Le pistolet avec lequel Verlaine a tiré sur Rimbaud est mis aux enchères à Paris

Mercredi, la maison Christie's met en vente aux enchères l'un des protagonistes de l'une des disputes les plus célèbres de l'histoire de la littérature : le pistolet dont s'est servi Verlaine pour tirer sur Rimbaud.

C\'est avec ce revolver de calibre 7mm que Verlaine a failli tuer Rimbaud
C'est avec ce revolver de calibre 7mm que Verlaine a failli tuer Rimbaud (Christie’s Images Ltd. 2016)

Il est le dernier témoin de l'une des disputes les plus célèbres de la littérature française... et il est mis en vente aux enchères mercredi 30 novembre chez Christie's à Paris. C'est avec ce petit revolver d'à peine 20 centimètres, calibre 7 millimètres, acheté chez un armurier bruxellois par un Paul Verlaine quasi-suicidaire, que le poète manqua de tuer Arthur Rimbaud, un jour de 1873. La valeur de l'objet est estimée à 50 000 euros

Au moment des faits, Paul Verlaine vit depuis deux ans une relation passionnée, parfois violente, avec le jeune Rimbaud, son "amant", son "époux infernal", qui pourrait le quitter. "De désespoir, pour l'empêcher de partir, il lui tire dessus, raconte Isabelle de Conihou, qui dirige les livres et manuscrits chez Christie's. Deux coups de pistolet partent. L'un blesse Rimbaud. Et la deuxième balle se perd dans le sol."

Aucun doute sur son authenticité

Légèrement blessé par le tir, Arthur Rimbaud ne fera qu'un court séjour à l'hôpital. Mais il finira par appeler au secours quand Verlaine reviendra à la charge. C'est en tout cas ce que relate la déposition à la police, selon Isabelle de Conihou : "Se voyant poursuivi par Verlaine, qui était toujours porteur de son revolver, et craignant d'être tué par lui, Rimbaud avait reclamé le secours d'un agent de police."

L'auteur des Poèmes Saturniens passera un peu moins de deux ans en prison. Les deux hommes ne se reverront qu'une seule fois. Quant au revolver, confisqué, il est alors rendu à l'armurerie, ce qui élimine les doutes sur son authenticité, selon la maison Christie's. "L'actuel propriétaire du pistolet, ainsi que la famille de l'armurier qui lui en a fait don, sont tout à fait formels", conclut Isabelle de Conihou.