La Chine est responsable d'un "génocide" des Ouïghours, estiment des experts et avocats

Le "Tribunal ouïghour" réuni à Londres s'est basé sur de nombreux témoignages et documents d'associations et chercheurs pour qualifier les actes de Pékin envers cette minorité musulmane chinoise.

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Des membres du "Tribunal ouïghour" se réunissent à Londres, le 4 juin 2021. (TOLGA AKMEN / AFP)

Leurs conclusions sont le résultat de plusieurs mois de travail. Un groupe d'avocats et d'experts des droits humains réunis à Londres a conclu jeudi 9 décembre que la façon dont la Chine traite les Ouïghours relevait du génocide. Les neuf membres du "Tribunal ouïghour", qui n'est affilié à aucun gouvernement, ont écouté de nombreux témoignages et examiné des preuves apportées par des chercheurs indépendants et des associations sur le traitement qu'est infligé à cette minorité musulmane par Pékin.

Dans un rapport de 63 pages, les experts ont expliqué qu'il n'y avait aucune preuve de massacre de la minorité musulmane ouïghoure, mais que "les éléments d'un génocide intentionnel" tels que définis par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de l'ONU étaient pourtant "établis".

"La République populaire de Chine a commis un génocide en imposant des mesures de prévention des naissances destinées à détruire une partie importante des Ouïghours du Xinjiang."

Les experts du "Tribunal ouïghour"

dans un rapport

Selon eux, les ablations de l'utérus, les avortements et les poses de stérilets forcées chez les femmes ouïghoures par l'Etat chinois "se traduiront par un nombre de naissances nettement inférieur à ce qu'il aurait pu être dans les années à venir" et une "destruction partielle des Ouïghours". Les neuf experts ont aussi estimé la Chine responsable "au-delà de tout doute raisonnable" de "crimes contre l'humanité", citant des "emprisonnements, actes de tortures, viols, violences sexuelles, stérilisations forcées et autres actes inhumains".

Pékin dénonce une "farce politique"

Selon des organisations de défense des droits humains, au moins un million de Ouïghours et d'autres minorités turcophones, principalement musulmanes, sont incarcérés dans des camps au Xinjiang. Outre la stérilisation forcée des femmes, la Chine y est accusée d'imposer le travail forcé.

Pékin conteste et affirme qu'il s'agit de centres de formation professionnelle destinés à les éloigner du terrorisme et du séparatisme. "Le prétendu 'verdict final' de cette machine à fabriquer des mensonges est une farce politique", a réagi dans un communiqué le ministère chinois des Affaires étrangères.

En janvier, les Etats-Unis avaient déjà affirmé que le traitement des Ouïghours relevait du "génocide".

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