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Anciens prêtres ou religieux, ils réclament à l'Eglise une retraite "digne de ce nom"

L'Association pour une Retraite Convenable, fondée par d'anciens membres de l'Eglise catholique, dénoncent des pensions plafonnées à 383 euros mensuels pour certains.

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France Télévisions
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L'Association pour une Retraite Convenable (APRC), fondée par d'anciens prêtres et religieux, dénonce des retraites plafonées à 383 euros mensuels pour certains de ceux qui ont quitté l'Eglise catholique. (PASCAL DELOCHE / GODONG / PHOTONONSTOP / AFP)

Après avoir quitté leur ministère, ils ont le sentiment de payer leur "désertion". Réunis à La Rochelle (Charente-Maritime), d'anciens prêtres, religieux et religieuses réclament à l'Eglise catholique une retraite "digne de ce nom", dénonçant des pensions parmi "les plus faibles de France".

L'Association pour une Retraite Convenable (APRC), fondée en 1978 à l'initiative d'ex-prêtres et religieux, les "partis", demande à être traitée sur un pied d'égalité avec les "restés". Selon l'APRC, les retraites plafonnent à 383 euros pour les religieux qui ont servi avant 1979, mais sans les compléments ou avantages en nature offerts aux "restés", soit une différence "du simple au double, ou au triple". Après 1979, les droits des ex-religieux ont progressivement été alignés sur ceux des autres assurés sociaux payés au SMIC.

"Sans mon épouse, je ne m'en sortirais pas"

Depuis neuf ans, l'APRC a adopté une stratégie judiciaire pour ses membres, avec plus de 120 procédures en cours. Elle affirme avoir gagné dans une trentaine de cas, mais le temps presse pour 600 des 800 membres qui ont plus de 70 ans. Selon l'association, seuls s'en sortent les couples, ou ceux qui ont quitté l'église tôt, ont pu reprendre un métier, et en touchent une retraite.

"Prêtre au Mans de 1962 à 1998, soit 35 ans, j'ai quitté la prêtrise parce que je ne supportais pas la hiérarchie, et je perçois 383 euros mensuels, explique Hubert Panneau, 79 ans. Heureusement, mon épouse, qui était assistante sociale, touche une retraite de 1 500 euros mensuels, sinon je ne m'en sortirais pas."

L'Eglise catholique s'est défendue à plusieurs reprises de ce qu'elle a qualifié d'"accusations profondément injustes" au sujet de la situation des ex-religieux, rappelant dans une note de 2010 sur les retraites que "faire croire que l'Eglise décide des dispositifs de retraite est une contre-vérité". Même si elle reconnaît que les pensions portant sur l'avant-1979 sont "trop faibles", elle rappelle aussi qu'elle a mis en place des mécanismes de solidarité pour les ex-religieux en difficulté. Ce à quoi l'APRC répond qu'elle veut "l'équité, pas la charité".

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