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Alain Juppé n'est pas favorable au siège européen à l'ONU

Alain Juppé a réagi lundi à la polémique de la fin de la semaine dernière sur un passage de l'accord PS-EELV, prévoyant de réformer l'ONU. Pour le ministre des Affaires étrangères, ces réformes sont "irréfléchies".
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Alain Juppé (AFP)

Alain Juppé a réagi lundi à la polémique de la fin de la semaine dernière sur un passage de l'accord PS-EELV, prévoyant de réformer l'ONU. Pour le ministre des Affaires étrangères, ces réformes sont "irréfléchies".

Un nouveau passage de l'accord PS-EELV a fait l'objet d'attaques de la part de l'UMP à la fin de la semaine dernière. Un paragraphe, qui concerne la politique étrangère de la France, prône une réforme de l'ONU, avec la création d'un siège européen unique au Conseil de sécurité et la suppression du droit de véto. Invité lundi matin sur France Info, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé a jugé ces propositions "irréfléchies".

"Si la France a une politique étrangère cohérente et ambitieuse, elle le doit en partie en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, a souligné le ministre. Nous n'aurions pas fait ce que nous avons fait au moment de la guerre en Irak, en Lybie, en Côté d'Ivoire ou dans le processus de paix au Proche orient, si nous n'avions pas eu notre liberté de manœuvre."

"Il n'y a pas sur toutes ces questions d'unité européenne, donc le siège européen à ce stade n'a pas de sens", a-t-il précisé.

Le ministre des affaires étrangères a souligné que le pays avait déjà fait des propositions pour "réformer le Conseil de sécurité" en proposant de "l'élargir". "La France soutient la candidature de l'Allemagne, du Japon, de l'Inde, a-t-il indiqué. J'espère que François Hollande pourra clarifier la proposition du Parti socialiste."

"Capacité d'influence utile"

En réponse, le candidat socialiste François Hollande a assuré lundi sur BFMTV-RMC que s'il était à l'Elysée, le droit de veto de la France à l'ONU ne serait pas remis en cause. "Tant que je serai dans la situation d'exercer la responsabilité de mon pays si les Français me la confient, il n'y aura pas de remise en cause du droit de veto, de remise en cause unilatérale du droit de veto", a-t-il lancé.

"Les Nations unies doivent évoluer, il y a une réflexion qui peut être engagée, une gouvernance mondiale", a-t-il cependant relevé.

Un peu plus tôt dans la matinée, le PS avait déjà apporté ses précisions avec la voix de Michel Sapin, interrogé par France Info. Ce dernier a tenu à rassurer, sans avoir l'air de faire machine arrière : "C'est une réflexion comme il y a pu en avoir d'autre sur les évolutions de l'ONU", a-t-il déclaré.

Celui est chargé du projet présidentiel du candidat socialiste a ainsi défendu la proposition d'un "débat" autour de la "création d'un siège pour l'Europe", de manière à ce que l'Union européenne "puisse peser au sein du Conseil de sécurité de l'ONU".

"Il s'agit de faire en sorte que, à terme, l'ensemble des grands pays qui aujourd'hui dispose du droit de veto puisse l'amoindrir ou même le supprimer", a dit M. Sapin.

"Il ne s'agit en aucun cas d'un renoncement unilatéral de la part de France [de son droit de veto], a-t-il encore précisé. La France doit conserver son siège à l'Onu, […] son droit de veto. Ça lui donne une capacité d'influence utile."

Ce que la droite oublie de préciser, c'est qu'une résolution de ce même type a été votée en 2004 à Strasbourg par le Parti populaire européen.

La France n'a pas utilisé son droit de veto depuis 1989, lors de l'invasion de Panama par les Etats-Unis.

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