Places en crèche supplémentaires, aides financières pour les parents… Elisabeth Borne présente son plan en faveur du service public de la petite enfance

Elisabeth Borne promet 200 000 nouvelles places en crèche d'ici 2030, malgré la pénurie de personnels dans ce secteur. D'autres mesures sont prévues.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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La crèche Max-Jacob, à Paris, le 18 avril 2023. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

"Notre système d'accueil du jeune enfant est à bout de souffle." En déplacement jeudi 1er juin à Angers (Maine-et-Loire) et Laval (Mayenne), Elisabeth Borne a effectué une série d'annonces afin de renforcer les solutions de garde de jeunes enfants. La cheffe du gouvernement a notamment promis la création de milliers de places en crèche supplémentaires, l'amélioration de la qualité d'accueil et un nouveau rôle pour les communes. Mais ces mesures laissent sceptiques les professionnels du secteur.

Objectif : 200 000 nouvelles places d'ici 2030

"Nous allons construire, enfin, un service public de la petite enfance, qui va permettre d'offrir à chaque enfant les mêmes chances", a souligné la Première ministre. On compte aujourd'hui 458 000 places de crèche, dont 60% sont publiques. Mais pour couvrir l'ensemble des besoins, 200 000 nouvelles places sont nécessaires. Si les capacités des établissements d'accueil de jeune public n'ont jamais dépassé la barre des 500 000 places, le gouvernement veut en créer 100 000 d'ici 2027, avec l'objectif d'aboutir à 200 000 supplémentaires pour les jeunes enfants d'ici 2030.

Ces nouvelles places bénéficieront d'un " apport financier supplémentaire" de 5,5 milliards d'euros cumulés sur 2023-2027, selon Matignon. Mais pour Cyrille Godfroid, secrétaire général du syndicat national des professionnels de la petite enfance interrogé par l'AFP, cet objectif est "totalement" irréalisable : " Comment créer des nouvelles places quand il manque déjà 10 000 professionnels pour assurer les places existantes ?", interroge-t-il.

Renforcer l'attractivité des métiers et améliorer la qualité de l'accueil

Sur ce point, le gouvernement a fait des propositions pour remédier au manque d'attractivité des métiers de la petite enfance, avec la création d'un observatoire des métiers du secteur et une campagne de valorisation. A l'heure actuelle, 49% des crèches manquent de professionnels. Et les tensions risquent de s'accentuer avec le départ à la retraite de 120 000 assistantes maternelles d'ici 2030. 

"Il n'y a pas de mesures concrètes pour remédier au manque de qualité de l'accueil des enfants et à la pénurie de professionnels", déplore toutefois Véronique Escames, membre du collectif "Pas de bébés à la consigne", qui appelle à manifester le 6 juin pour demander notamment des revalorisations salariales.

Afin d'améliorer la qualité de l'accueil, un renforcement de la formation des professionnels et des contrôles plus fréquents ont également été annoncés. Ces mesures font suite au rapport alarmant de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui appelait à de profondes réformes du secteur pour mieux prévenir les maltraitances.

Autre mesure présentée : les communes de plus de 3 500 habitants deviendront "autorités organisatrices" de l'accueil du jeune enfant, avec comme mission de recenser les besoins, informer les familles et construire l'offre. Cette disposition figurera dans le projet de loi sur l'emploi, attendu dans les prochaines semaines. 

Aides financières revues à la hausse et meilleur accompagnement pour les parents

Le gouvernement veut par ailleurs remédier aux "inégalités sociales par l'augmentation du soutien apporté aux familles". Le reste à charge des familles, selon qu'elles recourent à une assistante maternelle ou à une crèche, doit être harmonisé à partir de 2025. Et le plafond du crédit d'impôt pour frais de garde d'un enfant de moins de 6 ans sera porté à 3 500 euros, contre 2 300 euros aujourd'hui. 

Un accompagnement des parents en recherche d'un mode d'accueil est aussi prévu, avec la mise en place d'un Relais Petite Enfance dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants. Ce service devrait proposer une meilleure lisibilité des renseignements sur l'offre disponible près du domicile ainsi qu'une assistance dans les démarches administratives.

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