Covid-19 : "La crise a quelque part accéléré" le marché des paris et du poker en ligne, indique l'Autorité nationale des jeux

Le chiffre d'affaires des jeux en ligne a augmenté de 22% l'année dernière. "Des performances historiques", selon l'ANJ. Un tiers de ces joueurs ont entre 18 et 24 ans.

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La crise du Covid-19 a augmenté le chiffre d'affaire des paris sportifs en ligne (photo d'illustration). (JEAN PAUL DOMB / MAXPPP)

L'épidémie de Covid-19 a dopé le marché des jeux en ligne. Leur chiffre d'affaires a bondi de 22% en 2020, révèle le rapport de l'Autorité nationale des jeux (ANJ). "Les trois segments sous concurrence, à savoir les paris sportifs, le poker et les paris en ligne, ont enregistré sur l'année 2020 des performances historiques", confirme sur franceinfo, jeudi 18 mars, Jérémy Terrasson, directeur des marchés, de la conformité, de la protection des joueurs au sein de l'ANJ. 

Les paris sportifs sont montés en puissance sur la fin de l'année : deux milliards d'euros de chiffre d'affaires sur le dernier trimestre 2020."La crise a quelque part accéléré la numérisation des pratiques de jeux".

franceinfo : Les confinements et les restrictions ne sont sans doute pas étrangers à ce succès des jeux en ligne ?

Jérémy Terrasson : Effectivement, sur l'année 2020, on constate que les performances des jeux en ligne contrastent assez fortement avec celles des jeux en dur qui étaient frappés par la crise sanitaire.

Les casinos sont fermés depuis de nombreux mois et les points de vente FDJ et PMU ont souffert sèchement de l'offre durant le premier confinement et la fermeture de certains points de vente.

Jérémy Terrasson

à franceinfo

 Il est vrai que la crise a quelque part accéléré la numérisation des pratiques de jeux et on se rend compte effectivement que les trois segments sous concurrence, à savoir les paris sportifs, le poker et les paris en ligne, ont enregistré sur l'année 2020 des performances historiques.

Les paris sportifs ont-ils la cote malgré l'arrêt de nombreuses compétitions en 2020 ?

La croissance du secteur est de 22% au global, mais la répartition est assez différente. Les paris sportifs n'ont augmenté cette année, si on peut dire, "que" de 7% et c'est en grande partie lié à cet arrêt des compétitions sportives durant le premier confinement, mais on se rend compte que la conjoncture du marché s'est renversée au second semestre avec la reprise des compétitions. Et au quatrième trimestre 2020, les mises enregistrées sur les paris sportifs en ligne ont franchi le cap des deux milliards d'euros, ce qui est un niveau jamais atteint sur un seul et même trimestre. Cette tendance se poursuit sur les premiers mois de l'année 2021.

On mise donc plus d'argent ou y a-t-il plus de joueurs au total ?

Les deux. On s'aperçoit qu'il y a une arrivée massive de joueurs : au global, on est à plus de 17% de nouveaux joueurs sur l'année 2020. Et sur l'activité de paris sportifs précisément, on est à une croissance de 30% de ce qu'on appelle les comptes joueurs actifs. Alors si les dépenses n'explosent pas sur l'année, il faut garder en tête que l'année 2020 a été tronquée en partie avec l'arrêt des compétitions.

Il y a notamment davantage de jeunes joueurs. Est-ce que c'est un sujet d'inquiétude ?

C'est vrai que les joueurs entre 18 et 24 ans représentent environ un tiers des parieurs sportifs alors qu'ils représentent seulement 10% de la population adulte en France. Ils sont effectivement surreprésentés dans l'activité. Après, on se rend compte que cette part est assez stable depuis les dernières années, la répartition n'a pas explosé.

Le marché évolue, les publicités aussi. Est-ce que les publicités des sites de paris sportifs en ligne ne sont pas un peu trop agressives, avec le risque d'addiction qu'on connaît ?

C'est un sujet délicat parce qu'il faut trouver un juste équilibre entre le contenu de ces publicités et la pression publicitaire pour ne pas aboutir à des situations d'interdiction de la publicité que peuvent connaître nos voisins européens. Nous n'y sommes pas favorables et ce que nous souhaitons, c'est l'encadrer du mieux possible. Et pour cela, l'ANJ est dotée de nouveaux pouvoirs avec notamment la possibilité de demander le retrait d'une publicité si elle incitait au jeu des mineurs ou à une pratique excessive. Et, depuis cette année, l'ANJ approuve les stratégies promotionnelles de l'ensemble des opérateurs. L'examen de ces différentes stratégies promotionnelles a permis de mettre en avant effectivement la forte pression publicitaire et l'augmentation sensible des budgets sur l'année à venir qui, comme vous le savez, sera assez riche sur un plan sportif avec les reports de l'Euro de football et des Jeux olympiques.

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