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Départementales : cinq graphes qui prouvent que la gauche a du souci à se faire

Les élections départementales des 22 et 29 mars s'annoncent déjà comme une déroute pour la gauche.

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France Télévisions
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Un homme en train de voter en 2014 à Saint-Cloud.  (FRED DUFOUR / AFP)

Le PS a beau retourner le problème dans tous les sens, les élections départementales de 22 et 29 mars s'annoncent comme une déroute pour la gauche. Et ce avant même le début officiel de la campagne. A la tête de 61 conseils départementaux sur 101, la gauche pourrait en perdre une vingtaine, voire plus, sans en gagner un seul.

Voici cinq graphes qui montrent pourquoi la gauche semble battue d'avance.

Des sondages en berne

Les enquêtes d'opinion se suivent et se ressemblent. Bien que les sondages ne prennent pas en compte les particularités locales liées à cette élection, ils fournissent un état des lieux de l'opinion. Et elle n'est guère favorable au Parti socialiste : celui-ci se retrouve 10 à 14 points derrière le Front national en termes d'intentions de vote.

Le Front national présent presque partout

Pour la première fois, le FN présentera des candidats dans presque tous les cantons. Il sera représenté dans 1 909 cantons sur 2 054. Lors de la précédente élection, en 2011, le parti de Marine Le Pen n'avait présenté que 1 441 candidats pour un nombre de cantons renouvelables comparable. Le FN est même le parti qui présente le plus de candidats sous sa propre bannière, sans l'appui d'alliés ou de candidats "divers".

Ainsi, fort de ses bons sondages, le FN se donne les moyens de qualifier un grand nombre de ses candidats pour le second tour. C'est naturellement le Parti socialiste, pressenti pour arriver le plus souvent en troisième position, qui risque d'en faire les frais.

Une faible mobilisation qui nuit à la gauche

Pour se qualifier pour le second tour, il faut arriver parmi les deux candidats ayant réuni le plus de voix au premier tour. Les autres candidats peuvent également se qualifier en réunissant sur leur nom les voix de 12,5% des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cela provoque alors une triangulaire ou une quadrangulaire.

Mais lors de ces élections départementales, ce cas de figure devrait être rare, car l'abstention s'annonce particulièrement forte. Plus cette dernière est élevée, plus la barre des 12,5% des inscrits est difficile à atteindre, et moins le candidat arrivé troisième a des chances se maintenir. Par exemple, si l'abstention est de 50%, un candidat arrivé troisième devra réunir 25% des suffrages exprimés pour passer la barre de 12,5% des inscrits, comme le montre l'infographie ci-dessous.

L'Ifop a établi un indice de participation de 43% en moyenne (soit 57% d'abstention). Dans de telles conditions, un candidat arrivé troisième doit réunir 29% des suffrages exprimés pour se qualifier, un niveau très difficile à atteindre. Dans bien des cas, ce sera le candidat PS qui en fera les frais.

La gauche éclatée

Alors que la droite se présente de façon plus ou moins unie, notamment grâce à des accords entre l'UMP et l'UDI, la gauche aborde ces élections en ordre dispersé. Le Front de gauche et EELV ont décidé de présenter des candidats autonomes dans un grand nombre de cantons.

Dans 1 388 cantons (soit 68%), la droite sera unie derrière un seul candidat. Concernant la gauche, ce chiffre n'est que de 433 (soit 21%). Cela signifie que dans 4 cantons sur 5, au moins deux candidats de gauche se feront concurrence, hypothéquant un peu plus encore les chances de qualification.

Plus d'une vingtaine de départements pourraient basculer

En se penchant sur la situation département par département, il ressort que la gauche pourrait perdre au moins une vingtaine de départements. Des fiefs socialistes, comme le Pas-de-Calais ou le Tarn, sont menacés. Les deux derniers bastions communistes, le Val-de-Marne et l'Allier, pourraient être ravis par la droite. Le FN, quant à lui, aura ses chances dans quatre départements, même si le mode de scrutin ne lui est a priori pas favorable.

 (ILAN CARO / FRANCETV INFO)

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