20 romans et essais à glisser sous le sapin de Noël

Un rab d'espérance de vie, un meilleur sommeil, une meilleure mémoire, moins d'anxiété, moins de stress, de la décontraction musculaire, des voyages, plus d'intelligence, plus de culture générale, plus d'empathie... Voilà tout ce que vous offrirez à vos proches en glissant pour eux un livre sous le sapin !

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France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 15 min.
Couvertures des vingt romans et essais à offrir à Noël, 2020 (Franceinfo / Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Défendu haut et fort comme un "produit de première nécessité" dans cette période de crise sanitaire et de confinement, le livre reste le cadeau le plus offert à Noël par les Français. Voici une sélection de romans et d'essais à offrir à vos proches, piochés dans la production de l'année 2020, bousculée par la pandémie, mais néanmoins très riche. 

1"L'anomalie", d'Hervé Le Tellier 

(Gallimard – 336 pages – 20 €)

On ne le conseillerait pas à chaque fois, mais cette année le Prix Goncourt peut s'offrir les yeux fermés. Dans ce roman d'anticipation de faible amplitude (l'intrigue se déroule en 2021 et le décor ressemble à peu de choses près au nôtre), le romancier met en scène ses personnages dans une quatrième dimension dont la porte s'ouvre en plein ciel, à bord d'un avion secoué par des turbulences consécutives à un orage d'une violence inédite... L'anomalie est un roman à la fois exigeant (l'auteur est président de l'Oulipo, un mouvement littéraire crée entre autres par Raymond Queneau dans les années 60) divertissant (se lit comme un polar mâtiné de SF) et objet de réflexion sur le monde (le romancier, interrogé par franceinfo Culture lors de la remise du Goncourt, soulignait que "L'idée du livre était de répondre à deux questions. La question de la duplication et de la confrontation à soi-même, et une seconde question, qui pourrait ressembler à une question du bac : peut-on se fier à ses sens ?").  

Couverture de "L'anomalie", d'Hervé Le Tellier, 2020 (GALLIMARD)

2 "Les Impatientes", de Djaïli Amadou Amal

(Editions Emmanuelle-Collas, 252 pages, 17€) 

Les lycéens ont attribué leur Goncourt à ce grand roman féministe, signé par Djaïli Amadou Amal, écrivaine camerounaise reconnue comme l'une des grandes plumes de l'Afrique. Les Impatientes y décrit dans son ouvrage l'effroyable condition féminine dans certaines parties de l'Afrique. Mariages forcés, polygamie, viols et violences physiques : derrière les murs de certaines maisons "aisées" se cache un esclavagisme des temps modernes auquel il est difficile pour une femme d'échapper. Djaïli Amadou Amal n’élude aucun aspect de la violence faite à ces femmes. Son récit est clair, sec, sans fausse pudeur. Chaque mot y est à sa place : il n’y a rien à enlever, rien à rajouter.

Couverture du roman "Les impatientes", de Djaïli Amadou Amal  (@Editions Emmanuelle-Collas)

3"Histoire du fils", Marie-Hélène Lafon

(Buchet-Chastel,176 pages , 15 €) 

Avec ce roman, une fresque familiale en forme de puzzle, l'écrivaine Marie-Hélène Lafon creuse son sillon.Cette fois elle raconte l'histoire d'une famille marquée par un drame, la mort d'un enfant, survenue en 1908. Dans une balade entre les générations avec des sauts de puce dans le temps, la romancière s'attache à recoudre par le récit une filiation rompue aux origines. L'écriture de Marie-Hélène Lafon est dense, ici encore majestueusement travaillée comme une terre. Les sentiments et les états d'âme des personnages se lisent dans les corps, dans les sensations qui les traversent, dans les gestes et les objets du quotidien, l'odeur d'une confiture, la chaleur des chaussons tricotés par une mère, une date sur une pierre tombale… et aussi dans les paysages qui les habitent. Un très beau roman, une oeuvre à découvrir. 

