"La légion est la famille" : du général au simple légionnaire, tous les bérets verts passent Noël loin de leurs proches

Pour Noël, aucun des 9 000 soldats de la légion étrangère ne sera en famille, c'est la tradition. Quel que soit leur grade, tous, sans exception, passeront le réveillon ensemble. Parmi les festivités : un concours de crèche.

Article rédigé par
Franck Cognard - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Une patrouille de légionnaires à Marseille, en avril 2020. (GILLES BADER / MAXPPP)

Qu'il soit Chinois, Russe, Brésilien ou Népalais, qu'il soit musulman, catholique, orthodoxe ou athée, qu'il soit officier supérieur ou tout jeune engagé volontaire, qu'il soit marié, père de famille ou célibataire... Jamais le béret vert ne fête Noël en dehors de la légion étrangère."On ne peut pas laisser un légionnaire seul à Noël, non", insiste le lieutenant Vincent, d'origine ukrainienne et 20 ans de légion. "J'ai fêté 20 Noël à la légion étrangère et chaque fois comme légionnaire, comme caporal, sergent, puis jusqu'au grade d'officier, raconte le lieutenant. Pour moi, Noël, c'est naturel que je ne puisse pas le passer avec ma famille."

Pour nous, Noël, ce n'est pas un fait religieux, c'est vraiment une fête familiale.

Lieutenant Vincent

à franceinfo

"Comme le dit la devise Legio Patria Nostra. Patria au sens de la famille et non pas de la patrie puisqu'à l'époque latine, ça n'existait pas la patrie, complète le colonel Capdeville, le chef du 4e régiment étranger. La légion est la famille du légionnaire."

Un concours de crèche


Et quelle que soit la religion, quelle que soit l'origine, le légionnaire participe à la confection d'une crèche à Noël. Ici, au 4e régiment étranger, à Castelnaudary (Aude), chaque compagnie crée une crèche et en protège jalousement les secrets de fabrication. La règle : faire dans le spectaculaire - il y a un concours - et ne rien acheter de tout fait. "Le légionnaire, quelle que soit son origine, quelle que soit sa religion, tend vers un but commun : l'amour du travail bien fait, affirme le commandant Pavillard. "On ne va pas lui demander d'adhérer à la vision religieuse. On va lui dire de réaliser des décors parfaits, des personnages parfaits, de faire un montage vidéo parfait", poursuit-il.

"C'est l'amour du travail bien fait et c'est un travail entre camarades d'extraction très différente dans un but commun."

Commandant Pavillard

à franceinfo

À Noël, si vous mettez deux légionnaires ensemble, ils feront une crèche, dit le colonel Capdeville. Même en opération extérieure avec un bout de bois, des douilles de munitions, des bouchons de bouteilles... Il faut marquer le symbole, conclut le colonel. Cette année, les régiments de la légion étrangère n'ouvriront pas leurs portes, et leurs crèches au public en raison de l'épidémie de Covid-19.

Noël c'est uniquement entre légionnaires, nous explique Franck Cognard.
écouter

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.