Le record du plus long vol direct a été battu par un New York-Sydney

Un Boeing de la compagnie Qantas a réalisé un trajet sans escale de 19 heures et 16 minutes.

Le PDG de Qantas Alan Joyce (au centre) et l\'équipage célèbrent leur arrivée à Sydney (Australie), dimanche 19 octobre 2019.
Le PDG de Qantas Alan Joyce (au centre) et l'équipage célèbrent leur arrivée à Sydney (Australie), dimanche 19 octobre 2019. (DAVID GRAY / QANTAS / AFP)

"Papa, c'est quand qu'on arriiiiiive ?" Un avion a atterri à Sydney (Australie), dimanche 20 octobre, après 19 heures et 16 minutes dans les airs depuis son départ de New York (Etats-Unis), annonce la compagnie australienne Qantas (en anglais). Il s'agit donc d'un nouveau record et du plus long vol sans escale de l'histoire. Le plus long trajet aérien commercial au monde est actuellement une liaison entre New York et Singapour lancée en 2018 par Singapour Airlines, qui dure 18h30 selon le site de la compagnie.

Ce vol expérimental QF7879 est le premier de trois vols au très long cours prévus par la compagnie australienne Qantas cette année. Celle-ci va également tester un direct entre Londres et Sydney et envisage de créer des lignes commerciales régulières sur ces longs trajets. A l'arrivée, le PDG de Qantas Alan Joyce a salué un "moment vraiment historique", à la fois pour sa compagnie et pour le monde l'aviation dans son ensemble.

C'est le premier des trois vols d'essai après lesquels nous pourrons voir quelles recommandations nous pouvons faire par rapport à la manière pour les pilotes de gérer leur fatigue, et pour les passagers de gérer le décalage horaire.Alan Joyce, PDG de Qantas

Le Boeing 787-9 Dreamliner parti vendredi soir de l'aéroport JFK de New York transportait seulement 49 personnes, essentiellement des employés de Qantas. Le poids en cabine était ainsi réduit, ce qui a permis d'embarquer une quantité suffisante de carburant pour les 16 000 km du trajet. Selon le site spécialisé Flightradar24.com, l'appareil pesait ainsi 233 tonnes au décollage, dont 101 tonnes de kérosène.

Exercices physiques et caféine pour les passagers

Des chercheurs de deux universités australiennes étaient à bord pour observer la façon dont les passagers ont dormi et se sont alimentés, et surveiller leur niveau de mélatonine, "l'hormone du sommeil". A l'issue de l'embarquement, les passagers ont été invités à régler leur montre à l'heure de Sydney. Ils ont ensuite été tenus éveillés jusqu'à la tombée de la nuit sur la partie orientale de l'Australie.

Pour cela, des exercices physiques leur ont été proposés, de la caféine et des repas épicés ont été servis dans une cabine éclairée. Six heures plus tard, ils ont eu droit à un repas riche en glucides avant d'être invités à ne plus regarder d'écrans. Les lumières ont ensuite été tamisées afin de favoriser leur endormissement.

Les passagers du vol expérimental réalisent des exercices physiques durant le vol entre New York et Sydney. 
Les passagers du vol expérimental réalisent des exercices physiques durant le vol entre New York et Sydney.  (JAMES D. MORGAN / QANTAS / AFP)

Marie Carroll, une chercheuse de l'université de Sydney qui a mené cette expérience, pense que cette méthode innovante va contribuer à réduire les conséquences du décalage horaire. "Je m'attends à ce qu'ils aient une journée normale aujourd'hui et une nuit de sommeil normale ce soir", a-t-elle dit, affirmant se sentir "étonnamment bien" compte tenu de la durée du vol.

Quid du repos pour les pilotes ?

Quatre pilotes se sont relayés aux commandes durant le vol, avec des appareils pour mesurer leurs ondes cérébrales et leur vigilance. L'Australian and International Pilots Association (AIPA), syndicat qui représente les pilotes de Qantas, s'est toutefois inquiétée de savoir si le temps de repos des pilotes, au cours de ce vol, a été d'une qualité suffisante pour que leurs performances demeurent optimales.

L'AIPA a demandé une "étude scientifique à long terme" sur l'impact de ces vols sur les équipages. La compagnie aérienne, de son côté, a déclaré que ces vols d'essai ne représentaient qu'une partie du travail qu'elle accomplit afin de s'assurer que ses vols soient opérés en toute sécurité.