Européennes : le PS propose à un socialiste belge d'être sa tête de liste

"Paul Magnette est aujourd'hui l'une des figures européennes qui peut incarner cette Europe qui ne se plie pas aux dogmes libéraux", estiment les socialistes français.

Le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette, lors d\'un meeting du Parti socialiste européen, le 4 mars 2018.
Le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette, lors d'un meeting du Parti socialiste européen, le 4 mars 2018. (NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / AFP)

Une des figures du PS belge, l'ancien ministre-président de la Wallonie Paul Magnette, a été sollicitée par les socialistes français pour être leur tête de liste aux élections européennes de mai prochain, "une hypothèse" à ce stade selon le siège parisien du PS.

L'intéressé a confirmé mercredi dans la presse belge une information révélée mardi par le quotidien français Le Figaro. "Oui j'ai bien reçu une proposition du PS français avec un certain étonnement, je l'avoue, car ils me proposent la première place sur leur liste européenne, pas moins", a déclaré Paul Magnette au quotidien belge Le Soir.

Un vaste "mercato" piloté par le Parti socialiste européen

Paul Magnette, universitaire de 47 ans, qui fut à la tête du gouvernement de la région wallonne de 2014 à 2017, représente pour beaucoup d'observateurs en Belgique l'avenir du PS francophone belge, dont l'actuel numéro un, l'ex-Premier ministre Elio Di Rupo, 67 ans, est en fin de carrière politique.

Bourgmestre (maire) de Charleroi, grande cité wallonne ravagée par la désindustrialisation, il s'est fait connaître en 2016 en s'opposant vigoureusement au traité de libre-échange entre l'UE et le Canada, le Ceta, menaçant un temps son adoption par la Belgique.

Son arrivée comme tête de liste du PS en France se ferait dans le cadre d'un vaste "mercato" piloté par le Parti socialiste européen, expliquait mardi Le Figaro. D'autres franchissements de frontière au sein de l'UE seraient envisagés pour d'autres leaders sociaux-démocrates en vue, à l'occasion du scrutin européen de fin mai 2019.

"Je veux être candidat là où c'est le plus utile"

Interrogée par l'AFP, la direction du PS français a présenté ce scénario d'un leadership belge en France comme "une hypothèse" parmi d'autres. "A la mi-juillet nous avons envisagé cette hypothèse avec Paul Magnette. Sans conclusion à ce stade. Paul est engagé dans une autre bataille électorale pour demeurer maire de sa ville de Charleroi", ont écrit dans un communiqué trois responsables du PS.

Aux yeux de ces dirigeants, dont le parti est sorti laminé des rendez-vous électoraux de 2017 en France, "Paul Magnette est aujourd'hui l'une des figures européennes qui peut incarner cette Europe qui ne se plie pas aux dogmes libéraux". "Plus que jamais la campagne doit être européenne, pas seulement l'addition de campagnes nationales", font-ils aussi valoir.

De son côté, Paul Magnette a assuré qu'il allait réfléchir à la proposition. Confirmant qu'il va d'abord se "concentrer à 100% sur les élections communales", prévues le 14 octobre en Belgique, il ajoute : "Je veux être candidat là où c'est le plus utile".