Wimbledon 2024 : entre gestion des émotions et envie de saisir une seconde chance, dans la tête des "lucky losers"

Les trois Français Giovanni Mpetshi Perricard, Elsa Jacquemot et Luca Van Assche, repêchés à Wimbledon, racontent comment ils ont géré ce statut de "lucky loser".
Article rédigé par Sasha Beckermann - à Wimbledon
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 3 min
Giovanni Mpetshi Perricard, Elsa Jacquemot et Luca Van Assche. (AFP)

On les appelle les "lucky losers", "perdants chanceux" en français. À chaque Grand Chelem, ces joueurs et joueuses, éliminés en qualifications, puis repêchés à la faveur de l'abandon d'autres du tableau principal, parviennent à nous surprendre. Cette année, sur le gazon anglais, c'est le cas du Français Giovanni Mpetshi Perricard. Éliminé au troisième tour des qualifications par Maxime Janvier, le Lyonnais a été repêché, puis s'est offert mardi Sebastian Korda, tête de série n°20. Rien que ça. Il affronte, jeudi 4 juillet, le Japonais Yoshihito Nishioka.

Dans les tournois classiques, le classement des lucky losers est établi en fonction des classements ATP et WTA parmi les éliminés du troisième tour des qualifications. Pour les Grands Chelems, c'est un tirage au sort qui détermine la position des lucky losers.

Une deuxième chance à saisir

"Je n'étais pas nerveux, c'était ma première fois ici à Wimbledon, a-t-il expliqué après sa victoire. Je me suis juste dit qu'il fallait que je profite du moment, que je profite de jouer. Je me suis juste dit : 'Allez c'est parti.'" Giovanni Mpetshi Perricard a eu de la chance : il a été prévenu deux jours avant qu'il ne rentre dans le tableau principal face à Sebastian Korda.

Cela n'a pas été le cas pour la Française Elsa Jacquemot, presque prête à repartir en France. "Je m'étais quand même inscrite cette semaine à un tournoi sur terre, à Montpellier, en France, parce que si je perdais en qualifications, je savais que j'enchaînais avec ce tournoi-là", retrace la joueuse de 21 ans. La Lyonnaise a été éliminée par Olivia Gadecki, au troisième tour des qualifications (7-5, 4-6, 6-3).

Après avoir appris qu'elle était en quatrième place des lucky losers, elle a dû faire un choix entre le tournoi de Montpellier et rester à Londres, en espérant qu'il y ait assez d'abandons. "Il fallait que quatre filles abandonnent pour que je rentre. Tu sais que si tu choisis d'être lucky loser comme moi je l'ai fait, tu n'as aucune garantie de rentrer. Ça dépend des filles qui sont dans le tableau. Mais un Grand Chelem, ça ne se néglige pas. Tu prends le temps de réfléchir." Et c'est finalement l'abandon de Victoria Azarenka qui lui a offert une place dans le tableau principal.

"Quand j’y suis allée, je me suis dis : 'C’est le destin' et je sais que surtout chez les femmes tout peut arriver."

Elsa Jacquemot

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Sauf que la jeune femme apprend qu'elle va bel et bien jouer à peine une heure avant le début supposé de son match, alors qu'il y avait déjà une manche de terminée sur celui programmé avant le sien. "La juge m'appelle et me demande si je suis prête et si je suis là. Elle me dit : 'Il y a déjà un set sur ton court, tu joues juste après'", raconte la joueuse, qui concède avoir été traversée par des émotions contraires. "C'est très dur. Il y a un côté où je suis vraiment contente, mais d'un autre côté tu dois être sur le court dans trente-quarante minutes. Il faut s'échauffer, te préparer... Tu te dis que tu as une nouvelle chance de performer mais psychologiquement je n'étais pas non plus prête à jouer." Elle a été éliminée par Sloane Stephens (6-3, 6-3). 

Luca Van Assche, 20 ans, est le troisième Français à avoir pu bénéficier d'un abandon. "Je savais que j'avais des chances de rentrer, j'étais deuxième et il y a pas mal de joueurs qui étaient assez incertains." L'abandon de Corentin Moutet, dès les tirages au sort du tableau général, lui a rapidement permis de passer premier lucky loser. Et c'est finalement celui de l'Allemand Dominik Köpfer qui lui a permis d'entrer dans le tableau principal. "C'est vrai que ce sont des journées qui ne sont pas évidentes. C'est un peu bizarre parce que d'un côté tu te prépares pour un tournoi, mais tu n'es pas sûr de le jouer. J'apprends le dimanche à 18 heures que je joue Fabio Fognini le lendemain à 11 heures. Il n'y a pas beaucoup de temps pour se préparer", glisse le Français, finalement éliminé par l'Italien en trois sets (6-1, 6-3, 7-5).

Si ce statut de lucky loser offre aux joueurs une seconde chance particulière mais irrefusable dans un tournoi du Grand Chelem, c'est encore une toute autre histoire de passer un tour. Une opportunité saisie, déjà, par le jeune Giovanni Mpetshi Perricard qui rêve de poursuivre son aventure londonienne. 

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