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PSA Peugeot Citroën : "On est une bombe sociale et politique"

Depuis 11 heures jeudi, les employés du site sont sortis des locaux pour un "débrayage". L'occasion de protester contre les annonces de leur direction. 

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France Télévisions
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Un employé du site PSA d'Aulnay-sous-Bois manifeste contre l'annonce de la fermeture de l'usine en 2014, le 12 juillet 2012.  (YOAN VALAT / MAXPPP)

Les employés de l'usine PSA Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) sont sous le choc. Malgré les promesses de la direction de leur retrouver du travail, les salariés ont manifesté leur colère et leur émotion jeudi 12 juillet en début d'après-midi. Quelques heures plus tôt, PSA a annoncé la suppression de 8 000 emplois en France et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis d'ici 2014. 

La réaction des salariés n'a pas tardé. Depuis 11 heures, le site est à l'arrêt. "Là, on sort de l'atelier, l'usine est arrêtée, c'est la colère, c'est la rage. On déclare la guerre à PSA, depuis un an, on a entendu que des mensonges", affiche ainsi un employé du site cité par l'AFP. C'est aussi l'avis de Tania Sussest, déléguée de al Société des ingénieurs de l'automobile, qui explique au micro de BFMTV : "Cela fait un an que la direction nous ment, qu'elle nous dit que la fermeture d'Aulnay ce n'est pas d'actualité, et là, ça tombe avant les vacances !"

Jean-Jacques, 53 ans, ne dit pas autre chose : "On s'y attendait, ce n'est pas une surprise, mais on est en colère. Pendant un an, on nous a pris pour des idiots, on nous a menti. Et puis on nous annonce ça à 8 heures du matin."

"On est une bombe sociale"

Lui et une centaine d'employés sont sortis des locaux d'Aulnay-sous-Bois, en tenue de travail, pour un "débrayage" au son de "PSA patron voyou" et "De l'argent, il y en a dans les caisses de PSA, aucune usine de doit fermer". Mais au-delà de la colère, c'est surtout l'émotion qui domine à Aulnay, comme le montre ce reportage de France 2 : 

Paul Sanfourche et Benjamin Poulian - France 2

Quoiqu'il en soit, les salariés n'entendent pas se laisser faire. "On est une bombe sociale, une bombe politique, et ça, on va l'utiliser. Je ne sais pas jusqu'où on va pouvoir les faire reculer, mais on va vendre extrêmement cher notre peau", prévient Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. 

L'annonce de la direction laisse les employés exsangues et abasourdis. "On va voir ce qu'on va faire. On ne peut pas se permettre d'être en grève jusqu'en 2014 ! Il va falloir négocier, reprendre le travail, mais pas aujourd'hui, ni demain", prévient un ouvrier, employé sur le site depuis 23 ans. Mais l'avenir s'annonce sombre. "Travailler 18 mois dans ces conditions, ça va être un cauchemar", avoue Frantz, 41 ans. "Et puis on n'a rien d'autre, pas de piste."

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