Sur la piste d'un complice de Mohamed Merah

Vol de scooter, envoi par courrier de la vidéo des meurtres à Al Jazeera... Il semble de plus en plus probable que Mohamed Merah ait reçu de l'aide pour accomplir ses actes. 

Mohamed Merah n\'est pas l\'expéditeur des vidéos des tueries adressées à Al Jazeera.
Mohamed Merah n'est pas l'expéditeur des vidéos des tueries adressées à Al Jazeera. (FRANCE 2 / REUTERS)

Mohamed Merah n'a probablement pas agi seul. Les enquêteurs ont déterminé le rôle "influent" d'Abdelkader, son grand frère. Ils cherchent à présent un autre complice, qui aurait participé au vol du scooter conduit par le tueur à Toulouse et à Montauban. Par ailleurs, la police semble aussi avoir établi que Mohamed Merah n'a pas envoyé lui-même la vidéo de ses meurtres au bureau français d'Al Jazeera.

• Un troisième homme impliqué dans le vol du scooter

Les enquêteurs tentent d'identifier un "troisième homme", qui aurait pu prendre part avec les deux frères au vol du scooter utilisé par Mohamed Merah lors des tueries de Toulouse et de Montauban. Selon une source proche de l'enquête citée par 20 Minutes, "Abdelkader était avec son frère et un troisième homme dans une voiture. Mohamed lui aurait dit de le déposer à un coin de la rue et de l’attendre. Il serait revenu environ un quart d’heure après avec le fameux scooter."

Une des sources a précisé que cet homme, qui n'a pas été identifié, était peut-être aussi impliqué dans un autre épisode précédant les tueries. Notamment l'achat d'accessoires de moto pour Mohamed Merah ou le recueil d'informations sur la manière de neutraliser le "traqueur" (système de localisation antivol) du scooter.

Contacté par FTVi, le concessionnaire Yam 31, qui avait mis les policiers sur la piste du tueur, assure n'avoir vu que Mohamed Merah franchir les portes de son magasin le 6 mars. "Ni son frère Abdelkader, que nous connaissons, ni une autre personne ne l'accompagnait, assure le gérant, Christian Dellacherie. Il nous a posé quelques questions et a acheté une cagoule avant de repartir, à pied". Egalement contacté, l'autre concessionnaire Yamaha de Toulouse, Yam Service, indique n'avoir reçu aucune visite des frères Merah ou d'une troisième personne demandant des informations sur la désactivation d'un traqueur.  

Les enquêteurs continuent de privilégier la thèse d'un acte plutôt isolé, celui de Mohamed Merah, avec éventuellement la complicité de son entourage proche, dont son frère Abdelkader, qui a reconnu avoir été présent au moment du vol. 

• Mohamed Merah n'est pas l'expéditeur de la vidéo

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'expéditeur de la vidéo "ne peut pas être Mohamed Merah", affirme une source policière. La chaîne Al Jazeera a reçu par la poste, à son bureau parisien, un colis contenant une clé USB et une lettre, que la police a entre les mains depuis lundi 26 mars. Sur la clé USB est enregistré "un montage vidéo des images des différentes tueries, avec de la musique et des versets du Coran", a déclaré une source policière à l'AFP.

Le colis porte un cachet daté du mercredi 21 mars et provient du centre de tri de Castelnau-d'Estrétefonds (Haute-Garonne), selon Europe1. Il s'agit d'une plateforme de courrier géante, qui gère six départements et des millions d'envois par jour.

Les expertises sont en cours pour identifier l'expéditeur. Il pourrait s'agir d'Abdelkader Merah, ou d'une tierce personne.

• Pas de diffusion de la vidéo des tueries

Al Jazeera a décidé de ne pas diffuser les images tournées par Mohamed Merah lors de ses tueries. La chaîne l'a annoncé sur son compte Twitter mardi 27 mars avant de le confirmer par communiqué. Un temps évoquée, cette possibilité avait provoqué une levée de boucliers en France. Les proches de victimes du "tueur au scooter" avaient appelé les médias à ne pas diffuser le montage vidéo. Tout comme Nicolas Sarkozy, le président de la République.

Antoine Basbous, politologue spécialiste du monde arabe et du terrorisme islamiste, interrogé par FTVI, avait ainsi estimé que la chaîne n'avait aucun intérêt à diffuser cette vidéo : "Ses responsables seront attentifs à ne pas provoquer un choc dans un pays où ils ont investi de grands moyens financiers."