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Après une embellie due au recul du chômage aux USA, les Bourses européennes ont continué de plonger vendredi

Le chiffre, meilleur qu'attendu, des créations d'emploi de juillet aux Etats-Unis, couplé à un taux de chômage en léger retrait, avait pourtant atténué en début d'après-midi les angoisses des marchés.Mais le pessimisme a vite repris le dessus.
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Une série d'indices boursiers s'affichent tous dans le rouge, le 4 août 2011 à Wall Street (AFP/STAN HONDA)
Le chiffre, meilleur qu'attendu, des créations d'emploi de juillet aux Etats-Unis, couplé à un taux de chômage en léger retrait, avait pourtant atténué en début d'après-midi les angoisses des marchés.

Mais le pessimisme a vite repris le dessus.

Selon les chiffres publiés vendredi par le département du Travail, l'économie américaine a créé 117.000 emplois non-agricoles en juillet et le taux de chômage est repassé de 9,2% à 9,1%. Les économistes n'anticipaient en moyenne que 85.000 créations d'emplois.

La Bourse de New York avait ouvert en hausse vendredi, poussant un fort soupir de soulagement devant ces chiffres qui lui offraient un peu de répit après les lourdes pertes de la veille.

Les Bourses européennes ont imité cette volatilité. A Paris, l'indice CAC 40 a d'abord lourdement chuté, lâchant plus de 3% en début de séance, avant de revenir brusquement dans le vert, puis de repasser en terrain négatif pour terminer la journée en repli de 1,26%. L'indice vedette parisien cumule dix séances de baisse, du jamais vu.

Les chutes ont été encore plus lourdes sur les autres grandes places européennes : Londres a lâché 2,71%, Francfort 2,78%, la Bourse suisse 2,14%.

Sur la semaine, la Bourse de Francfort accuse une perte de 13%, celle de Londres de près de 10%, celle de Paris de près de 11%. Madrid a cédé 0,18%. A Milan, la cotation a été suspendue alors que l'indice reculait de 0,63%.

New York a terminé sans direction: Dow Jones +0,53%, Nasdaq -0,91%

Une semaine noire
La semaine a été marquée par l'affolement et les craintes de rechute de l'économie mondiale. Aucune place boursière n'a été épargnée par le mouvement de baisse de ces derniers jours qui a culminé jeudi avec une dégringolade sur les marchés.

Ainsi, Wall Street avait lâché entre 4% et 5%, à l'image des Bourses européennes: Londres avait chuté de 3,44%, Paris de 1,14%, Francfort de 2,08%, Milan de 3,31% et Madrid de 1,47%. Quant à la Bourse suisse, elle a perdu 1,59%.

Les marchés financiers avaient déjà frôlé la panique en début de semaine, l'adoption d'un compromis sur le relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis n'ayant offert qu'un répit de quelques heures.

Les marchés asiatiques ont également chuté vendredi matin, imitant les Bourses européennes et américaines. Tokyo a dévissé en clôture de 3,72%, tombant à des niveaux inconnus depuis les jours qui ont suivi le séisme dévastateur du 11 mars, Séoul finissant en baisse de 3,70%. Hong Kong perdant 4,81%, Shanghai 1,69% et Bombay 2,65%.

Peur de contagion
L'intervention du président de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi a échoué à apaiser les craintes d'une extension de la crise de la dette en zone euro. Jean-Claude Trichet avait pourtant frappé fort en annonçant sa décision de procéder à de nouveaux achats sur le marché de la dette. Mais son intervention n'a pas eu l'effet apaisant escompté auprès d'investisseurs hantés par l'envol des taux d'intérêt de deux émissions de dette en Espagne jeudi dans la matinée.

En zone euro, les craintes de contagion s'étaient déjà accentuées tout au long de la semaine. L'Italie et l'Espagne sont sous la pression des marchés et leurs gouvernements se sont mobilisés pour endiguer la panique, même si Bruxelles a exclu toute discussion sur un plan de sauvetage pour ces pays.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a annoncé l'adoption d'un "pacte" pour relancer la croissance et rassurer les marchés "d'ici la fin du mois de septembre", à l'issue d'une réunion avec les partenaires sociaux.

Le Trésor espagnol a annoncé jeudi sa décision d'annuler sa prochaine émission obligataire, prévue pour le 18 août, alors que le pays est soumis depuis plusieurs jours à une forte tension sur les marchés.

L'Espagne avait émis auparavant 3,3 milliards d'euros d'obligations à des taux d'intérêt en forte hausse par rapport aux précédentes émissions similaires: 4,813% pour ses bons à trois ans (contre 4,037%) et 4,984% pour ceux à quatre ans (contre 2,862%).

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