Simplification du DPE : "Un formidable recul pour lutter contre le changement climatique" et un "cadeau aux propriétaires", pointe la Confédération nationale du logement

Alors que le ministre de la Transition écologique a annoncé ce dimanche des "simplifications" du diagnostic de performance énergétique, c'est une très mauvaise chose pour le président de la Confédération nationale du logement.
Article rédigé par France Info
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Un expert certifié réalise un Diagnostic de performance énergétique dans un logement. (DAVID ADEMAS / MAXPPP)

"Un formidable recul pour lutter contre le changement climatique", a pointé lundi 12 février sur franceinfo le président de la Confédération nationale du logement (CNL) Eddie Jacquemart, alors que Christophe Béchu a annoncé dimanche des "simplifications" face aux "complexités" et "biais" du nouveau Diagnostic de performance énergétique (DPE) d'un logement. Cette correction devrait permettre à 140 000 logements de moins de 40m2 de sortir de la catégorie des passoires thermiques (étiquetés F ou G). 

Des logements qui vont rester de mauvaise qualité

Les logements classés G seront interdits à la location à partir du 1er janvier 2025. "On ne touche pas au calendrier et à l'ambition, mais on va clarifier certaines règles qui s'appliquent au 1er janvier prochain", a indiqué Cristophe Béchu. Pour le président de la CNL, ces "simplifications" sont un "formidable cadeau donné aux propriétaires", qui sont, selon lui, "très inquiets de ne plus pouvoir louer leurs épaves thermiques". "Je pense que c'est un tour de passe-passe que le ministre essaie de faire sous la pression des lobbies des propriétaires", enfonce-t-il. Selon lui, la révision du DPE "ne va pas solutionner les problématiques de la qualité des logements". "Je trouve ça complètement dramatique, illusoire et surtout contre-productif pour lutter contre le réchauffement climatique", a-t-il martelé. "On a un gouvernement qui détricote", a ajouté Eddie Jacquemart.

La CNL propose des "obligations de travaux immédiates pour les passoires thermiques". "Cela fait des années que les propriétaires encaissent des loyers et que les locataires jettent l'argent par la fenêtre avec le chauffage", a-t-il expliqué. Un premier amendement du gouvernement sera déposé au Sénat, précisant notamment que "la nécessité d'avoir fait des travaux pour relouer une passoire thermique classée G ne s'appliquera qu'au moment du renouvellement du bail, soit par renouvellement tacite, soit au changement de locataire". "Le locataire qui va rester dans le logement va devoir continuer à subir la mauvaise qualité du logement", a fustigé le président de la CNL.

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