JO 2021 - Basketball : pourquoi les Bleus peuvent encore battre les Etats-Unis

L'équipe de France de basket masculine affronte la Team USA, dimanche 25 juillet, en ouverture de son tournoi olympique. Avec de bonnes et sérieuses raisons d'espérer. 

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Rudy Gobert au dunk face aux Américains lors du quart de finale des championnats du monde 2019 en Chine, le 11 septembre.  (LINTAO ZHANG / AFP)

Depuis l'apparition de la mythique Dream Team aux JO de Barcelone en 1992, le phénomène s'est quelque peu érodé. L'équipe US ne déchaîne plus les passions comme ce fut le cas en Catalogne où chacun des faits et gestes de Michael Jordan, Magic Johnson, Larry Bird ou Charles Barkley était épié par des millions de fans enamourés à travers le monde. L'effet de surprise ne joue plus autant, forcément, mais l'équipe nationale de basket américaine fascine toujours. Elle fascine, oui, mais fait moins peur.

Au gré de quelques défaites concédées ici et là, la Team USA ne possède plus cette aura d'invincibilité, ce statut d'intouchable. Les Bleus, qui ouvrent leur bal olympique face aux Américains dimanche 25 juillet (14 heures), ont tout intérêt à en avoir bien conscience. Voici quelques raisons objectives, à peine agrémentées d'une pointe de mauvaise foi, qui laissent à penser que la France va battre les Etats-Unis.

La France est la dernière nation à avoir battu les Etats-Unis en compétition officielle

L'exploit, certainement l'un des plus grands de l'histoire du sport collectif tricolore, est encore tout frais dans les têtes françaises et dans la chair américaine. En quarts de finale des championnats du monde 2019 en Chine, l'équipe de Vincent Collet s'offre le scalp des Yankees au terme d'un match dingue (89-79). Lessivés physiquement et mentalement par cette performance, les Bleus s'écrouleront en demies face à l'Argentine, mais ils demeurent à ce jour la dernière équipe à avoir battu les USA en match officiel. Cela vous pose une nation. 

C'est donc bardés de confiance que les coéquipiers de Rudy Gobert vont tenter le "same player shoot again". Les joueurs français sont quasiment tous les mêmes que lors de l'épopée chinoise et, pour la plupart, ils sont encore meilleurs. C'est notamment le cas de Gobert, de nouveau élu meilleur défenseur de la NBA, et qui compte bien martyriser ses collègues de bureau. 

Les Américains pas au complet 

Si LeBron James, Stephen Curry ou James Harden avaient répondu favorablement à l'appel du drapeau étoilé, la question de savoir si la France pouvait battre les USA ne se poserait sans doute pas et cet article n'aurait jamais existé. Ce n'est pas être excessivement anti-patriotique d'affirmer cela. Simplement lucide. Les Etats-Unis possèdent toujours les meilleurs joueurs du monde lorsqu'ils ne sont pas Grecs (Antetokounmpo), Serbes (Jokic), Slovènes (Doncic) ou Camerounais (Embiid).

Pas de Français dans cette liste, mais les Bleus compensent par une cohésion et des automatismes que les Américains n'ont pas, en raison du turnover incessant qui perturbe leur équipe. Entre blessures ou choix personnels, Gregg Popovich devra, pour ces JO, composer avec une "équipe B".

Equipe B, le terme est tout relatif quand on possède dans ses rangs un certain Kevin Durant. L'ailier des Brooklyn Nets est la seule mégastar de cette équipe mais "KD", malgré ses bras tentaculaires, ne pourra pas tout faire. Certes, Damian Lillard est plus qu'un lieutenant de classe, mais le fait est que Popovich dispose cette année de soldats au grade peut-être moins huppé que par le passé. 

Certains joueurs américains sont sur les rotules

Les finales NBA à peine terminées, et les Bucks Jrue Holiday et Khris Middleton fraîchement sacrés aux dépens de Devin Booker (Phoenix), qu'il faut déjà, pour ces trois joueurs capitaux dans la rotation de la Team USA, s'envoler pour Tokyo. Dans quel état de fraîcheur débarqueront-ils au Pays du Soleil Levant ? Les deux premiers cités irradieront encore de leur titre NBA, quand le Sun sera plutôt sur la pente couchante.

Gregg Popovich, le coach légendaire des Spurs qui "pige" pour la sélection nationale, est presque fataliste : “Je n’ai aucune idée de l’état dans lequel ils seront. S’ils arrivent la veille du match, peut-être que le jet-lag fera effet deux jours après et qu’ils seront prêts pour le match ? Nous avons envisagé de nombreux scénarios, mais nous n’avons pas encore trouvé de solution.”

Le Nigéria et l'Australie ont montré le chemin

Certes, ce n'était que des matchs de préparation. Mais Nigérians et Australiens ont prouvé, si besoin était, que cette formation de l'Oncle Sam était prenable. Si l'on veut revenir à la mauvaise foi évoquée plus haut, on taira donc le fait que les Américains ont redressé la barre face à l'Argentine (108-80) et à l'Espagne, championne du monde en titre (83-76), alors que les Bleus ont perdu leurs trois matchs de préparation (contre l'Espagne par deux fois et face au Japon). L'exploit en marche vaut bien quelques petits arrangements avec la vérité. 

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