Couverture de "Histoire du fils", de Marie-Hélène Lafon, août 2020 (Buchet-Chastel)

4"Une rose seule", de Muriel Barbery

(Actes Sud, 160 pages, 17,50€)

Une rose seule raconte l'histoire de Rose, une jeune femme à la mélancolie profonde. Née en France d’une mère qui a quitté son père japonais, elle ne l'a du coup jamais rencontré. Un jour, elle reçoit un message et un billet d’avion pour Kyoto, la ville aux mille temples, où son père, apprend-elle, vient de décéder. Elle y est attendue par un exécuteur testamentaire, dénommé Paul. Commence alors pour Rose le cheminement vers une renaissance autant inespérée qu’improbable, au monde, et à elle-même.Une belle histoire de la naissance d’un amour, et d’un retour à soi, à travers un voyage au Japon, métaphore de l’étranger qui est en nous. Des mots ciselés, une écriture tout en retenue et en poésie, qui n’empêche pas l’humour. Un roman pour apaiser et rêver.

Couverture d'Une rose seule, de Muriel Barbery (Actes Sud)

5"La Discrétion", de Faïza Guène

(Plon,  250 pages, 19 €) 

La Discrétion embrasse à travers le récit d'une histoire familiale le destin de trois générations d'immigrés nord-africains, entre l'Algérie et la France, autour du personnage de Yamina Taleb, la mère. Aussi singulier qu'universel, son destin nous dit l'histoire de milliers de familles immigrées d'Algérie. Faïza Guène ne fait pas de grands discours. Son écriture est fluide, vivante, le roman construit comme une partition à plusieurs voix. A travers les petites choses du quotidien, à hauteur des perceptions et des sentiments de ses personnages, elle restitue avec pudeur et humour une histoire complexe, rassemblant un à un les éléments d'une "histoire fragmentée", d'une mémoire "en morceaux". Une histoire que la romancière partage avec nous, comme une offrande. 

Couverture de "La disrétion", de Faïza Guène (Editions Plon)

6"Mes fous", de Jean-Pierre Martin

(L'Olivier, 160 pages, 17 €)

Ce roman s'intéresse à ces fous relégués que l'écrivain nomme les "corps errrants". Le narrateur, Sandor, a l'art de les attirer à lui. Dans son cercle intime, il est aussi entouré de personnages pris de folie, comme sa fille Constance, ou son vieux père, qui perd la tête. Il n'en sort pas, plongeant lui aussi dans une torpeur qui l'éloigne de la vie "normale". Mais qui sont les individus les plus inquétants ? s'interroge Sandor. Ces êtres perdus, qu'il côtoie malgré lui, ou bien ceux qui contrôlent tout parfaitement dans la vie, comme son fils Alexandre (le bienheureux ?). Ce doux roman offre un regard décalé sur un monde normé, abordant le tragique de la vie avec un humour teinté de mélancolie, dans une écriture subtile, qui ménage à la fin de presque chaque paragraphe des surprises. 

Couverture de "Mes fous", de Jean-Pierre Martin, 2020 (Editions de L'Olivier)

7"Bénie soit Sixtine", de Maylis Adhémar

(Julliard, 304 pages, 18 €)

Bénie soit Sixtine, premier roman de Maylis Adhémar, est la chronique édifiante d'une rescapée du catholicisme intégriste en même temps que le récit d'une émancipation. Ce premier roman bien construit, écrit d'une plume concise, rythmée, juste ce qu'il faut de distance, se lit autant comme un thriller psychologique que comme un documentaire sociologique. La romancière dessine un très beau portrait de femme. Elle nous fait partager sans relâche les émotions de sa jeune héroïne, la violence de l'emprise sectaire, les inquiétudes qui accompagnent l'émancipation, l'éveil des sens, la naissance de l'amour maternel, au sens intime et non codifié comme l'imposait son milieu. Ajoutez à cela un un regard aiguisé sur les microcosmes où se jouent les péripéties de cette intrigue, ce premier roman est un livre qu'on ne lâche pas. 

Couverture de "Bénie soit Sixtine" (Julliard, 2020)

8"Les roses fauves", de Carole Martinez

(Gallimard, 347 pages, 21 €)  

C'est une tradition espagnole ayant cours autrefois en Andalousie qui a inspiré ce quatrième roman de Carole Martinez. A partir de là, Carole Martinez y narre l'histoire d'une lignée de femmes espagnoles au destin à la fois passionné et tragique. Ce roman bien construit dresse le portrait de vraies héroïnes, des femmes libres et fortes que l'écrivaine choisit de dessiner dans la guimauve d'un genre habituellement versé dans les stéréotypes. Une méthode qui fait mouche !

