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Henri Proglio renonce à la présidence de Thales et dénonce une campagne contre lui

L'ancien PDG d'EDF se dit victime d'une campagne orchestrée par Bercy.

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France Télévisions
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Henri Proglio, alors PDG d'EDF, le 14 octobre 2014 au Bourget (Seine-Saint-Denis). (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

L'ancien patron d'EDF Henri Proglio annonce qu'il renonce à la présidence de Thales, dans une interview au Monde, mardi 12 mai. Il dénonce une campagne qui serait orchestrée contre lui par Bercy.

"Il faut arrêter de me prendre pour un guignol, un espion, un goinfre, un traître...", déclare-t-il, à la veille d'une assemblée générale du groupe d'électronique et de défense, dont l'Etat est l'un des principaux actionnaires. Interrogé à ce sujet, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a rejeté ces accusations, estimant que cette décision lui appartenait et que Bercy n'alimentait pas de campagne.

Bercy lui reproche des conflits d'intérêts

Henri Proglio, ancien PDG de Veolia et d'EDF, devait être nommé président non exécutif par cette AG. Mais Bercy juge que ses relations avec des acteurs russes de la filière nucléaire sont de nature à créer des conflits d'intérêts. Selon Le Monde, le ministère de l'Economie lui reproche de ne pas vouloir abandonner ses activités de conseil auprès de Rosatom, l'agence fédérale russe de l'énergie atomique. Henri Proglio est également membre du conseil d'administration d'Akkuyu Nuclear JSC et de Fennovoima Ltd, deux entreprises dont Rosatom est le principal actionnaire.

"Il était normal que nous demandions à Henri Proglio de choisir entre des fonctions éminentes de dirigeant même non exécutif à la tête de Thales et des engagements réels, rémunérés auprès de grands acteurs du secteur militaire et civil, en particulier nucléaire, russe. Cela ne nous paraissait pas compatible. C'est un problème d'éthique et de conflit d'intérêts", a affirmé Emmanuel Macron.

L'actuel PDG de Thales, Patrice Caine, qui devait céder son poste de président du groupe à Henri Proglio et demeurer directeur général exécutif, conservera donc ses fonctions actuelles à la tête du groupe d'électronique de défense. Interrogé par l'AFP, Thales, groupe détenu à 26% par l'Etat français et à 25% par Dassault Aviation, s'est refusé à tout commentaire.

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