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Dossier PSA : ce que veut l'Etat, ce qu'il a obtenu

Le constructeur a obtenu que l'Etat se porte garant à hauteur de 7 milliards d'euros pour aider sa banque à trouver des financements. Mais le gouvernement impose certaines conditions.

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France Télévisions
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Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault (au c.), et le président du directoire de PSA, Philippe Varin (à dr.), sur le stand du constructeur installé au Mondial de l'automobile à Paris, le 8 octobre 2012. (THOMAS SAMSON / AFP)

PSA – Le bras de fer est engagé entre l'Etat et PSA Peugeot Citroën. Le premier s'est porté garant pour aider la Banque PSA Finance, la banque du constructeur, à se financer sur les marchés. Mais en échange, il espère peser sur les choix du groupe.

"Mon gouvernement n'a pas du tout l'intention de faire des cadeaux, comme cela, sans engagements (…), ce temps-là est terminé", a expliqué le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, mercredi 24 octobre sur France Inter. A-t-il les moyens d'exiger des contreparties ? FTVi fait un bilan des premiers résultats.

Réduire le nombre de licenciements : reporté

La demande du gouvernement. Jean-Marc Ayrault a réclamé mercredi que PSA "fasse des propositions aux salariés, aux représentants" pour améliorer l'accompagnement du plan de restructuration. "L'objectif pour nous, c'est pas de licenciements secs, pas de personnes sans solutions", a ajouté le Premier ministre, alors que le groupe prévoit de supprimer 8 000 postes en France et de fermer le site d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a lui aussi réclamé mardi "la réduction de l'impact social [qui] doit se chiffrer en centaines d'emplois préservés", comme le rapportaient nos confrères de France 3 Franche-Comté. PSA, lui, a botté en touche.

La réponse de PSA. Le président du directoire de PSA, Philippe Varin, est catégorique. Les contreparties voulues par le gouvernement "ne remettent pas en cause notre plan de redressement", a-t-il déclaré mercredi en conférence de presse. La CFTC est inquiète. "Philippe Varin réaffirme que cela appartient aux discussions à venir" avec les syndicats et "refuse de confirmer des engagements qu'il n'aurait pas tenus sur l'emploi", a expliqué la confédération, présente à un comité de groupe européen.

Philippe Varin doit discuter du dossier avec Arnaud Montebourg, des élus locaux et des représentants syndicaux lors d'une réunion tripartite prévue jeudi à 16 heures au ministère de l'Economie. 

Fin des stock-options et des dividendes : accepté

La demande du gouvernement. Jean-Marc Ayrault a voulu imposer la rigueur aux actionnaires du groupe, également sur France Inter, mercredi. "Nous demandons au groupe PSA de ne pas distribuer, pendant que le groupe ne s'est pas redressé, de dividendes, de stock-options, d'achat d'actions, ce qui serait un scandale, et de tout concentrer sur le redressement de l'entreprise." L'Etat est pourtant absent du capital du premier constructeur français.

La réponse de PSA. Quelques minutes plus tard, PSA Peugeot Citroën a annoncé qu'il renonçait à verser tout dividende et stock-option aussi longtemps que durerait la garantie apportée par l'Etat à sa filiale bancaire.

"Il a été décidé, pendant la période de la garantie de l'Etat, de ne pas procéder à des distributions de dividendes ou à des rachats d'actions, et de ne pas attribuer aux membres du directoire d'options de souscription ou d'achat d'actions ni d'actions gratuites", a expliqué le groupe dans un communiqué. La mesure a déçu en Bourse et le titre a été immédiatement sanctionné, perdant plus de 3% en début de matinée sur la place parisienne.

Des postes dans le conseil de surveillance : accepté

La demande du gouvernement. L'Etat voulait mettre un pied dans l'organe de surveillance du groupe, aujourd'hui composé de membres de la famille Peugeot et d'administrateurs indépendants. En échange de son plan de soutien, le gouvernement réclamait donc la présence d'un représentant des salariés et d'un administrateur indépendant, chargé de faire le lien avec l'administration. 

La réponse de PSA. Feu vert du constructeur automobile. "L'arrivée d'un administrateur salarié est la bienvenue dans le conseil de PSA, de même que la volonté de poursuivre (...) le renforcement du renouvellement des administrateurs indépendants", a expliqué Jean-Baptiste de Chatillon, lors d'une conférence téléphonique.

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