Couverture du roman "Les roses fauves", de Carole Martinez, août 2020 (GALLIMARD)

9"Thésée, sa vie nouvelle", de Camille de Toledo

(Verdier, 250 pages, 18,50 €)

Cet ovni littéraire, finaliste du Goncourt, est un livre singulier, composé de textes et de photographies en noir et blanc, ardu, mais passionnant. Camille de Toledo y fait le récit d'une introspection abyssale entamée quelques années après le suicide de son frère Jérôme en 2005. Perclu de douleurs, Thésée ouvre alors ses cartons d'archives, et se met à observer attentivement les photos qu'il y trouve, de ses parents, de son frère. Il exhume les mots des ancêtres, enfermés depuis plusieurs générations, jamais lus par personne. Il respire, médite, écoute son corps, et peu à peu, s'écarte du socle qui fonde ce monde "moderne" dans lequel il a grandi, sur lequel s'est construit le mythe familial, bâti sur la croissance, le progrès, le confort matériel, la réussite sociale, une vie sans foi et sans passé, les Trente Glorieuses. Ce livre à la prose texturée, qui explore des chemins de traverse, vaut vraiment la peine de s'y pencher, même s'il peut dérouter. 

Couverture de "Thésée, sa vie nouvelle"; de Camille de Toledo (Verdier, 2020)

10"Un crime sans importance", d'Irène Frain

(Seuil, 247 pages, 18 euros)

Ce dernier roman d'Irène Frain est un récit-enquête sur la mort de sa sœur aînée, Denise, assassinée. Ce livre n'est pas le roman le plus gai de l'année, sur le papier. Et pourtant c'est un roman comme un cri de colère, qui fait du bien, et qui donne à voir, aussi, la vie qui se cache derrière une "vieille dame", ce qui n'est pas si courant en littérature. Elle est morte à l'hôpital des suites de ses blessures, quelques semaines après avoir été sauvagement agressée dans sa maison, nichée au fond d'une impasse dans un quartier pavillonnaire de banlieue. La romancière aimerait comprendre ce qui s'est passé ce jour-là, au fond de l'impasse, mais elle se heurte au silence. Denise, "victime sans importance" d'un crime non élucidé, se révèle être par les mots de sa sœur un magnifique personnage romanesque. La plongée dans le passé de ce lien tissé avec la narratrice dans l'enfance, et brisé plus tard pour des raisons obscures, devient le fil tendu d'une histoire que l'on ne lâche pas, un ressort dramaturgique d'une puissance inattendue. 

Couverture de "Un crime sans importance", d'Irène Frain, août 2020 (Editions du Seuil)

11"La dernière interview", d'Eshkol Nevo

traduit de l'hébreu par Jean-Luc Allouche

(Gallimard, 466 pages, 24€) 

Un écrivain répond à une interview menée par des internautes anonymes. Les questions sont classiques, les réponses moins. En creux, le portrait d’un homme se dessine, et à travers lui le portrait d’un pays. Un roman jalonné de sourires, d'émotion et de francs éclats de rire, d'un humour noir et tendre qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne.

Couverture de "La dernière interview", d'Eshkol Nevo (Editions Gallimard)

12"L'autre moitié de soi", de Brit Bennett

traduit de l'anglais (États-Unis) par Karine Lalechère
(Autrement, 477 pages, 22,90 €) 

Cette jeune auteure américaine bouscule le concept d'"identité noire" avec ce brillant second roman. A travers le destin de deux sœurs jumelles nées dans une "ville de couleur" où les Noirs sont blancs, Brit Bennett interroge sans tabou la question de l'identité afro-américaine, et au-delà, l'identité tout court. Brit Bennett offre une réflexion très profonde sur cette question, aujourd'hui au cœur de l'actualité, poussant son sujet jusqu'à l'absurde pour en révéler les paradoxes et la complexité. Une construction habile, des personnages principaux et secondaires magnifiques, dessinés avec subtilité, une écriture ample et fluide : on ne lâche pas ce roman offrant un regard décalé sur la question de l'identité noire aux États-Unis, voire sur la construction d'une identité au sens bien plus large, humain, tout simplement. Passionnant.

