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Le groupe Doux, leader de la volaille, au bord du dépôt de bilan

En graves difficultés financières, Doux pourrait annoncer un redressement judiciaire si aucun compromis n'est trouvé avec ses créanciers.

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L'usine du volailler Doux de à Châteaulin (Finistère). (MAISONNEUVE / SIPA)

Le groupe Doux, leader européen de la volaille en graves difficultés financières, n'exclut pas d'annoncer vendredi un redressement judiciaire si aucun compromis n'est trouvé avec ses créanciers, a indiqué jeudi 31 mai un porte-parole à l'Agence France Presse. "Deux solutions se présentent à nous : un accord avec nos partenaires ou l'annonce d'un redressement judiciaire", qui l'un comme l'autre pourraient être annoncés vendredi.

Des discussions ont été engagées jeudi au ministère du Redressement productif entre le leader volailler européen et ses créanciers, et la direction du groupe familial devait se réunir d'ici vendredi matin pour arrêter sa décision, a précisé cette source. Un éventuel redressement judicaire serait demandé "le plus rapidement possible" et serait "bénéfique à deux titres : il apporterait une bouffée d'oxygène car la dette ne serait plus exigible, et il créerait un cordon sanitaire entre la France et le Brésil", pays siège d'une filiale très déficitaire, a détaillé le porte-parole. Dans cette hypothèse, "on est en train de travailler à une solution visant à protéger les fournisseurs stratégiques et les éleveurs dans le cadre d'une potentielle utilisation de cette procédure. C'est une priorité", a-t-il assuré. Les producteurs de volaille ont appelé jeudi à une "nouvelle discussion" avec Doux s'inquiétant notamment "du niveau des encours" supportés par les éleveurs.

Une dette globale estimée à plus de 400 millions d'euros, selon la CGT

Doux, qui emploie 3 400 salariés en France, a une dette globale de quelque 437 millions d'euros, selon la CGT, dont plus de 200 millions d'euros provenant de sa filiale brésilienne Frangosul. Le groupe a récemment cédé la gestion de cette filiale au géant brésilien de la viande JBS Friboi, tout en continuant à en assumer la dette.

Numéro cinq mondial à l'exportation, Doux devait voir son chiffre d'affaires stagner à 1,4 milliard d'euros en 2011, selon des prévisions datant du mois de novembre. En 2010, il s'était élevé à 1,406 milliard d'euros. Détenu à 80% par la famille Doux et à 20% par BNP Paribas, le groupe est le principal bénéficiaire français de la politique agricole commune (PAC), avec 59 millions d'euros d'aides versées lors du dernier exercice.

 

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