", a-t-elle raconté.

Pour Jean-Baptiste Alary, l’un des avocats de Cédric Jubillar, les déclarations d’une de Nadine sont celles d'une femme perdue et enserrée dans un conflit de loyauté entre son fils, ses petits-enfants et sa belle-fille. Selon la défense, Lolita est la seule à porter de telles accusations "mensongères", alors que des centaines de personnes ont été entendues. 

Dans cette affaire, le mari de Delphine Jubillar avec qui elle était en instance de séparation, est mis en examen depuis juin 2021 pour meurtre aggravée et a été placé en détention provisoire. Ses quatre demandes de remise en liberté ont été rejetées.

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