Couverture de "L'autre moitié de soi", de Brit Bennett, août 2020 (Editions Autrement)

13"Ohio", de Stephen Markley

traduit de l'anglais (américain) par Charles Recoursé(Albin Michel, 537 pages, 22€90)

Ohio, premier roman d'un jeune écrivain américain, dessine dans une veine noire brillamment observatrice le portrait d'un pays en lambeaux. Formidable polar sans que l’on s’en rende compte, le roman installe d’abord une violence sourde, contenue, mais omniprésente, avant de basculer dans la noirceur absolue. Le tout, sur le décor "trumpien" d'un Etat désindustrialisé, où les habitants n’ont d’autre perspective que la guerre, le supermarché Walmart, ou le chômage… mais se refusent à demander des aides de l’Etat, ce qui serait pour eux la déchéance suprême. Il a reçu le Grand prix de littérature américaine 2020, une récompense créée par des éditeurs, des librairies et des critiques littéraires en 2015. Un premier roman hyper réaliste qui nous plonge dans l’Amérique profonde, avec une construction haletante jusqu’au dénouement. 

Couverture de "Ohio", de Stephen Markley (Albin Michel)

14"Patagonie route 203", d'Eduardo Fernando Varela

traduit de l'espagnol (Argentine) par François Gaudry
(Editions Métailier, 368 pages, 22.50 €) 

Avec ce premier roman publié à plus de 60 ans, l'Argentin Eduardo Fernando Varela nous embarque dans un incroyable voyage à travers la Patagonie dans l'immensité de ses paysages et l'extravagance de ceux qui l'habitent. Le road-trip s'effectue au côté de Parker, voyageur solitaire, animé par aucun but, filant au rythme des livraisons plus ou moins occultes organisées par son patron, ou au gré de la météo, rude dans ces contrées. Parker mène cette vie de solitude et de contemplation jusqu'au jour où non loin du train fantôme, il tombe sous le charme de Maytén, la femme du patron de la fête foraine… Explorant l'âme humaine autant que les paysages, ce "jeune romancier" nous transporte dans un univers saisissant, dont la rudesse oblige ses habitants à écouter la poésie du monde, et à s'interroger sur l'essentiel et ce à quoi ils aspirent vraiment. L'écriture d'Eduardo Fernando Varela est à l'image de ce récit, pleine d'images qui nous emmènent loin, bien loin, dans une rythmique sans mesure, sans repères, comme les notes échappées d'une improvisation de jazz.  Dépaysement garanti !

Couverture de "Patagonie route 203", de Eduardo Fernando Varela, 2020 (Editions Métailié)

15"Apeirogon", de Colum McCann

traduit de l'anglais (Irlande ) par Clément Baude
(Belfond, 512 pages, 23 euros)

Le dernier livre du romancier irlandais, lancinante incantation à la paix, raconte l’histoire d'une l’amitié entre deux hommes, l’un Palestinien, l’autre Israélien, qui ont tous deux perdu leur fille, et qui de soldats dans leurs pays deviennent des combattants pour la paix pour leurs deux pays. Une histoire poignante, servie par une écriture toujours aussi magnifique. 

Couverture de "Apeirogon", de Colum McCann (@ éditions Belfond)

16Impossible, d'Erri De Luca

traduit de l'Italien par Daniele Valin
(Gallimard, 176 pages, 16,50 €) 

Dans un dialogue entre un juge d'instruction et un homme soupçonné de meurtre et placé en garde à vue après la mort accidentelle d'un autre en montagne, l'auteur de Montedidio met en scène tous les grands thèmes qui lui sont chers : la justice, la liberté, le combat politique, la trahison, l'amour et la montagne... Tout ça dans une forme quasi platonicienne. De cette forme dialoguée surgit non pas "la" vérité, mais une vérité, celle d'un homme engagé et d'un écrivain, qui nous offre une lecture de l'histoire de la fin du XXe siècle, de ses idéologies défendues dans la radicalité, d'une certaine idée de l'engagement dans les luttes collectives, au monde d'aujourd'hui, où elles ont presque totalement disparu. Une vaste histoire qui fait échos à celle de l'homme, de sa jeunesse intransigeante et révolutionnaire, à la maturité apaisée, mais toujours convaincue. Un roman court, mais magistral, dont nous avait parlé l'auteur au moment de sa sortie. 

