Reportage Paris 2024 : le futur héritage des Jeux pose question en Seine-Saint-Denis, département le moins bien doté en équipements sportifs

La Seine-Saint-Denis va-t-elle bénéficier des installations sportives et de leurs rénovations après les Jeux ? Le doute est de rigueur pour plusieurs acteurs du département le plus pauvre de France métropolitaine.
Article rédigé par Noémie Bonnin
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le parc des sports de la Briqueterie, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

À J-100 des Jeux olympiques et paralympiques à Paris, l’héritage laissé par cet événement mondial pour les habitants d’Île-de-France pose question. C'est le cas notamment de la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France métropolitaine, qui héberge plusieurs sites olympiques dont les épreuves d'athlétisme au Stade de France, à Saint-Denis. Le département est aujourd'hui le moins bien doté en équipements sportifs et, malgré les constructions nouvelles, la situation peine à s’améliorer.

L'exemple du parc des sports de la Briqueterie, à Bagnolet, est éloquent. Serge Reitchess a fait la visite des lieux à franceinfo. "Ce sont des installations qui sont complètement obsolètes, explique ce professeur d’EPS à la retraite et coresponsable du collectif d’usagers de défense du sport scolaire et associatif. Vous avez le plafond avec les dalles tombées, les poubelles ne sont pas là pour récupérer les papiers, elles sont là pour récupérer les infiltrations d'eau ! Vous avez, au fond, des bouts de revêtement du mur qui s'écroulent. Sans compter ces grandes baies vitrées, qui font que l’été c’est une fournaise et que l’hiver il fait très froid. Ce n’est pas du tout aux normes." 

Des poubelles installées dans le gymnase pour récupérer les infiltrations d'eau. (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

Le stade et la piste de course sont également très vieillissants. Ces équipements sportifs, en plus d'être en mauvais état, sont très peu nombreux au regard de la population, avec 16 équipements pour 10 000 habitants dans le département, 25 en Ile-de-France, contre 50 en moyenne en France et deux fois moins de piscines. Une situation qui joue forcément sur la pratique des élèves, explique Marie-Hélène Plard, directrice d’une école. "Il y a souvent une distance, ce qui fait que pour aller au gymnase il y a le temps de déplacement, quand on a encore cette possibilité, explique celle qui est aussi cosecrétaire du syndicat FSU-SNUipp en Seine-Saint-Denis. Mais bien souvent, dans une école, le seul espace disponible est la cour de récréation, ce qui limite forcément les activités qu'on peut proposer à nos élèves."

Des créneaux de natation supplémentaires

Alors est-ce que les Jeux seront un accélérateur pour ce département en termes d’équipements sportifs ? On en est loin, juge Serge Reitchess. "Oui, il y a des installations mythiques qui sont sorties de terre, reconnaît l'enseignant. Le centre aquatique olympique est merveilleux, mais 175 millions d'euros ça fait dix piscines. Il y en a d'autres mais vous n'avez pas une construction suffisamment en nombre qui va permettre de rattraper les 16 installations sportives pour 10 000 habitants."

La solution, selon ce collectif, serait que l’État aide les collectivités à rénover et construire stades, gymnases et piscines. C’est aussi la demande du conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Mais les Jeux vont bien permettre aux habitants de pratiquer plus facilement, assure Zaïnaba Saïd-Anzum, l’adjointe déléguée aux Sports.

"C'était l'objectif, d'avoir des équipements qui servent par la suite aux habitants. Tout a été fait en concertation avec les publics."

Zaïnaba Saïd-Anzum, conseillère départementale aux Sports

à franceinfo

L’élue promet notamment que des créneaux supplémentaires de natation seront accessibles aux scolaires et rappelle que depuis 2015, le département a déjà investi 75 millions d’euros pour les piscines.

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