La réforme de la distribution de la presse adoptée par l'Assemblée en première lecture

Le texte entend relancer une filière secouée par les évolutions numériques, une chute de nombre de points de vente et la quasi-faillite de son leader Presstalis en 2018.

Les députés dans l\'hémicycle de l\'Assemblée nationale, le 23 juillet 2019.
Les députés dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 23 juillet 2019. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le texte est défendu comme "équilibré" et "protecteur" par le ministre de la Culture Franck Riester, mais combattu par la CGT du Livre. L'Assemblée nationale a adopté, dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juillet, en première lecture, le projet de loi sur la modernisation de la distribution de la presse. Déjà voté par le Sénat le 22 mai, ce texte largement adopté par 47 voix contre 2 et 2 abstentions doit maintenant être examiné par des députés et sénateurs en commission mixte paritaire pour tenter de parvenir à une version commune.

Cette réforme entend relancer une filière secouée par les évolutions numériques, une chute de nombre de points de vente et la quasi-faillite de son leader Presstalis l'an passé. Opposée à cette réforme, la CGT du Livre a organisé des grèves dénonçant le "retour de monopoles, cette fois privés" dans lesquels "les puissances de l'argent" contrôleront la distribution en plus de titres et de médias. Le gouvernement affirme vouloir conserver les grands principes de la loi Bichet de 1947, parmi lesquels la liberté de diffusion et le principe coopératif obligatoire.

Limiter l'influence d'actionnaires étrangers

L'adaptation de cette loi est devenue "indispensable" en raison des difficultés traversées par le secteur, a expliqué Franck Riester, en faisant référence au sauvetage en mars 2018 de Presstalis, aidé à hauteur de 90 millions d'euros par l'Etat. Le projet de loi prévoit pour cela d'ouvrir le marché à la concurrence au plus tard le 1er janvier 2023. Presstalis se partage aujourd'hui le secteur avec les Messageries lyonnaises de presse.

Un amendement a limité à 20% le nombre de parts pouvant être détenues par un actionnaire extra-communautaire, de type Amazon, dans une société de distribution de presse, pour se garantir contre une influence étrangère trop importante. Afin de limiter les invendus, le texte prévoit aussi de donner aux marchands de journaux une marge de manœuvre, négociée avec la filière, pour la vente des titres hors ceux de la presse d'information politique et générale (IGP).