Radio France renonce à son plan de départs volontaires

Le plan de départ volontaires avait déclenché une grève historique au printemps. La direction a finalement opté pour un dispositif de non-remplacements des départs, comme le réclamaient les syndicats.

Le siège de Radio France, à Paris, en avril 2015.
Le siège de Radio France, à Paris, en avril 2015. (THOMAS SAMSON / AFP)
avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Les grévistes du printemps ont partiellement obtenu gain de cause. La direction de Radio France a proposé, mercredi 9 septembre en Comité central d'entreprise, la suppression de 270 postes en CDI et CDD d'ici à 2018. Mais ces suppressions seront assurées par le non-remplacement de départs "naturels" (retraites, démissions...), indiquent les syndicats. La direction renonce ainsi à son plan de 350 départs volontaires.

Alors que le plan de départs volontaires avait déclenché une grève historique au printemps, la direction a opté pour un dispositif de non-remplacements des départs, comme le réclamaient les syndicats. Interrogée, la direction ne s'est pas exprimée, le CCE n'étant pas terminé.

Seulement un départ sur trois remplacé

Les suppressions de postes toucheraient 230 CDI et 40 CDD équivalent-temps plein d'ici à 2018, sur un effectif d'environ 4 400 actuellement, avec un étalement sur trois ans. Cela aboutirait au remplacement de seulement un départ sur trois pendant cette période, selon le SNJ.

"De 350 à 270 suppressions de postes : la différence tient notamment à un retour à l'équilibre en 2018 au lieu de 2017", a commenté le SNJ. "Comment continuer à faire de la radio de qualité avec 270 postes en moins ?" s'est interrogé le syndicat sur Twitter.

Les syndicats entendus, mais déçus

"Même si nous sommes satisfaits d'échapper au plan de départs volontaires, qui était beaucoup trop brutal et coûtait cher, nous ne sommes pas satisfaits de l'alternative posée sur la table", a renchéri Philippe Ballet (Unsa). "270, c'est vraiment beaucoup, c'est un nouvel effort demandé aux salariés, qui peut provoquer des tensions supplémentaires dans les charges de travail, et qui sera difficilement tenable socialement parlant", a-t-il jugé.

En réponse au plan de départs volontaires du président de Radio France, Mathieu Gallet, destiné à redresser les comptes du groupe, en déficit de 21 millions d'euros cette année, les salariés avaient mené une grève historique d'un mois en mars-avril. Dénonçant l'ampleur et le coût d'un tel plan – 28 millions environ –, les syndicats avaient fait plancher un cabinet d'experts sur un scénario alternatif prévoyant uniquement le non-remplacement de départs naturels. Une option que la direction avait accepté d'étudier.

Ce plan alternatif prévoyait cependant moins de postes supprimés que le nouveau plan de la direction (environ 60 par an sur trois ans). Par ailleurs, a indiqué le SNJ, la direction a proposé de créer 48 postes pour des emplois nouveaux, étalés sur quatre ans jusqu'en 2019