Cet article date de plus de deux ans.

Paralympiques 2021 : "On se sent gonflé à bloc et fier", se réjouit Stéphane Houdet, porte-drapeau tricolore

Le champion de tennis fauteuil guidera la délégation française, au côté de la judokate Sandrine Martinet, lors des Jeux paralympiques de Tokyo (24 août au 5 septembre).

Article rédigé par Apolline Merle, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Stephane Houdet, champion de tennis fauteuil, a été élu porte-drapeau pour les Jeux paralympiques.  (MILLEREAU PHILIPPE / KMSP / AFP)

Ils seront quatre à emmener la délégation française lors des cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques et paralympiques à Tokyo. Clarisse Agbegnenou, Samir Ait Saïd, Sandrine Martinet et Stéphane Houdet ont été élus pour être les portes-drapeaux tricoloresStéphane Houdet, dont le palmarès est déjà bien garni avec ses 23 titres du Grand Chelem, dont quatre en simple et ses quatre médailles paralympiques, a confié sa joie et sa fierté de représenter la France à Tokyo.

Franceinfo sport : Comment avez-vous appris la nouvelle de votre élection en tant que porte-drapeau pour les Jeux paralympiques de Tokyo ?

Stéphane Houdet : En plusieurs temps. On a d'abord eu une information du comité paralympique disant que l'annonce se ferait samedi 3 juillet et que le directeur du comité, Elie Patrigeon, allait nous appeler un par un, les quatre lauréats. Mais le vendredi matin à l'entraînement, et alors que je suis d'habitude toujours sur silencieux et qu'il est difficile de me joindre, au moment où je fais une pause pour me rafraîchir, je vois un appel d'Elie. J'imaginais bien qu'il avait quelque chose à me dire, mais je ne pensais pas qu'il s'agirait des résultats de l'élection. Quand il m'a annoncé le résultat, j'ai été surpris. Dans l'après-midi, j'ai reçu un appel de félicitations de Marie-Amélie Le Fur. J'avais du mal à y croire. 

Et vous deviez garder cette information pour vous avant l'annonce officielle le lundi soir... 

Oui, au moment de cet appel, j'étais sur le court avec un sparring-partner. Je ne pouvais donc pas exploser de joie, car on nous avait demandé de garder le secret. J'ai essayé d'être modéré et discret, mais il a compris. Quand je suis rentré chez moi, je l'ai seulement dit à mon épouse et on a fêté ça ensemble.

Qu'avez-vous ressenti quand vous avez appris la nouvelle ?

Chaque Français a, en lui, un petit bout du drapeau. On se sent gonflé à bloc d'être devant toute l'équipe et nos compatriotes.

Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

Je pense que c'est un rôle de capitaine. On confie cette mission à un binôme qui a déjà gagné, qui a l'expérience de l'événement. Il faut savoir l'appréhender tout en étant concentré sur la performance et avoir la faculté de mettre l'événement à distance. Car les Jeux sont une épreuve magique, et la première fois, on est émerveillé, et on peut donc consommer beaucoup d'énergie si on ne fait pas attention. C'est toujours ce qui arrive quand on découvre l'événement la première fois, avec un pays hôte qui est mobilisé, qui agite tous les drapeaux de toutes les nations, que tu découvres un univers international de paix, sportif, et où tout le monde se mélange.

Samir Aït Said, Sandrine Martinet, Stéphane Houdet et Clarisse Agbegnenou (de g. à d.) sont les quatre portes-drapeaux français.  (MILLEREAU PHILIPPE / KMSP / AFP)

Est-ce qu'être porte-drapeau vous rajoute une certaine pression pour votre compétition ?

Pour moi, c'est comme quand on est en Grand Chelem. D'un seul coup, il y a plus d'attention qui vous est portée. Comme il y a plus de monde qui me regarde, ça m'aide. C'est un élément de motivation supplémentaire, car quand on fait plus attention à toi, tu fais plus attention à ce que tu fais. Cette attention est bénéfique pour moi, je me concentre plus et je m'engage encore plus.

Dans la vidéo qui présente votre candidature, vous expliquez que la notion de transmission est importante pour vous envers la nouvelle génération d'athlètes...

Pour moi, la transmission est une valeur importante car elle s'inscrit dans le temps, alors que l'humain n'est que de passage. J'ai grandi avec cette notion.

Avez-vous pu échanger avec d'anciens portes-drapeaux, afin qu'ils vous conseillent et vous parlent de leur expérience?

Il y a trois semaines, je suis allé au French riviera Open (tournoi ITF Super Series de tennis-fauteuil), avec Michaël Jérémiasz (porte-drapeau à Rio en 2016). Il ne m'a pas donné de conseils sur le rôle des portes-drapeaux. Il m'a juste dit 'j'espère que tu le seras, parce que c'est un excellent moyen d'être une voix dans le monde sportif.'

Avec les trois autres athlètes élus portes-drapeaux, Clarisse Agbegnenou, Samir Ait Saïd et Sandrine Martinet, un lien s'est-il créé entre vous ?

Je pense que oui. On s'est retrouvés tous les quatre à passer une journée remplie de sourires, de joie, de blagues et de partage. On a beaucoup rigolé, blagué car je peux mettre ma prothèse dans la même position que la jambe de Samir Ait Saïd aux derniers Jeux [le 6 août 2016, à la suite d'une mauvaise réception lors d'un saut, il s'est blessé gravement et sa jambe était restée bloquée en équerre]. On est très chambreurs en équipe de France. On parlait de l'équipe unie et réunie et que finalement Samir était un athlète olympique et paralympique. On s'est fait des blagues comme ça. On a même des photos où Clarisse et Sandrine nous font une prise de judo et nous soulèvent au-dessus de leurs épaules. C'était une supère belle journée.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.