Roland-Garros : Nadal et Swiatek prêts à remettre ça, le baromètre à deux semaines du rendez-vous parisien

À l’issue du Masters 1000 de Rome, dernière grosse étape avant Roland-Garros, focus sur les états de forme des candidats au sacre Porte d’Auteuil.

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Rafael Nadal a dominé Novak Djokovic en finale du Masters 1000 de Rome dimanche 16 mai 2021 (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Roland-Garros droit devant ! À moins de deux semaines du début de la quinzaine parisienne, les prétendants au deuxième Grand Chelem de la saison ont, pour la plupart, achevé leurs tournois de préparation. Les deux tenants du titre, Rafael Nadal chez les hommes, et Iga Swiatek chez les dames, ont marqué les esprits et seront candidats à un nouveau sacre Porte d'Auteuil.

Nadal reste Nadal

Empereur à Rome, prince à Monte-Carlo, roi à Paris, Rafael Nadal est encore loin d’avoir abdiqué. Son règne sur terre battue ne souffre d’aucune contestation quand bien même les prétendants, jeunes ou vieux, pilonnent ses fortifications. Si sa campagne 2021 n’affiche pas un carton plein, à l’image de ses précédentes saisons, l’Espagnol a tout de même engrangé deux tournois avant son retour à Roland-Garros. Depuis son avènement en 2005, il a toujours remporté un Masters 1000 sur la route de Paris. Dans la capitale italienne, Nadal réussit même la passe de dix. "Après avoir atteint les dix titres à Roland-Garros, les dix à Monte-Carlo, les dix à Barcelone, je voulais vraiment celui-là", a-t-il indiqué après sa victoire dimanche 16 mai. Pendant sa semaine romaine, le N.3 mondial a parfois vacillé – deux balles de match sauvées en huitièmes contre Shapovalov – sans jamais tomber. Il a envoyé un message fort en éliminant stars montantes (Sinner, Shapovalov, Zverev) et rival historique (Djokovic). Le 57e Nadal-Djokovic, le sixième en finale à Rome, a confirmé cette tendance malgré un passage à vide dans la deuxième manche (7-5, 1-6, 6-3). "J'ai vécu beaucoup de choses pendant cette semaine: de très bons moments, un peu de chance, des moments de souffrance, mais au bout du compte, je pense avoir livré un tennis solide", a affirmé l’Espagnol qui va occuper ses deux prochaines semaines à peaufiner son jeu et reposer son mental.

Djokovic, du neuf avec du vieux

Sa dernière finale contre Rafael Nadal sur terre battue, à Roland-Garros en octobre, lui était restée en travers de la gorge (6-0, 6-2, 7-5). Une leçon que Novak Djokovic souhaitait effacer. Malgré la défaite contre son "plus grand rival de tous les temps", le Serbe a rempli son contrat et sa jauge de confiance. "Je suis très satisfait du niveau de tennis que j'ai réussi à trouver en fin de tournoi. Je commence à me sentir comme je veux me sentir sur terre battue." À 33 ans, Djokovic a prouvé que les "vieux gars", comme il en a plaisanté samedi 15 mai, avaient encore de la réserve à défaut d’avoir une grosse marge. Au cours de ce super saturday romain, le N.1 mondial a passé près de cinq heures sur le court, le temps de renverser Stefanos Tsitsipas dans la fin de son quart de finale puis de sortir des griffes de Sonego en demi-finale. Au point physiquement, Djokovic a retrouvé son coup droit et sa science du jeu. Engagé à Belgrade en fin de semaine, il devrait en profiter pour asseoir un peu plus son plan de jeu. "Cela va me donner encore quelques matches, et après rock n'roll à Paris !"

