Premier League : tradition séculaire, Covid-19, lutte pour le titre... Ce qu'il faut savoir avant le Boxing Day

Comme chaque année, une journée de championnat anglais se tiendra le 26 décembre.

Article rédigé par
Elio Bono - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 6 min.
Granit Xhaka et les Gunners ont un bon coup à jouer lors de ce Boxing Day dimanche. (BEN STANSALL / AFP)

Cette année encore, la Premier League est le seul grand championnat européen à jouer le week-end de Noël, dimanche 26 décembre. Cette pratique, connue sous le nom de "Boxing Day" ("Jour des boîtes" en français), est une véritable institution outre-Manche. Avec six rencontres programmées dans l'après-midi puis en soirée, cette particularité british fait, aussi, le bonheur de nombreux téléspectateurs français soucieux de digérer le festin de la veille. Que vous soyez à table ou sur votre canapé, Franceinfo: sport vous livre les clés pour épater vos convives.

Une tradition so british

Indissociable du football anglais, le Boxing Day est une tradition dont les historiens peinent à retracer les origines exactes. Pour certains, le nom serait tiré d'une boîte (la fameuse "box") où les marins du XVe siècle inséraient de l'argent pour se prémunir des caprices maritimes à l'orée d'expéditions. S'ils revenaient sains et saufs, le pactole était redistribué par le prêtre du village aux plus démunis. D'autres avancent une thèse profane, selon laquelle les aristocrates britanniques du XIXe siècle accordaient un jour de congé à leurs serviteurs le 26 décembre. Ceux-ci rejoignaient alors leurs familles avec une boîte de nourriture.

Aujourd'hui, le Boxing Day fait figure d'incontournable dans le paysage britannique et déchaine les passions. Footballistiquement, la tradition remonte au 26 décembre 1860, et un derby entre Sheffield FC et Hallam FC - antérieure, donc, au championnat lui-même créé en 1888. Car, détail important, le Boxing Day vaut uniquement pour désigner le 26 décembre. Les matchs disputés dans la foulée - jusqu'au 2 janvier cette année - ne doivent ainsi pas porter cette appellation, contrairement à ce qui peut être lu çà et là. 

Comme ici entre Everton et Burnley en 2019, les stades affichent souvent complet pour le Boxing Day. (CRAIG GALLOWAY / PRO SPORTS IMAGES LTD)

Exceptionnellement, la France s'appropriera la tradition le temps d'un hiver, en 2022. La Coupe du monde au Qatar se déroulant en novembre et décembre a quelque peu semé le trouble. La reprise de la Ligue 1, fixée au 28 décembre, constitue ainsi une réelle curiosité. Pas un "Boxing Day" en bonne et dûe forme, mais un bon moyen de surfer sur le succès économique du concept anglais. Le Top 14 ne s'y est d'ailleurs pas trompé en programmant, depuis quelques années, une journée de championnat entre Noël et le jour de l'An. Laquelle draine un public important dans les stades.

Cette année, le Covid s'invite (encore) à la fête

Traditionnellement, la période de fêtes est un moment idéal pour se rendre au stade en famille - en dépit de tarifs souvent exhorbitants. Mais cette année, le Covid-19 risque de chambouler quelque peu les habitudes. L'an passé, le Boxing Day s'était déroulé devant des travées vides. On n'ira pas jusque-là cette fois-ci (contrairement à l'Ecosse ou au pays de Galles, aucune mesure restrictive n'a été annoncée), mais la hausse des contaminations au variant Omicron n'épargne pas les acteurs.

Trois rencontres ont d'ores et déjà été reportées : Liverpool-Leeds, Wolverhampton-Watford ainsi que Burnley-Everton. Dans les trois cas, plusieurs joueurs de l'équipe visiteuse ont été contaminés. La suite d'une longue série, puisque le week-end dernier, six matchs de la 18e journée n'ont pas pu se tenir pour la même raison. Un réel problème, alors que trois journées de championnat sont prévues en une semaine. Malgré le risque d'un championnat tronqué par des reports en pagaille, la Premier League a décidé de ne pas chambouler son calendrier.

Les reports sont décidés au cas par cas. Dans son règlement, la Premier League estime que 14 joueurs aptes suffisent à maintenir un match. Malgré six blessés et cinq joueurs contaminés, Everton a bien cru que sa rencontre contre Burnley ne serait pas reporté...  "Je pense que ce n'est pas juste", avait d'ailleurs déploré l'entraîneur Rafael Benitez avant que le match ne soit finalement reporté vendredi. Comme lui, d'autres acteurs l'ont mauvaise : après l'entraîneur de Chelsea Thomas Tuchel dimanche, Jordan Henderson (capitaine de Liverpool) s'est inquiété mercredi que "personne ne prenne au sérieux le bien-être des joueurs".

La lutte pour le titre : City peut creuser l'écart

Malgré ces péripéties, six matchs restent au programme dimanche. L'occasion est énorme, pour Manchester City, de prendre ses distances sur la concurrence. Sur le trône avec trois points d'avance sur Liverpool et six sur Chelsea, les Skyblues reçoivent Leicester, 9e au classement (16h). En poursuivant son impressionnante série de huit victoires d'affilée, City peut distancer des Reds privés de match. 

Derrière, Chelsea accuse le coup. Toujours dans la course pour le titre, les Blues avancent au petit trot et n'ont gagné qu'un seul de leurs quatre derniers matchs de championnat. Leur déplacement à Aston Villa (18h30) fait figure de test pour mesurer le caractère des Londoniens. Les Villans, 10es, cartonnent depuis la nomination de Steven Gerrard (Quatre succès pour deux revers) et visent un succès de prestige. N'Golo Kanté et les siens seraient inspirés de se relancer avant deux confrontations directes contre Liverpool puis City en janvier.

La lutte pour la C1 : Arsenal est devant, mais...

Comme un petit air de la décennie passée, Arsenal est 4e (32 points en 18 matchs). Après un départ cauchemardesque, les Gunners ont rectifié le tir et restent sur trois succès fringants. Si le club du Nord de Londres a retrouvé de l'appétit, sa place ne tient en réalité qu'à un fil. Manchester United (6e avec cinq points de retard et deux matchs en moins) et Tottenham (7e, six points de retard et trois rencontres à disputer) peuvent passer devant une fois le calendrier remis en ordre. Les joueurs de Mikel Arteta vont tout de même tenter de confirmer leur embellie à Norwich, lanterne rouge (16h).

Au même moment, Tottenham accueillera Crystal Palace (11e) pour un énième derby londonien. Il ne s'agit pas, non plus, d'oublier West Ham. Les Hammers marquent le pas en décembre, mais restent 5es de Premier League. Une victoire contre Southampton (15e) les remettrait dans la roue d'Arsenal, quatre points devant (avec un match en plus).

Revigoré par l'arrivée de Ralf Rangnick (Trois succès de rang), Manchester United jouera seulement lundi, à Newcastle. Si une incertitude subsiste sur l'état de forme des Reds Devils, privés de matchs depuis deux semaines, ceux-ci ont un bon coup à jouer à St James' Park. Le nouveau riche Newcastle ne met pas un pied devant l'autre (19e) et a tout de la victime expiatoire.

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