Municipales : opposé au vote des étrangers, le FN soutient pourtant 80 candidats européens

Malgré les déclarations de la direction du FN contre le vote des étrangers, le Rassemblement Bleu Marine s'appuie sur des candidats non français aux municipales.

La présidente du FN Marine Le Pen, le 16 mars 2014, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
La présidente du FN Marine Le Pen, le 16 mars 2014, à Marseille (Bouches-du-Rhône). (CITIZENSIDE / JEAN FRANÇOIS GIL / AFP)

Au moins 80 étrangers communautaires, dont deux Roumains et une Bulgare, figurent sur les listes Rassemblement Bleu Marine, soutenues par le Front national, aux élections municipales. "A partir du moment où la loi est là, il n'y a pas de raison de ne pas permettre à un certain nombre de personnes d'en profiter. Je connais moi-même un Belge qui est sur les listes du Front", a déclaré la présidente du FN, Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse à Saint-Gilles (Gard). "Je pense que cette possibilité sera supprimée à partir du moment où l'UE n'existera plus."

La composition de ces listes est surprenante pour un parti qui s'est toujours opposé au vote des étrangers, y compris des ressortissants de pays européens. Le 19 septembre 2012 dans une tribune sur le site Newsring.fr, le vice-président du FN, Florian Philippot, estimait que "nationalité et citoyenneté doivent être en toutes circonstances associées" : "La première brèche à ce principe, celle du Traité de Maastricht accordant un droit de vote aux élections municipales et européennes aux ressortissants communautaires, n'est pas acceptable."

De son côté, Marine Le Pen se disait, le 8 décembre 2011 lors d'un discours, "résolument contre le droit de vote aux étrangers" : "Seuls les Français doivent pouvoir voter et choisir leurs représentants en France."

Certains ont de bonnes chances d'être élus

L'AFP, qui a procédé à ce décompte, n'a pu prendre en considération 29 des 101 départements français, les listes publiées par leurs préfectures ne renseignant pas la nationalité des candidats. Voici les candidatures les plus marquantes :

• En Ile-de-France, les listes soutenues par le FN comptent une vingtaine de citoyens portugais, dont quatre à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), et trois à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) et Morangis (Essonne).

• A Paris, les listes menées par le trésorier national du Front national, Wallerand de Saint-Just, incluent trois citoyennes espagnoles dans les 12e, 15e et 18e arrondissements.

• Les listes Sainte-Marie Bleu Marine (Pyrénées-Orientales) et Rassemblement pour Corbas (Rhône) comptent chacune un candidat roumain. Une Bulgare figure sur la liste Bleu Marine de Villeurbanne (Rhône).

• A Perpignan, une Belge et une Portugaise sont sur la liste de Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen.

• Dans plusieurs listes FN, des candidats européens sont placés assez haut pour envisager un mandat de conseiller municipal. C'est le cas à Evreux (Eure), Vendres (Hérault) et Saint-Maximin (Var), où des Belges sont en deuxième ou troisième position. A la présidentielle de 2012, Marine Le Pen avait obtenu 16,6% des voix à Evreux, et 28% à Vendres et Saint-Maximin.