Lyon : la pub sur les trottoirs, expérimentée depuis décembre, est suspendue

La métropole de Lyon reproche à l'entreprise de n'avoir respecté aucune de ses obligations.

Une publicité sur un trottoir, le 21 avril 2017 à Paris.
Une publicité sur un trottoir, le 21 avril 2017 à Paris. (MAXPPP)

L'expérimentation controversée de la publicité sur les trottoirs à Lyon, dernière ville à tester ce procédé, a été suspendue, vendredi 26 octobre, par un arrêté publié au Journal officiel. "Il s'agit d'une décision de bon sens, positive pour tous les habitants de la Métropole de Lyon", se félicite dans un communiqué le collectif Plein la vue, qui estime que la publicité pousse à la "surconsommation" et à la "surexploitation des ressources planétaires".

L'expérimentation, prévue initialement pour 18 mois par le gouvernement, avait été lancée en décembre 2017 à Lyon, Bordeaux et Nantes afin de tester les publicités éphémères sur les trottoirs, jusque-là interdites par les Codes de la route et de l'environnement. Les municipalités de Bordeaux et Nantes s'y étaient opposées, tandis que Lyon, qui avait par le passé déjà commandé des marquages éphémères pour des événements, avait lancé une concertation impliquant "l'ensemble des communes de l'agglomération".

L'entreprise assure avoir respecté ses obligations

Un décret gouvernemental avait suspendu dès janvier l'expérimentation à Bordeaux et Nantes, Matignon concédant que la concertation n'avait pas été "suffisante avec les agglomérations concernées". Selon la métropole de Lyon, "l'entreprise qui propose ces publicités n'a respecté aucune des conditions, notamment en termes de demande d'autorisation à la ville ou d'emplacement, précisées dans le décret". Après un premier courrier d'alerte en mars au ministère de l'Economie, la ville de Lyon et la métropole ont adressé une deuxième lettre en juillet "pour demander l'arrêt de l'expérimentation".

Jointe par l'AFP, la start-up lyonnaise Biodegr'AD, spécialisée dans ces marquages à la craie biodégradable qui s'estompent en quinze jours, a assuré que les opérations menées pour ses clients avaient répondu "au strict respect" des "obligations liées au décret et à l'expérimentation". Parmi ces clients figurent notamment des collectivités et des bailleurs de l'agglomération lyonnaise. 

En janvier, peu avant la fin de l'expérimentation à Bordeaux et Nantes, l'entreprise s'était dite navrée "de voir l'expérimentation d'un support doux, subtil, monochrome, écologique, biodégradable, de proximité et à faible coût environnemental déchaîner les passions tandis que perdure l'utilisation massive de flyers, affiches et autres médias tous plus énergivores les uns que les autres".