Thiem un ton en dessous

Finaliste à Roland-Garros en 2018 et 2019, auréolé d’un premier titre du Grand Chelem à l’US Open l’été dernier, Dominic Thiem peine à redécoller cette saison. Il y a un mois, l’Autrichien confiait son blues au quotidien autrichien Der Standard. "Après ce titre, j'étais dans un état d'euphorie, les résultats m'ont permis d'aller en finale du Masters de Londres. Mais en préparant cette saison, je suis tombé dans un trou, avait-il avoué. J'ai poursuivi mon grand rêve pendant 15 ans, sans regarder à gauche ou à droite. Il n'y avait que le tennis (...) Je pense que la pandémie s'ajoute juste à tout le reste." La pandémie et un problème au genou gauche ont retardé son retour sur les courts. Et cela se voit. Il manque encore de puissance et de précision dans ses frappes. À Rome il est tombé en huitièmes de finale face à Lorenzo Sonego après une très mauvaise gestion de la fin du troisième set que l’Autrichien semblait avoir en poche. S’il ne s’impose pas à Lyon cette semaine, Thiem abordera le Grand Chelem parisien sans titre sur terre battue à son compteur, une première depuis 2014.

Iga Swiatek a remporté son premier WTA 1000 à Rome contre Karolina Pliskova dimanche 16 mai 2021. (ROB PRANGE / SPAIN DPPI)

Swiatek en mode bulldozer

45 minutes de match, tout juste un antipasto. La finale féminine au WTA 1000 de Rome a laissé un goût amer aux spectateurs qui attendaient plus de la confrontation entre Iga Swiatek et Karolina Pliskova. D’une férocité et d’une concentration maximale, la Polonaise n’a laissé que des miettes à son adversaire. Quatre points dans le premier set et deux bulles au score final (6-0, 6-0). "À chaque pause, je me me mettais dans la tête que je recommençais le match depuis le début", a-t-elle expliqué après son succès. "Je l'ai fait si bien que je ne savais même pas qu'il y avait eu 6-0 au premier set, c'était plutôt drôle, je ne savais même pas le score." Il y a eu la manière en finale. Et le mental tout au long de la semaine où elle a sauvé plusieurs balles de match en huitièmes de finale contre Krejcikova. Vainqueur surprise de Roland-Garros en octobre dernier, Swiatek a fait son entrée dans la top 10 mondial lundi 17 mai et sera candidate sérieuse à un doublé.

Barty joue la prudence

Depuis qu’elle a quitté son île, où elle s’était isolée pendant la pandémie l’année dernière, Ashleigh Barty fait figure d’épouvantail du circuit. En 2021, la N.1 mondiale affiche le meilleur bilan avec 27 victoires pour cinq défaites. Sur terre battue, l’Australienne fait parler sa science du jeu et la grande variété de ses coups. Vainqueur à Stuttgart et finaliste à Madrid, Barty filait tout droit vers une nouvelle performance quand elle a stoppé son quart contre l'Américaine Coco Gauff (6-4, 2-1) à cause d’une douleur au bras droit. "C'est ce que je déteste le plus, de ne pas être capable de terminer un match de tennis. Mais la douleur devenait trop sévère", a-t-elle expliqué, préférant préserver ses chances d'être "à 100%" sur la terre battue parisienne où elle s'était imposée en 2019. "C'est une blessure qui existait déjà, un problème que j'ai déjà connu avant, qu'il m'a fallu gérer déjà dans ma carrière. (...) Il faut juste prendre la bonne décision aujourd'hui pour savoir que tout ira bien dans deux semaines", a-t-elle ajouté.

Serena Williams dans le flou

Absente des tournois depuis quasiment trois mois, Serena Williams faisait son retour à Rome. Un match de reprise sur terre battue avait tout du piège pour l’Américaine de 39 ans. Son 1000e en carrière qui s’est soldé par une défaite contre l’Argentine Nadia Podoroska. "C'est dur le premier match sur terre battue", a reconnu l’ancien N.1 mondiale. En difficulté dans ses déplacements, elle a cédé en deux manches accrochées (7-6, 7-5). Le retour des sensations n'est qu'une "question de temps", a-t-elle relativisé. Du temps de jeu, elle espère en avoir davantage à Parme cette semaine où elle s’est engagée avant de venir à Paris où elle vise toujours d'égaler le record de 24 Grands Chelems de Margaret Court.

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