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À Marseille, depuis 20 ans, l'école de la deuxième chance "remet dans le bain" des jeunes sans qualification

En 1998, la première école de la deuxième chance ouverte à Marseille prenait en charge de jeunes adultes, sans diplôme. Aujourd'hui, le taux de réussite dépasse les 61%. 

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Le réseau des écoles de la deuxième chance (E2C) compte 51 établissements, celle de Blois, ici en décembre 2014. (MAXPPP)

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé, jeudi 28 juin sur France Bleu Provence, la création progressive de neuf écoles de la deuxième chance (E2C) supplémentaires. Actuellement, 51 établissements accueillent des stagiaires de 18 à 25 ans, sans diplôme, ni qualification. La première école, ouverte à Marseille en avril 1998, a permis d'ouvrir la voie à une insertion professionnelle et sociale, centrée sur les jeunes adultes.

Une adaptation individuelle

L'école de la deuxième chance de Marseille, installée dans le quartier Saint-Louis, au nord de Marseille, accueille aujourd’hui quelque 800 élèves. Le campus est si calme que de nombreuses classes travaillent portes ouvertes. Dans une salle, six jeunes gens travaillent sur un exercice de logique. Ici, on ne parle pas de cours, mais plutôt d’atelier ou de séquence, indique leur formateur en mathématiques. Il s'agit de s’adapter aux acquis et au rythme de chacun. "Tout le monde ne fait pas forcément la même chose en même temps, explique-t-il. Chaque jeune a un niveau différent, un objectif différent."

La nécessité de réviser ou d'acquérir les bases

Sami, 23 ans, suit une formation de monteur en fibre optique. Il lui a fallu réviser les apprentissages de base. "Il y a sept ans, j’ai arrêté l’école en CAP. Ça me remet dans le bain en travaillant les matières générales comme le français, les maths", témoigne le jeune homme. L'école a aussi mis en place un parcours d'intégration pour les jeunes étrangers. Faridullah a dû quitter l’Afghanistan où il suivait des études supérieures. Il explique avoir obtenu un diplôme de langue anglaise dans le pays qu'il a quitté. Il parle aussi allemand. "J'ai été en Allemagne pendant 9 mois", précise-t-il. Et à présent, il apprend le français. 

Autant de jeunes, autant de parcours chaotiques

Le décrochage scolaire n’est pas toujours le fait des jeunes stagiaires, souligne Max Delfino, le directeur pédagogique de l’école. "Souvent, ce sont des jeunes qui ont des ambitions. Ils savent ce qu’ils ont envie de faire", affirme-t-il. Mais leurs notes scolaires ne leur permettent pas toujours de choisir. "Souvent, ils vont vers le CAP qu’ils n’ont pas choisi." Il arrive que ces jeunes "craquent par l'absentéisme, ou font un peu les imbéciles", résume Max Delfino. D’où la nécessité de cette deuxième chance. Les résultats sont là, avec plus de 61% de réussite.        

Le reportage de Marie-Christine Lauriol à l'école de la deuxième chance de Marseille, ouverte en 1998.
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