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Quels ont été les eldorados des investisseurs en 2013 ?

Selon un rapport de l'ONU, les investissements vers l'Hexagone ont dégringolé, alors que les flux dirigés vers l'Allemagne, le Luxembourg ou les paradis fiscaux des Caraïbes ont explosé.

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France Télévisions
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Si les investissements étrangers en France se sont effondrés en 2013, ils ont au contraire bondi de 392% vers l'Allemagne. (MAXPPP)

Les investissements directs étrangers (IDE) vers la France se sont effondrés en 2013. Selon un rapport des Nations unies, ils ont chuté de 77% par rapport à 2012, à 5,7 milliards de dollars (environ 4,1 milliards d'euros). Francetv info vous résume ce qu'il faut retenir de l'enquête de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) (PDF en anglais).

Premier enseignement de cette étude, les IDE sont en hausse de 11% en 2013 et atteignent 1 460 milliards de dollars (1 069 milliards d'euros). Ils retrouvent ainsi le niveau des années 2005-2007, avant la crise.

Qui perd

Les pays développés, en général. Les pays développés n'ont reçu que 39% des IDE en 2013, un taux "historiquement bas pour la seconde année consécutive". Les investissements ont certes augmenté l'an passé de 12%, mais ils ne sont qu'à 44% de leur sommet, en 2007.

Les Etats-Unis en particulier. Les investissements vers les Etats-Unis ont "continué à décliner". L'économie américaine reste toutefois la première destination des IDE (à 116,39 milliards d'euros).

Qui gagne

Une partie du Vieux Continent. Si les investissements étrangers en France se sont effondrés, ils ont au contraire bondi de 392% en Allemagne (à 23,65 milliards d'euros) et de 37% vers l'Espagne (à 27,16 milliards d'euros). A l'échelle régionale, les investissements ont augmenté de 11,6% en Europe et 25,6% dans l'Union européenne.

Mais ce sont aussi les stratégies fiscales qui amènent les investisseurs en Europe, remarque le rapport : ainsi les investissements cumulés vers quatre pays à "la fiscalité accueillante" (Belgique, Irlande, Pays-Bas et Luxembourg) ont augmenté l'an dernier de plus de 100 milliards de dollars (73 milliards d'euros), un chiffre important à mettre en regard de la petite taille de ces économies.

"Ces pays accueillent les fonctions financières et comptables d'un grand nombre de multinationales", souligne le rapport. Le Luxembourg se retrouve ainsi en 2013 à la 15e place du classement des destinations préférées des investissements étrangers, avec 31 milliards de dollars, à peine un milliard de moins que l'Allemagne.

Les économies en développement. Elles représentent 52% des investissements directs. A l'échelle régionale, l'Amérique latine et les Caraïbes, ainsi que l'Afrique sont en hausse.

Comme dans certains pays d'Europe, des stratégies fiscales expliquent le bond de 37,8% l'an dernier des investissements vers les Caraïbes, "imputable principalement aux îles Vierges britanniques". Les îles Vierges, paradis fiscal réputé, sont la quatrième destination mondiale d'investissements directs en 2013, derrière les Etats-Unis, la Chine et la Russie. L'Amérique latine et les Caraïbes attirent autant d'investissements que l'Europe en valeur.

L'Asie reste la région la plus attractive du monde. Dans cette région, seule la partie occidentale (Arabie saoudite et Turquie, notamment) recule, pour la cinquième année consécutive.

Les économies de transition. Ces pays qui passent d'une économie planifiée à une économie de marché ont le vent en poupe. Ils comptent pour 9% des investissements directs et ceux-ci ont augmenté de 45% en un an. Parmi ces économies, la Russie a particulièrement tiré son épingle du jeu par rapport à l'an dernier, avec une hausse de 83%, pour environ 69 milliards d'euros. Ces investissements sont notamment dus à l'acquisition par le britannique BP de 18,5% de la société d'Etat pétrolière Rosneft. 

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