Les Bourses européennes déçues par la BCE

La baisse du taux directeur de la Banque centrale est jugée insuffisante pour soutenir l'économie de la zone euro.

A la Bourse de Madrid (Espagne), le 23 avril 2012.
A la Bourse de Madrid (Espagne), le 23 avril 2012. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Paris, Madrid, Londres... Les places financières européennes sont déçues par la baisse du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE). Elles ont toutes plongé dans le rouge, jeudi 5 juillet. Investisseurs et analystes ont trouvé pessimiste le discours de son président, Mario Draghi.

Dans la journée déjà, les places financières évoluaient dans le rouge. Vers 16 heures Londres oscillait autour de -0,27%, Paris à -1,53%, Madrid à -3,17% et Francfort à -1,11%. Un pessimisme ressenti jusqu'à Wall Street, où le Dow Jones évoluait également à la baisse à -0,53%.

"Un signal alarmiste"

La Bourse de Paris a terminé en baisse de 1,17%. Le CAC 40 a clôturé à 3 229,36 points. Le volume d'échanges modeste, à 3,290 milliards d'euros, témoignait de la prudence des opérateurs. "La BCE confirme que l'économie de la zone euro va mal. Mais, face à cela, elle s'est contentée d'une nouvelle baisse de son taux directeur sans autre mesure de soutien", a regretté Andréa Tueni, analyste chez Saxo Banque.

La Bourse de Madrid a aussi chuté de 2,99%. L'indice Ibex-35 des valeurs vedettes a terminé à 6954,2 points, plombé par ses banques : Santander, numéro un en zone euro par la capitalisation, a chuté de 3,94% et BBVA, la deuxième banque espagnole, a plongé de 4,81%.

Pour Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse, "le fait que la BCE ramène à zéro le taux de dépôt a été aussi interprété comme un signal alarmiste". Selon lui, "les marchés avaient beaucoup progressé depuis quelques jours en intégrant (une) baisse des taux." Jeudi, les investisseurs se sont plutôt arrêtés sur le discours de Mario Draghi, qui s'attend à une faible activité économique pour plusieurs mois. En outre, le président de la BCE a balayé les espoirs de nouvelles mesures, comme des prêts exceptionnels aux banques ou des rachats de dette publique.