3 600 euros pour une crémation, 3 350 euros pour un enterrement : la Cour des comptes dénonce les tarifs des pompes funèbres

Dans son rapport annuel, la Cour déplore le fait que malgré l'ouverture à la concurrence des services de pompes funèbres il y a 25 ans, les prix n'ont pas baissé.

Le rapport de la Cour des comptes dénonce le manque de crématoriums en France.
Le rapport de la Cour des comptes dénonce le manque de crématoriums en France. (DANIEL FOURAY / MAXPPP)

La Cour des comptes, qui publie son rapport annuel mercredi 6 février, a épluché les pratiques des pompes funèbres, qui s'occupent des obsèques de 600 000 personnes chaque année. Les Sages relèvent notamment que malgré l'ouverture à la concurrence il y a 25 ans, les prix n'ont pas baissé. 

3 600 euros pour une crémation, 3 350 euros pour un enterrement : voilà la moyenne des prix relevés par la Cour des comptes. Mais à cela, il faut ajouter le coût du transport par corbillard, ou encore de la redevance de concession. Mais il est impossible de s'y retrouver dans les prix, de comparer les offres des pompes funèbres, dénonce la Cour des comptes, car les prestations ne se valent pas, les devis sont illisibles, alors qu'il existe normalement des devis-types.

Des différences de prix énormes

Le rapport continue : l'ouverture du marché à la concurrence a profité non pas aux familles endeuillées, mais aux prestataires. Il s'agit d'un marché de deux milliards d'euros par an, dont la moitié est partagée aujourd'hui entre une douzaine de réseaux d'entreprises. Les tarifs des pompes funèbres ont augmenté deux fois plus vite que les prix à la consommation.

Les moins chers, à prestation égale, ce sont les pompes funèbres publiques : elles sont presque 70% moins chères à Paris, ou 60% moins chères à Lisieux dans le Calvados. Elles sont moins chères et pourtant rentables. La Cour des comptes encourage donc les établissements publics à baisser leurs prix, comme cela a déjà été le cas en région grenobloise.

Manque de crématoriums

Enfin, autre point relevé : les crémations sont en hausse constante. Un tiers des personnes décédées sont aujourd'hui incinérées, et pourtant il manque des crématoriums. Il n'y en a aucun dans le Cantal, le Lot, la Haute-Marne ou Mayotte. Il n'y en a qu'un seul pour tout le Bas-Rhin, un seul aussi dans les Yvelines ou la Haute-Garonne. Les familles qui doivent incinérer leur proche décédé dans un délai légal de six jours ouvrables se tournent souvent vers le seul crématorium disponible des environs, ce qui n'aide pas à faire baisser les prix.

D'ailleurs, la Cour des comptes suggère d'allonger ce délai légal de six jours afin de désengorger les crématoriums, mais aussi pour que les familles n'aient plus à choisir dans l’urgence les pompes funèbres qui organiseront les obsèques, à un moment où elles sont souvent le plus vulnérables. La Cour des comptes explique par exemple que l'Allemagne et le Royaume-Uni autorisent un enterrement 14 jours après le décès, à la condition évidemment d’avoir pratiqué des soins de conservation du corps jusque-là. En Suède, ce délai va même jusqu’à un mois après la mort.