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Témoignages inédits d'anciens pilotes de la Première guerre : "Je crois que j'ai reçu six balles dans mon appareil"

A l'occasion des cérémonies du 11 novembre, franceinfo dévoile en exclusivité des témoignages d'anciens pilotes recueillis dans les années 70 par le service historique de la Défense, et jamais diffusés jusque-là.

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Edité par Mariam El Kurdi - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Le pilote français Georges Guynemer dans son biplan Spad II le 11 septembre 1917. (AFP PHOTO)

Pour la première fois, franceinfo révèle des témoignages inédits d'anciens pilotes français. Ils ont été recueillis dans les années 70 par le service historique de la Défense mais jamais diffusés jusque-là.

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Ces témoignages racontent comment les avions de l'époque secouaient, cognaient. Ils racontent la vie de l'escadrille, les repos moroses les jours de pluie et de plafond bas, et les combats évidemment.

"Je crois que j’ai reçu 6 balles à mon appareil", se souvient le général Heurtaux, "as de l'aviation de 14-18" après ses 21 victoires aux combats aériens. "Elles m’ont enlevés mes bougies intérieures, mon carburateur, ma commande de gaz". Tout va ensuite très vite : "Mon réservoir d’essence a été coupé, il a fallu que je descende, j’ai atterri sur une colline".

Le risque de mourir chaque jour

Entre les combats et les accidents, chaque vol était un pari sur la mort. D'où la  petite phrase du commandant Pierre de Cazenove de Pradines, détenteur de sept victoires.

Nous avons eu pas mal de deuils. Nous passions notre temps à aller au cimetière

Pierre de Cazenove de Pradines, ancien pilote

franceinfo

Mais les heures d'enregistrement réalisées dans les années 70 par le service historique de la Défense évoquent ces aviateurs, bêtes rares et noceuses qui revenaient de permission parisienne avec des messages féminins et des bijoux dans les poches, ou ces anecdotes, un peu surréalistes aujourd'hui, comme les bouquets de fleurs que l'on jette depuis les airs pour rendre hommage à un ennemi abattu, ou les amitiés nouées avec l'ennemi !

"Tous les soirs, vers 18 heures, au-dessus de Berry-au-Bac, il y avait deux Allemands", raconte Jacques Roques, capitaine, auteur de sept victoires. "On y allait, on faisait  des passes, jamais personne n’a tiré un coup de mitrailleuse, au bout d’un certain temps, on se faisait signe et chacun rentrait chez soi", poursuit-il.  

Le Nieuport, un avion de chasse biplan français de la Première Guerre mondiale.  (DOMAINE PUBLIC, VIA WIKIMEDIA COMMONS)

De la poésie dans l'air au milieu des combats

Tous ces pilotes racontent les crashs, les accidents, les peurs, et sans fausse modestie, leur sang-froid, leur succès. Puis parfois, au détour d’une phrase, certains parlent poésie. "Le ciel, c’est tellement beau. Vous l'avion, vous pouvez faire une sorte de ballet avec les nuages, d’ailleurs les nuages étaient les bienvenus, parce que lorsqu’il y avait trop d’Allemands, on allait dedans", récite Jacques Roques. Même si le ciel était pur au-dessus du bourbier des tranchées, 37 des 182 "as français de l'aviation de 14-18" sont morts au combat.  

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