Handball : les cinq questions à se poser sur le Final Four de la Ligue des champions

Le PSG et Nantes tenteront de ramener en France une troisième C1 de handball après les deux décrochées par Montpellier en 2003 et 2018.

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France Télévisions
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La Parisien Mikkel Hansen contre Veszprem lors du dernier Final Four de la Ligue des champions, à Cologne, le 29 décembre 2020. (LAURENT LAIRYS / LAURENT LAIRYS)

Le PSG et Nantes sont tous les deux engagés au Final Four de la Ligue des champions, samedi 12 et dimanche 13 juin, à Cologne. L'objectif ? Décrocher la première C1 de l'histoire de leur club respectif. En demi-finales, le PSG sera opposé à Aalborg (15h15) alors que Nantes affrontera Barcelone (18h).

Qu'est-ce qu'un Final Four ?

Cela signifie "Finale à quatre" pour les non-anglophones. Le Final Four regroupe sur un seul endroit les quatre dernières équipes en lice en Ligue des champions pour y disputer les demi-finales et la finale. Le tout en deux petits jours : pour cette année le samedi 12 juin puis le dimanche 13 juin. Ce format de compétition est spécifique aux sports en salle. Chez les hommes, la Ligue des champions de volley organisait un Final Four pour le dénouement de sa saison jusqu'en 2018 et l'Euroligue de basket en avait joué deux en 1966 et 1967 avant d'y revenir définitivement en 1988.

Dans le handball masculin, la finale à quatre est apparue en 2010. Depuis onze ans, celle-ci est organisée dans la Lanxess Arena de Cologne, une salle de 19 500 places. Contrairement au Final Four de la C1 féminine organisée à Budapest - et ou Brest avait échoué en finale le 30 mai 2021 -, aucun spectateur ne pourra y assister, a annoncé la Fédération européenne de handball, le 21 mai.

L'oeil du spécialiste, Jérôme Fernandez, ancien capitaine des Bleus :

"Physiquement, un Final Four est difficile parce que les championnats sont encore disputés un peu partout sauf en Espagne. Ce sont des matchs qui se jouent sur quelques ballons, sur quelques détails et cela donne souvent des oppositions très disputées."

Le PSG peut-il enfin aller au bout ?

Dominateur incontestable et incontesté sur la scène domestique, le Paris Saint-Germain cherche toujours à décrocher la première Ligue des champions de son histoire. En France, les Parisiens ont récemment conquis un huitième titre de champion, le septième d'affilée. Seul Dunkerque, en 2014, a réussi à s'immiscer depuis le rachat du club francilien par les propriétaires qataris à l'été 2012.

Avec 18,8 millions d'euros de budget, le PSG n'a pas d'égal dans l'hexagone, le deuxième budget du championnat, celui de Nantes, culmine à 8,1 millions d'euros. Mais à l'échelle européenne, les handballeurs de la capitale peinent à franchir la dernière marche. Paris a pourtant rejoint à quatre reprises le Final Four (2016, 2017, 2018 et 2020) mais n'est parvenu en finale qu'à une seule reprise : en 2017 contre le club macédonien du Vardar Skopje (24-23). Lors des trois autres éditions, le Paris Saint-Germain avait terminé sur la troisième marche du podium, subissant notamment l'affront d'une défaite en demi-finales contre Nantes (32-28), en 2018. Montpellier avait au final remporté la C1 pour la deuxième fois.

L'oeil du spécialiste :

"Les joueurs du PSG arrivent dans de meilleures conditions par rapport au dernier Final Four de décembre 2020, parce que Raul Gonzalez a fait beaucoup tourner dans la saison. Je ne suis pas sûr qu'ils soient cependant aussi bons que le passé. Cela reste une équipe assez équilibrée, qui aura à cœur cette année d’aller chercher le titre parce qu’elle est en fin de cycle. Après la fin de la saison prochaine, cela sera plus compliqué parce que le PSG va sûrement réduire la voilure au niveau financier et ils n’auront peut-être pas une équipe aussi compétitive."

Nikola Karabatic célèbre avec Yann Genty la qualification du PSG en demi-finales de la Ligue des champions après sa victoire contre Kiel, le 19 mai 2021. (YOAN VALAT / EPA)

Le retour de Nikola Karabatic peut-il tout changer ?

Le handball est un sport collectif où une individualité ne peut gagner seule, certes. Mais jouer avec le triple lauréat du trophée de meilleur handballeur mondial de l'année (2007, 2014 et 2016) peut tout de même aider à remporter des titres. Cela n'a pourtant pas beaucoup été le cas du PSG cette année. L'international français s'est en effet gravement blessé en octobre 2020. Victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit, le demi-centre de 37 ans avait dû passer sur la table d'opération.

