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Les six moments qui ont marqué le procès Pistorius

Le champion paralympique ne peut être reconnu coupable du meurtre de sa compagne, a indiqué la juge, jeudi.

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France Télévisions
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Oscar Pistorius arrive au tribunal de Pretoria (Afrique du Sud), le 7 août 2014. (GALLO IMAGES / REX / SIPA)

Oscar Pistorius n'est pas reconnu coupable du meurtre de sa compagne Reeva Steenkamp, a indiqué la juge du tribunal de Pretoria (Afrique du Sud) chargée de son dossier, jeudi 11 septembre. La préméditation n'a pas été retenue. Mais le procès n'est pas terminé. Le champion peut encore être condamné pour homicide involontaire ou être acquitté. La juge a renvoyé la suite du verdict au vendredi 12 septembre.

Pistorius – actuellement en liberté sous caution – est passible d'une peine incompressible de vingt-cinq ans de prison. Initialement prévu pour durer trois semaines, ce procès, diffusé en temps réel une chaîne sud-africaine, a duré six mois. Francetv info revient sur les temps forts de l'affaire qui a passionné et divisé pendant six mois tout un pays.

1Des témoins victimes d'intimidation

Le 3 mars, au premier jour du marathon judiciaire, le tribunal de Pretoria appelle les voisins de Pistorius à témoigner. "Le jour du drame, juste après trois heures du matin, j'ai été réveillée par les terribles cris d'une femme. Elle appelait au secours", déclare ainsi à la barre Michelle Burger, qui habite à moins de 200 mètres de la maison du sportif. Des cris qui contrediraient la version de l'accusé et qui soulèvent une question : comment ne s'est-il pas rendu compte qu'il tirait sur Reeva et non sur un voleur ? Et, surtout, pourquoi avoir tiré à quatre reprises ?

Le 4 mars, le mari de Michelle Burger, Charl Johnson, est lui aussi appelé à la barre. Il affirme alors avoir reçu, dans la nuit, des coups de fil malveillants"Un grand nombre" d’appels, après la révélation, la veille, de son numéro de portable devant la cour. Et l’un des messages vocaux se veut plus intimidant que les autres : "Nous savons qu’Oscar n’a pas tué Reeva, pourquoi mens-tu à la cour ?"

2Pistorius vomit à la lecture de l'autopsie

Lundi 10 mars, alors que le médecin légiste, Gert Saayman, décrit les blessures de Reeva Steenkamp, Oscar Pistorius s'effondre. A l'écoute des détails sur l'état du crâne de son ex-petite amie, il vomit dans le box des accusés. Le rapport d'autopsie révèle que la mort de l'ancien mannequin a été provoquée par plusieurs blessures par balle et que la jeune femme a eu le temps de se voir mourir.

Le 13 mars, alors que 119 photos de la scène du meurtre sont projetées à la cour, Oscar Pistorius s'obstine à garder les yeux rivés sur ses chaussures. Les photos témoignent de l'horreur du crime. On y voit le cabinet de toilette, lieu du meurtre, couvert de sang. Puis du sang, encore, dans la salle de bains, sur les murs et dans l’escalier que Pistorius a descendu avec Reeva dans ses bras. Alors que l'audition d'un des témoins continue, un cliché du corps de la victime est projeté par erreur. Cette fois, Oscar Pistorius regarde. Il devient livide, avant d'être pris de vomissements. Prostré, la tête entre les mains, il finit par se recroqueviller dans son box.

3Des textos gênants 

Le 24 mars, la défense de Pistorius est largement ébranlée par la lecture, à l'audience, de messages échangés entre les deux amants. Ces messages dévoilés par un expert de la police sud-africaine mettent en évidence les violents accès de colère de l'accusé.

"Parfois, j'ai peur de toi", écrit ainsi l'ex-mannequin de 29 ans. Quinze jours avant sa mort, Reeva avait écrit à Oscar Pistorius ce qu'elle lui reprochait, se plaignant de ses nombreuses crises de jalousie. Et d'autres échanges viennent noircir l'image d'une relation idyllique dépeinte par l'athlète. On y apprend notamment que la jeune femme parlait de ''relation déséquilibrée'' dans laquelle elle se sentait heureuse ''90% du temps''. Avant d'ajouter : ''Pourquoi continuer ? Je me fais agresser et tu te plains que tu n'aimes pas ma voix et mon accent."

4Pistorius déclaré responsable pénalement

La défense de Pistorius s'appuie sur la thèse de l'accident. Pour qu'il bénéficie de circonstances atténuantes, son avocat tente de montrer que l'athlète souffre de "troubles de l'anxiété généralisée". Mi-mai, une psychiatre convoquée devant la cour souligne que le handicap d'Oscar Pistorius et l'anxiété développée depuis son enfance pourraient lui avoir fait croire que sa petite amie était un intrus. Une contre-expertise est alors demandée par le procureur, avant d'être validée par la juge.

Admis à l'hôpital psychiatrique de Westkoppies le 26 mai, Oscar Pistorius subit une série de tests pour déterminer si son état psychique a pu influencer ses actes. Mais les conclusions du rapport sont formelles : Pistorius était conscient de ses actes et sait parfaitement distinguer le bien du mal. "M. Pistorius ne souffre d'aucune maladie mentale ni d'aucun trouble qui pourrait le rendre irresponsable pénalement", écrivent les experts.

5Une vidéo à charge

Le 6 juillet, une reconstitution vidéo du drame, diffusée par la chaîne australienne Channel 7, fait polémique. On y voit Oscar Pistorius réinterpréter son propre rôle, sur les lieux du meurtre. Le sportif avance ou recule avec agilité sur ses moignons, le bras tendu et la main serrée, comme s'il tenait une arme. 

Ces images n'ont jamais été montrées au cours du procès. Mais la vidéo, réalisée à l'origine pour appuyer la thèse de l'accident, se retourne finalement contre Pistorius. L'accusation s'en sert en effet pour tenter de prouver que le champion paralympique est beaucoup plus mobile que ne l'affirment ses avocats. En démolissant, au passage, le témoignage du médecin sportif de l'accusé, selon lequel il se déplace difficilement sans ses prothèses.

6Une bagarre et des tweets étranges

Le 12 juillet, l'athlète réputé colérique et bagarreur, se fait expulser d'une discothèque. Alors qu'il peine à convaincre de son innocence, Pistorius multiplie les frasques et fait les délices de la presse sud-africaine. Les journaux rapportent ainsi que, complètement ivre, il se serait accroché avec plusieurs clients et aurait proféré des insultes envers le président sud-africain, Jacob Zuma. 

Deux jours après cet incident, Pistorius fait un retour remarqué sur Twitter. Depuis le drame, l'athlète avait, en effet, gardé le silence, se contentant de partager un bref communiqué le 14 février 2014, date anniversaire de la mort de Reeva. Dans une série de tweets étranges, Pistorius mêle des psaumes de la Bible, un passage d’ouvrage sur la psychologie ainsi que des photos d'enfants handicapés. "Seigneur, aujourd'hui, je vous demande de laver ceux qui vivent dans la douleur dans la rivière de votre guérison. Amen", écrit-il dans un des messages.

 

Ces tweets povoquent une avalanche de réactions. Si certains répondent par des messages de soutien au sportif, d'autres expriment leur indignation, accusant le sportif d'essayer de se racheter.

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