Réforme de la fonction publique : le gouvernement souhaite "casser le statut général" de fonctionnaire, dénonce Force ouvrière

Christian Grolier, secrétaire général de FO fonctionnaires, a regretté, vendredi, sur franceinfo, d'apprendre "par surprise" l'annonce du gouvernement qui envisage un plan de départs volontaires dans la fonction publique.

Le syndicat FO craint que le gouvernement ne cherche à \"casser\" la fonction publique avec son annonce sur un plan de départs volontaires.
Le syndicat FO craint que le gouvernement ne cherche à "casser" la fonction publique avec son annonce sur un plan de départs volontaires. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le gouvernement envisage un plan inédit de départs volontaires dans la fonction publique. Il souhaite aussi étendre largement le recours aux contractuels et développer davantage la rémunération au mérite. Des annonces faites jeudi 1er février par le Premier ministre Edouard Philippe et Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics.

"Ce que souhaite le gouvernement, c'est casser le statut général", a réagi vendredi 2 février sur franceinfo Christian Grolier, secrétaire général de FO fonctionnaires. "Au prétexte soit disant de moderniser, si effectivement on prend plus de contractuels, on fait une rémunération au mérite et si on fait un plan de départs volontaires - ce que souhaite le gouvernement - c'est casser la statut général", a-t-il estimé.

Christian Grolier a dénoncé la méthode : "On apprend cela par surprise. Il n'y a aucun dialogue social comme d'habitude, malheureusement, avec ce nouveau gouvernement, regrette le syndicaliste. Et puis, c'est une question de fond : est-ce que les citoyens sont prêts à ce que l'on abandonne certaines missions de service public ?", s'est-il interrogé.

Le dispositif de 2008 "a eu très peu de succès"

Un plan de départs volontaires dans la fonction publique n'est pas, selon Christian Grolier, une nouveauté. "Cela veut tout dire et rien dire. Cela n'invente rien, insiste-t-il. Cela fait des années qu'il y a des dispositifs qui permettent à des fonctionnaires, soit de partir plus tôt à la retraite, soit à un moment donné de partir de façon volontaire de la fonction publique."

Le dispositif mis en place par Nicolas Sarkozy en 2008 "a eu très peu de succès", selon Christian Grolier. "C'est normal, quand vous êtes dans un pays où il y a un taux de chômage de 10%, vous pensez bien qu'il n'y a pas grand monde de motivé pour aller tenter sa chance dans le secteur privé", a-t-il expliqué.

FO participera à la concertation avec le gouvernement "au moins au départ", mais n'exclut pas une mobilisation dans la rue. "Ce n'est pas notre objectif de passer notre temps à nous mobiliser, on préférerait négocier et trouver un compromis, a-t-il affirmé. Si ce n'est pas le cas au regard des attaques annoncées hier, il y a de fortes chances qu'on se retrouve à nouveau à manifester et faire entendre raison à ce gouvernement."