JO 2022 : le Japon n'enverra pas de responsables ministériels à Pékin

Après les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie et le Canada, les autorités japonaises ont annoncé vendredi qu'elles n'enverront pas de responsables ministériels en Chine.

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Le Premier ministre japonais Fumio Kishida, à Tokyo, le 21 décembre 2021. (MASANORI GENKO / YOMIURI)

Le Japon n'enverra pas de responsables ministériels aux Jeux olympiques d'hiver en février à Pékin, a annoncé vendredi 24 décembre le gouvernement nippon, après les boycotts diplomatiques décidés par plusieurs pays occidentaux, dont les Etats-Unis. Ces derniers accusent le pays hôte de ne pas respecter les droits de l'Homme.

Le porte-parole du gouvernement japonais, Hirokazu Matsuno, a évité de qualifier la décision de boycott, mais a déclaré que le Japon "ne prévoit pas d'envoyer de responsables gouvernementaux" aux JO d'hiver en Chine. 

"Le Japon estime qu'il est important que les valeurs communes partagées par la communauté internationale, telles que la liberté, les droits de l'Homme et l'Etat de droit, soient également respectées en Chine"

Hirokazu Matsuno, porte-parole du gouvernement japonais

La présidente du comité d'organisation des Jeux de Tokyo Seiko Hashimoto se rendra en revanche sur place, ainsi que le président du comité olympique japonais Yasuhiro Yamashita, a précisé le porte-parole du gouvernement nippon. Mme Hashimoto ira à Pékin "pour exprimer gratitude et respect aux athlètes et aux autres personnes qui ont soutenu les Jeux de Tokyo" organisés l'été dernier, a-t-il ajouté.

Des représailles de la part de la Chine ?

Le Japon a pris cette décision après "un examen approfondi" de la question. Elle est intervenue après que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie et le Canada ont annoncé ce mois-ci un boycott diplomatique des Jeux d'hiver de Pékin (4-20 février 2022) pour dénoncer des atteintes aux droits de l'Homme en Chine.

La Chine a prévenu ces quatre pays occidentaux, qui enverront des athlètes aux Jeux mais pas de responsables officiels, qu'ils paieraient "le prix de leur mauvais coup", sans préciser quelles représailles étaient envisagées.

Vendredi, le porte-parole à Tokyo a souligné que "le gouvernement japonais ne pensait pas utiliser une expression particulière concernant la présence du Japon" aux JO d'hiver en Chine. Et il a relevé que l'annonce du gouvernement américain ne comprend pas l'expression "boycott diplomatique".

Une position diplomatique délicate 

Le Japon, hôte des Jeux de Tokyo 2020 reportés d'un an à cause du coronavirus, se trouve dans une position diplomatique délicate entre les Etats-Unis et la Chine, deux partenaires commerciaux de première importance. Le pays n'avait jusque là pas fait connaître sa position.

La Corée du Sud, un autre allié des Etats-Unis, a pour sa part annoncé en début de semaine dernière qu'elle ne boycotterait pas diplomatiquement les Jeux, invoquant la nécessité de continuer à coopérer avec la Chine. De son côté, la Russie considère le "boycott diplomatique" comme une tentative de politiser les JO et a confirmé que le président Vladimir Poutine irait aux JO d'hiver de Pékin.

Le Comité international olympique (CIO) a quant à lui invoqué sa "neutralité" sur la question, refusant de commenter des "décisions purement politiques" et se réjouissant surtout de l'absence de boycott sportif.

Selon des organisations de défense des droits de l'Homme, au moins un million de Ouïghours et d'autres minorités turcophones, principalement musulmanes, sont incarcérés dans des camps au Xinjiang. La Chine est accusée d'y stériliser de force les femmes et d'imposer un travail forcé. Les Etats-Unis dénoncent "un génocide" à ce sujet. Pékin affirme que les camps sont en fait des "centres de formation professionnelle" pour lutter contre la radicalisation.

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