Coupe du monde 2022 : la France au rendez-vous, le Japon et la Corée du sud au finish, l'Allemagne et la Belgique aux oubliettes... Ce qu'il faut retenir de la phase de groupes

Le premier tour de ce Mondial au Qatar vient de se terminer, vendredi, avec son lot de confirmations, de surprises et de déceptions.
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Kylian Mbappé (France), Kevin de Bruyne (Belgique) et Hwang Hee-chan (Corée du Sud), durant la Coupe du monde 2022 de football, au Qatar (Jewel SAMAD / AFP - Gabriel BOUYS / AFP - JUNG Yeon-je / AFP)

Du suspense, des retournements de situation incessants, des David qui font tomber des Goliath... Sur le plan strictement sportif, ce premier tour de Coupe du monde n'aura pas déçu. Il aura été également marqué par un nivellement des valeurs, et plutôt vers le haut. Il est en revanche difficile, avec ce resserrement, de ressortir un véritable favori. La France et le Brésil, deux des principaux candidats plébiscités par les bookmakers, ont séduit par séquences mais ils ont tous les deux perdu un match pour l'honneur. Mais au moins seront-ils au rendez-vous des huitièmes de finale. Un luxe que ne pourront pas s'offrir l'Allemagne et la Belgique, qui ont implosé en vol. D'autres équipes, quant à elles, planent en pleine euphorie. Revue d'effectif. 

Les confirmations : la France et le Brésil assurent

Le tenant tien bon. Hormis un accroc sans conséquences, sinon pour la dynamique, face à la Tunisie, les champions du monde ont fait plutôt bonne figure. Solides contre l'Australie, réactifs face au Danemark, la France a franchi l'écueil sans laisser de plumes et en dévoilant, certes partiellement, un potentiel énorme. Les jambes en fusion de Mbappé et la vista retrouvée de Griezmann sont incontestablement les catalyseurs bleus. 

Plus sinusoïdale que la courbe française, celle de l'Angleterre pointe tout de même vers le haut. En dehors du non-match contre les Etats-Unis, les Three Lions ont rugi clair et fort durant cette première phase. L'équipe de Gareth Southgate est suffisamment complète pour voyager loin et viser le titre. Mais ne dit-on pas ça lors de chaque Coupe du monde où elle est alignée ? Le huitième de finale face au Sénégal, autre cador qui a tenu son rang malgré un revers contre les Néerlandais, donnera quelques indices sur la crédibilité de l'Angleterre. Les Pays-Bas, justement, ont passé la première phase sans trembler, mais sans montrer grand-chose non plus. Plus discrets qu'à l'accoutumée, où leur confiance passe souvent pour de l'arrogance, les Oranje ne roulent pas des mécaniques. Ce qui les rend plus dangereux ? 

Parfois également inconstant, comme l'Angleterre, le Portugal a souvent enflammé cette première phase par son jeu léché avant de baisser de pied contre la Corée du sud. Déjà qualifiée au coup d'envoi de ce match, la Seleçao s'appuie sur une génération en pleine possession de ses moyens mais elle attend encore le réveil définitif de Cristiano Ronaldo pour rêver les yeux grands ouverts. Elle jouera sa place en quart de finale contre la Suisse qui est passée par un trou d'emmental pour se qualifier derrière le Brésil. 

L'autre Seleçao n'aura pas déçu, loin de là, durant cette phase. Mais elle n'aura pas laissé non plus un souvenir impérissable. Touché dans sa chair avec la blessure de Neymar dès le premier match, le Brésil a semblé s'économiser. Qui veut voyager loin ménage sa monture... 

Le cas de l'Argentine est totalement à part. Apathique pour son entrée en lice face à l'Arabie Saoudite, l'Albiceleste a encore eu le ballon qui qui lui brûlait les pieds face au Mexique. Jusqu'à ce but de Lionel Messi qui a réveillé toute une nation. Il était temps. Depuis, cette équipe qui restait sur 36 matchs sans défaite avant le début de la compétition a rappelé, face aux plots polonais, qu'elle devait être prise au sérieux. 

