Coupes d'Europe : comment le Covid-19 a mis à terre les Coupes d’Europe de rugby

Annulations de matchs en pagaille, décisions contestées, des clubs français et la Ligue nationale de rugby remontés… Bousculée par le coronavirus, l’édition 2022 des Coupes d’Europe cristallise les crispations.

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France Télévisions
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Illustration du terrain où se tient la rencontre entre Bath et le Leinster en Champions Cup, le 22 janvier 2022. (DAVID DAVIES / MAXPPP)

S’il paraissait impossible de passer complètement entre les gouttes du Covid-19, cause de multiples retournements de situations, les Coupe d’Europe auraient probablement préféré éviter de s’enliser dans les polémiques.

Débutée vendredi, la quatrième et dernière journée de la phase de groupes, perturbée par de nouvelles annulations de matchs pour cause de cas positifs au sein de certains clubs français, est au contraire le théâtre d’un ras-le-bol généralisé.

Près de 20% des matchs annulés

Le duel d’ouverture de Champions Cup entre Bristol et les Scarlets, gagné sur tapis vert par les premiers en raison d’une multitude de cas positifs, aura finalement donné le ton à des compétitions considérablement hachées.

Samedi, en ajoutant à la liste la victoire sur tapis vert du Racing, aux défaites sur tapis vert de Toulouse et de l’Union Bordeaux-Bègles, ce sont pas moins de onze rencontres de Champions Cup et quatre de Challenge Cup qui n’ont pas été jouées depuis le début de la compétition. Environ 20% des matchs de chacune des compétitions n’ont pu avoir lieu. Au final, seule la troisième journée a pu se dérouler entièrement. 

Le couac de la deuxième journée

Une situation à laquelle tous pouvaient s'attendre. La colère vise surtout les choix, pas toujours compris, de l’EPCR, l’instance dirigeante de ces deux compétitions. Au départ, tout était plutôt clair. Si un trop grand nombre de cas positifs, ou une période d'isolation, empêchaient un club d’aligner une équipe compétitive, le match était remporté sur tapis vert 28-0 par son adversaire. Règle qui a largement profité aux Racingmen, victorieux par deux fois dans ces conditions, et d'ores et déjà qualifiés.

Sauf que le durcissement des restrictions concernant les déplacements entre la France et l’Angleterre décidé par le gouvernement français juste avant la deuxième journée est venu changer la donne et brouiller un peu plus les pistes. Dans un cafouillage inattendu, les rencontres, d’abord reportées, ont finalement été transformées en sept matchs nuls (0-0).

"Une distinction doit être faite entre la décision relative à ces sept matchs de la Journée 2 et la décision d’annuler d’autres rencontres en raison de cas de Covid-19 ou d’isolement forcé affectant la disponibilité des joueurs (…) les clubs impliqués étaient tous disponibles et autorisés à disputer les rencontres si celles-ci n’avaient pas été reportées en raison d’événements imprévus", justifiait alors l'instance.

La colère des clubs français et du Stade Toulousain

Une décision qui n’avait pas manqué de faire réagir les dirigeants des clubs français concernés. Quand le directeur général du Stade Français, Thomas Lombard, regrettait une double sanction sportive et financière "pour les clubs qui devaient jouer à domicile", l’entraîneur de l’UBB Christophe Urios attestait lui que la compétition n’avait plus de sens : "Entre ceux qui perdent avec zéro point, ceux qui ne jouent pas qui ont deux points, c’est nul. Ça m’agace parce que ça fausse la compétition".

La tension est encore montée d'un cran samedi. Si la défaite concédée par Toulouse sur tapis vert face à Cardiff offre la qualification à l'UBB, cette décision pourrait coûter la qualification aux coéquipiers de Romain Ntamack (7e, 7 points). "Nous irons attaquer cette décision en justice car nous assistons à un manque de respect total", a averti Didier Lacroix, président du club de Toulouse, lors d'une conférence de presse samedi.

Une position appuyée par La Ligue nationale de rugby (LNR) dans un communiqué. L’instance en charge du rugby professionnel en France a dénoncé une "décision scandaleuse et totalement infondée". Selon la LNR, le club toulousain, malgré de nombreux cas de Covid-19 dans ses rangs, s'est mis en conformité avec les règles sanitaires en vigueur en France pour préparer ce match à domicile, comme l'impose l’EPCR.

Si le champion d’Europe sortant parvient malgré tout à se qualifier, il n’est pas certain que la pilule soit plus simple à digérer. S’il est éliminé, la situation ne pourrait que s'envenimer et ternir un peu plus une compétition déjà considérablement faussée.

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