Contre Saint-Raphaël (44-32), le 30 mai 2021, le tridécuple (13) champion de France a refoulé le parquet sept mois après son opération. Il a ensuite rejoué à Cesson-Rennes (34-28) dans le match du titre, puis contre Nîmes (47-27). "Ça s'est très bien passé, je suis très content, j'ai pris du plaisir sur le terrain, j'ai de très bonnes sensations, réagissait Nikola Karabatic après la victoire en terre bretonne, mercredi 2 juin. C'était le but de pouvoir jouer quelques matches pour retrouver du rythme et des sensations sur le terrain avant le Final Four ou avant d'attaquer la préparation des JO. C'était un double objectif pour moi." Il a pu accumuler de nombreuses minutes avant ce Final Four et le début de la préparation olympique, à partir du 23 juin à Creteil.

L'oeil du spécialiste :

"Le retour de Nikola après sept mois et demi d’absence va faire du bien au PSG au niveau du jeu et de la maîtrise. Maintenant, est-ce que cela suffira pour aller chercher le titre ? Je ne sais pas, parce que quand on arrive à ce niveau de la compétition, ce qui fait souvent la différence c’est la qualité des gardiens de but."

Nantes peut-il créer la surprise ?

La montée en puissance du H (le surnom du club) est relativement récente. Le Handball club de Nantes, de son nom complet, n'a accédé à l'élite qu'en 2008. Mais depuis, la progression est fulgurante. Forts de deux finales de C3 en 2013 et 2016, les Nantais sont passés à l'échelon supérieur, en Ligue des champions. Et la compétition leur réussit puisque pour leur quatrième participation, ils ont atteint cette année leur deuxième Final Four.

Le Nantais Baptiste Damatrin lors du quart de finale aller de Ligue des champions contre Veszprem, le 13 mai 2021. (JEROME FOUQUET / MAXPPP)

En 2018, pour sa première présence dans le dernier carré, le H avait surpris le finaliste de l'édition précédente, le PSG (32-28) avant de tomber les armes à la main contre Montpellier (32-27) en finale, qui remportait ce jour-là sa deuxième Ligue des champions. 

Grâce au souvenir de cette finale, Nantes s'avance cette année avec une plus grande expérience. Les joueurs de l'Espagnol Alberto Entrerrios se sont même payés les Hongrois de Veszprem (quatre finales de C1) en quarts de finale (62-60 sur les deux matchs). La tâche sera ardue face au Barça, recordman du nombre de victoires dans la compétitions (neuf sacres).

L'oeil du spécialiste :

"Les Nantais ont réalisé une deuxième partie de saison vraiment brillante avec la victoire à Paris, les éliminations de Kielce et de Veszprem. Ils arrivent sur ce Final Four avec le plein de confiance. Les points forts de Nantes restent la défense et le gardien Emil Nielsen, auteur de belles prestations dans les buts. Le club dispose aussi d'un bon mix avec à la fois une jeunesse qui progresse très vite et d’anciens joueurs très expérimentés."

Qui sont les adversaires de Nantes et du PSG ?

Le H n'a pas eu le tirage le plus simple. Les Nantais ont hérité de Barcelone, le 25 mai dernier. Troisième larron avec le football et le basket de l'énorme club multisport barcelonais, la section handball compte pas moins de neuf titres en Ligue des champions. Loin devant le reste du monde puisque le club allemand de Gummersbach, deuxième, en dénombre cinq. Cette saison, les Blaugranas écrasent le handball espagnol et européen : 53 victoires en autant de rencontres. Quatre Français s'éclatent d'ailleurs en Catalogne : Cédric Sorhaindo, Timothey N'Guessan, Dika Mem et Ludovic Fabregas.

Au contraire, le PSG a tiré le novice à ce niveau de la compétition. Les Parisiens seront opposés aux Danois d'Aalborg, qui n'avaient jamais dépassé les huitièmes de finale avant cette année. Ils ont terminé en quatrième position du groupe B avant d'éliminer Porto (56-56 mais qualifiés grâce à la règle du but à l'extérieur) en huitièmes et Flensburg (55-54 au cumulé) en quarts. Face à cet adversaire clairement inexpérimenté, le PSG n'aura pas le droit à l'erreur mais sur un match, tout est possible et c'est tout le charme d'un Final Four.

L'oeil du spécialiste :

"La demi-finale des Nantais va être très difficile car ils jouent contre le favori de la compétition [Barcelone], un club qui n'a pas beaucoup de faiblesses et qui sera très motivé après avoir perdu la précédente finale contre Kiel en décembre. Il s’agit d’une équipe qui va arriver avec beaucoup de fraîcheur, un jeu très bien rôdé, un effectif très complet et de supers gardiens de but. 

"Aalborg est un club peu connu en France mais qui a toujours très bien travaillé et qui, depuis quelques temps, est en capacité d’attirer de très bons joueurs : ils ont déjà fait signer Palmarsson pour la saison prochaine et Mikkel Hansen pour 2022. Les Danois ont ont leur chance avec un collectif très bien rôdé, des gardiens capables de se hisser à un très haut niveau et un jeu à sept contre six très performant et qui peut poser des problèmes à Paris en demi-finale."

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