Couverture de "Impossible", de Erri de Luca (GALLIMARD)

17Nickel Boys, de Colson Whitehead

traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Charles Recoursé
(Albin Michel, 258 pages, 19,90 euros)

Colson Whitehead poursuit son exploration de l'histoire de la violence raciale aux Etats-Unis avec la littérature comme arme, s'attaquant cette fois à l'histoire de l'Amérique ségrégationniste des années 60. Il l'incarne à travers le personnage d'Elwood Curtis, jeune noir élevé en Floride par sa grand-mère, dont le destin va tourner au tragique après un banal contrôle routier la veille de son entrée à l'université, où il a réussi à décrocher une place. Une erreur judiciaire l'envoie à la "Nickel Academy", un établissement pour délinquants dans lequel les élèves noirs subissent les pires traitements de la part de l'administration... Le romancier nous fait partager avec la force du souffle littéraire la violence inouïe du racisme érigé en système aux États-Unis. Pas de pathos, ni d'envolées lyriques, la force du message est portée par une écriture organique, des personnages admirablement façonnés par la plume du romancier américain et par sa maîtrise parfaite de la narration, qui ménage un coup de théâtre final totalement inattendu. 

Couverture du roman "Nickel Boys", de Colson Whitehead, 2020 (Albin Michel)

18"Les villes de papier - Une vie d’Emily Dickinson", de Dominique Fortier

(Grasset, 224 pages, 18€)

L’auteure québécoise Dominique Fortier imagine la vie d’Emily Dickinson, aujourd’hui considérée comme l’un des plus grands poètes américains mais ignorée de son vivant. Ouvrage feutré, délicat, Les villes de papier nous parle de la manière dont les lieux gardent en mémoire les vies qui s'y sont déroulées, et comment ces vies s'y sont imprimées. Le résultat : un merveilleux essai dont on voudrait retenir les pages, et dont l'atmosphère nous imprègne longtemps après que le livre a été refermé. Une magnifique réflexion sur notre rapport intime au monde, qui a valu à l'auteure québécoise le Prix Reanudot de l'essai 2020.

Couverture de "Les villes de papier - Une vie d'Emily Dickinson", de Dominique Fortier (@ éditions Grasset)

19L'autre Rimbaud, de David Le Bailly

(L'Iconoclaste, 370 pages, 19 €)

Une enquête étonnante sur Frédéric Rimbaud, le frère du poète, rayé de la carte par la famille Rimbaud. Ce livre à la forme hybride, mis-enquête, mi-roman, est une plongée passionnante dans l'histoire d'une famille. Si le récit reste centré sur le personnage du frère, il offre aussi en creux un portrait du poète de son enfance, de sa famille, et du monde dans lequel sont nés ses premiers poèmes. David Le Bailly dépeint merveilleusement les atmosphères, nous immerge dans les paysages arides des Ardennes, dans la brutalité de ce monde paysan, dans la réalité d'un temps disparu. Un sujet décalé, une forme singulière, le cocktail est osé, mais le résultat est très réussi. 

Couverture de "L'autre Rimbaud", de David Le Baiily, août 2020 (L'ICONOCLASTE)

20Les disparus du Joola, d'Adrien Absolu

(JC Lattes, 250 pages, 19 €)

Un livre sur la catastrophe du Joola,  un ferry qui reliait Dakar à Ziguinchor en Casamance, le 26 septembre 2002, et qui avait provoqué la mort d'au moins 1863 personnes. Le roman prend sa source dans un petit village du Morvan, et dans le souvenir de Dominique, un jeune homme victime de la catastrophe. Adrien Absolu remonte le fil de son histoire et élargit son champ d'investigation, démontant tout le système de négligences et de corruptions qui a conduit à la tragédie.

Couverture du livre "Les disparus du Joola", d'Adrien Absolu, août 2020 (Editions JC Lattès)

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