Le transporteur Mory Ducros dépose le bilan, Ayrault affiche son soutien

L'entreprise est spécialisée dans le transport de messagerie (colis, documents). Elle emploie 5 000 salariés en France, et demande son placement en redressement judiciaire.

Un camion Mory Ducros sur le site de Gonesse (Val d\'Oise), le 22 novembre 2013.
Un camion Mory Ducros sur le site de Gonesse (Val d'Oise), le 22 novembre 2013. (THOMAS SAMSON / AFP)

Cinq mille salariés potentiellement menacés. Le transporteur de messagerie Mory Ducros a officiellement annoncé être en cessation de paiements, vendredi 22 novembre, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire. L'entreprise a, dans la foulée, demandé au tribunal de commerce de Pontoise (Val-d'Oise) son placement en redressement judiciaire. Il s'agit, selon Le Monde, de la plus grosse faillite d'entreprise depuis le début du quinquennat de François Hollande.

La direction a tenté de répondre aux inquiétudes des salariés, en misant sur un repreneur. "Des partenaires industriels et financiers ont déjà manifesté leur intérêt pour le projet, assure-t-elle dans un communiqué. Grâce à cette procédure, la réorganisation de l'entreprise, annoncée depuis plusieurs mois, pourra être conduite dans des conditions économiquement viables." "Il est vraiment prématuré d'évoquer un nombre de suppression d'emplois (...). On est vraiment sur une reprise, sur une solution de relance de l'activité", a de son côté temporisé une source proche du dossier.

Une entreprise qui "s'éloigne de la voie du redressement"

Pour la CFDT-Transports, cette information déclenche néanmoins "une nouvelle lutte pour l'emploi et une véritable course contre la montre devant le tribunal". Mercredi, la CFDT, premier syndicat dans l'entreprise, avait sonné l'alarme : "On s'attend à ce que la direction (…) annonce lors de ce comité d'entreprise un plan de restructuration considérable", de l'ordre de "2 000 à 3 000 suppressions d'emplois".

Interrogée par l'AFP, la direction n'a pas confirmé l'annonce d'un tel plan, mais a indiqué que "Mory Ducros rencontre des difficultés qui l'éloignent de la voie du redressement". Le transporteur, né de la fusion l'an dernier de Mory et de Ducros, se présente sur son site internet comme "la première entreprise de messagerie" en France. Il fait partie des entreprises éligibles aux prêts d'urgence du "plan de résistance" économique annoncé par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, il y a une semaine.

"Nous recherchons toutes les solutions", assure Ayrault

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a assuré que le gouvernement était "très attentif". "Nous recherchons toutes les solutions, site par site, avec les partenaires sociaux bien évidemment", a assuré à la presse le Premier ministre sur le site de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) où il venait d'inaugurer une unité de traitement de gaz.

"Là où nous pourrons trouver les repreneurs, tout sera fait pour sauver le maximum d'emplois, a-t-il ajouté. C'est un travail très difficile." Le chef de gouvernement a indiqué avoir demandé à ses ministres Arnaud Montebourg, Frédéric Cuvillier (Transports) et Michel Sapin (Travail), en liaison avec les préfets de chaque département, d'"être totalement mobilisés pour faire le maximum". Ces derniers ont annoncé dans la foulée vouloir "rencontrer au plus vite" les partenaires sociaux du groupe afin "d'étudier avec eux l'ensemble des hypothèses en présence".