Les surprises : le Maroc et l'Asie à la fête

Le Maroc qualifié en huitième de finale du Mondial n'est, en soi, pas une surprise au regard de la qualité de cet effectif. Mais terminer premier d'un groupe qui comprenait également la Croatie et la Belgique, en revanche, relève de l'exploit. Moins calculateurs que les deux derniers cités, les Lions de l'Atlas ne doivent qu'à eux-mêmes cette qualification qui les propulse dans les pas de l'équipe des Madjer et autres Krimau qui avait atteint ce stade en 1986 au Mexique. Même si elle ne s'est pas qualifiée, l'Arabie Saoudite aura été l'une des grandes révélations de ce premier tour, notamment grâce à sa magnifique victoire contre l'Argentine. Elle ne sera pas en phase finale mais son enthousiasme et les discours épiques de Hervé Renard résonneront encore longtemps. 

Les Etats-Unis et l'Australie. Deux pays immenses géographiquement, deux géants de l'histoire du sport. Mais des "nains" en Coupe du monde de football. C'est peut-être en train de changer. Américains comme Australiens, sans révolutionner le jeu, se sont montrés suffisamment solides pour se sortir de leurs poules respectives et tout le monde s'accorde à dire qu'ils seront pénibles à jouer pour les Néerlandais et les Argentins. 

Comme pour le Maroc, ce n'est pas l'accession du Japon en huitième de finale qui est surprenante, c'est le fait que les Nippons aient devancé eux aussi deux mastodontes du foot mondial, l'Espagne et l'Allemagne, pour y parvenir. Mais les Samouraï Bleus ont bel et bien battu, à la régulière, ces deux formations et ont décroché, après 2018, une seconde qualification de rang au tour principal, une grande première au Pays du soleil levant. 

Celui du matin calme, lui, portera sans doute mal son nom demain au réveil après l'exploit de la Corée du sud. Face au Portugal, déjà qualifié, les Guerriers Taeguk y ont cru jusqu'au bout pour finalement renverser la table du Groupe H grâce à un but dans les derniers instants.

Les déceptions : le Danemark la tête ailleurs, l’Espagne joue avec le feu

Difficile de départager Allemagne et Belgique au rang de désillusion numéro 1 de cette Coupe du monde. Le Nationalelf s'est d'abord fait surprendre par le Japon. Il a ensuite profité de la mansuétude espagnole pour décrocher un nul presque inespéré avant de l'emporter, inutilement, contre le Costa Rica. Le déclin affiché par les Allemands, sur ces quatre dernières années, se confirme. La chute de la Belgique était en revanche moins prévisible. Portés par une génération dorée, mais en fin de cycle, les Diables rouges ont incroyablement déçu au Qatar. 

Le Danemark n'était pas cité au même rang que les Allemands ou les Belges au coup d'envoi de la compétition mais il arrivait avec une sérieuse étiquette d'outsider. Celle-ci s'est arrachée au premier coup de vent. S'ils s'en défendent, les seuls représentants scandinaves de ce Mondial ont peut-être payé, sur le terrain, leur activisme à l'encontre du pays organisateur

Ce dernier, justement, n'a pas pu compter sur son équipe nationale pour redorer une réputation largement écornée. Le Qatar, avec trois défaites en autant de matchs, n'a pas su se libérer de la pression inhérente au pays hôte et peut mesurer le chemin à parcourir avant de devenir une référence dans ce sport. Le pays de Galles et le Mexique l'ont été à des époques différentes mais, pour les deux pays, celles-ci sont bien révolues. 

Qualifiée, mais par la toute petite porte, l'Espagne doit sa place dans cette catégorie au sentiment d'incompréhension, voire d'ennui, qu'elle fait naître. Incontestablement douée, la Roja donne parfois l'impression de "jouer à la baballe", affichant ainsi une suffisance qui a failli lui coûter très cher. 

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