"On est un petit peu estomaqué" : l'association Droit au logement trouve "scandaleux" le rapport de la Cour des comptes sur les APL

"La Cour des comptes est la Cour des comptes de l'État libéral, de l'État des riches", a estimé Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole de l'association Droit au logement.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l'association droit au logement, à Paris, en avril 2015. (BERTRAND GUAY / AFP)

"On est un petit peu estomaqué par les conclusions de la Cour des comptes", déclare sur franceinfo mardi 25 février Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole de l'association Droit au logement (DAL). La Cour a publié son rapport 2020 mardi et parmi les multiples sujets évoqués, il est notamment question des aides personnalisées au logement (APL). Pour l'institution, les réformes engagées depuis 2015 ont permis de stabiliser les dépenses d'aides au logement, qui ne cessaient d'augmenter. Selon les magistrats, "la situation sociale et financière des bénéficiaires, y compris des ménages les plus modestes", n'a pas été prise en compte, ce qui pose un problème d'équité.

Mais pour Jean-Baptiste Eyraud, l'État a déjà fait trop d'économie sur les APL. "Les locataires aujourd'hui font des sacrifices sur des dépenses qui sont pourtant fondamentales pour pouvoir se maintenir dans leurs logements", assure-t-il.

Les profits tirés du logement n'ont jamais été aussi élevés. Et pendant ce temps-là, la Cour des comptes demande la baisse des APL. Pour nous, c'est scandaleux.

Jean-Baptiste Eyraud

à franceinfo

"Les positionnements de la Cour des comptes ne sont pas nouveaux. Depuis des années déjà, ils disent 'les APL sont trop élevés'. Mais est-ce que la Cour des comptes demande au gouvernement de baisser les loyers ? Est-ce que la Cour des comptes demande au gouvernement de taxer les plus-values immobilières, les plus-values foncières alors qu'on est dans un climat spéculatif comme on n'a jamais connu en France ? La Cour des comptes est la Cour des comptes de l'État libéral, de l'État des riches", tance Jean-Baptiste Eyraud.

En revanche, Jean-Baptiste Eyraud est d'accord avec la Cour des comptes quand elle mentionne des réformes des APL faites trop rapidement. "Toutes les réformes qui ont été menées, et qui sont encore menées sur les APL, sont décidées de manière unilatérale sans tenir compte de l'avis des associations et des défenseurs des locataires", regrette-t-il. Le DAL va se mobiliser le 28 mars, à la veille de la fin de la trêve hivernale, pour demander la hausse des APL et la baisse des loyers.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.