JO 2021 : la Biélorusse Krystsina Tsimanouskaya, punie par les autorités de son pays, est "en sécurité" à Tokyo et veut rejoindre la Pologne

L'athlète, qui disputait les épreuves de sprint en athlétisme, a passé la nuit de dimanche à lundi dans un hôtel de l'aéroport de la capitale japonaise, contrainte par la Biélorussie de quitter les Jeux après des critiques émises contre sa fédération et ses entraîneurs.

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Krystsina Tsimanouskaya lors d'une compétition d'athlétisme à Naples, en juillet 2019 (ZHENG HUANSONG / XINHUA)

Une affaire d'Etat à Tokyo. La sprinteuse biélorusse Krystsina Tsimanouskaya se préparait à participer aux séries du 200 m, lundi 2 août, aux Jeux olympiques, trois jours après avoir été éliminée lors de celles du 100 m. Elle a vu son rêve brisé par les autorités de son pays, qui l'ont forcée à quitter la sélection olympique dimanche après des critiques émises envers sa Fédération et ses entraîneurs. C'est l'athlète elle-même qui l'a expliqué par message à l'agence de presse Reuters, qui a dévoilé l'information dimanche en début d'après-midi.

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Krystsina Tsimanouskaya avait également publié dimanche une vidéo dans laquelle elle demandait de l'aide après avoir été accompagnée à l'aéroport par des responsables du comité olympique national biélorusse pour rentrer dans son pays. "J'ai été forcée de quitter le Japon contre mon gré", y déclare-t-elle.

Ajoutée puis retirée d'un relais après des critiques

Selon le comité olympique biélorusse dirigé par Viktor Loukachenko, fils du président Alexandre Loukachenko, la sportive a dû suspendre sa participation aux JO sur "décision des médecins, en raison de son état émotionnel et psychologique". Une déclaration qualifiée aussitôt de "mensonge" par l'athlète devant la presse à l'aéroport.

Une punition "due au fait que j'ai parlé sur mon compte Instagram [vendredi 30 juillet] de la négligence de nos entraîneurs", a expliqué Tsimanouskaya à Reuters. La Biélorusse avait déjà ouvertement critiqué la Fédération biélorusse d'athlétisme en affirmant avoir été contrainte de participer au relais 4x400 m car deux autres athlètes n'avaient pas réalisé un nombre suffisant de contrôles antidopage, selon elle. "L'entraîneur m'a ajoutée au relais sans m'en parler. J'en ai parlé publiquement. L'entraîneur principal est venu me voir et m'a dit qu'il y avait un ordre d'en haut de me retirer (de l'équipe)", a-t-elle raconté à l'agence de presse.

Le Comité international olympique (CIO) a assuré lundi que Krystsina Tsimanouskaya, qui a sollicité l'aide de l'instance internationale, est "en sécurité" à Tokyo. "Le CIO et Tokyo 2020 ont parlé hier (dimanche) soir directement avec l'athlète biélorusse Krystsina Tsimanouskaya", a déclaré le directeur de la communication du CIO, Mark Adams. "Elle nous a assuré qu'elle se sentait en sécurité. Elle a passé la nuit dans un hôtel de l'aéroport" de Tokyo-Haneda, sous la protection de policiers locaux, et le CIO devait de nouveau s'entretenir avec elle lundi afin de connaître ses intentions et la "soutenir", a ajouté Mark Adams.

Elle souhaite rejoindre la Pologne

Face à cette situation hors norme, plusieurs pays européens ont d'ores et déjà proposé l'asile à la sprinteuse. "Les autorités japonaises viennent de nous confirmer que l'athlète Krystsina Tsimanouskaya avait reçu notre offre d'asile", a écrit sur Twitter le ministre des Affaires étrangères tchèque, Jakub Kulhanek. "Si elle décide de l'accepter, nous ferons au mieux pour l'aider. Les Jeux olympiques n'ont rien à voir avec la politique, les méthodes du régime Loukachenko sont absolument honteuses", a-t-il ajouté. Le Premier ministre slovène, Janez Jansa, a aussi proposé d'accueillir l'athlète.

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Mais c'est bien en Pologne, où un visa humanitaire lui a été proposé, que Krystsina Tsimanouskaya souhaite se rendre, selon les propos de son mari à l'AFP lundi midi, qui confirment les informations que franceinfo: sport avaient obtenues un peu plus tôt auprès d'Anatol Kotau, directeur du département international de la Fondation biélorusse pour la solidarité dans le sport (BSSF)"Pour le moment, le plan est que probablement elle ira en Pologne", a expliqué Arseni Zdanevitch, contacté par téléphone par l'AFP. L'époux de l'athlète biélorusse a par ailleurs annoncé avoir rejoint l'Ukraine : "Je pense que (en Biélorussie), on ne serait pas en sécurité."

Pas un coup d'essai pour le régime biélorusse

De son côté, le gouvernement japonais "va continuer à coopérer étroitement avec les organisations concernées et prendre les mesures appropriées", en traitant ce cas "conformément à la loi", a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement nippon, Katsunobu Kato, sans davantage de détails. Des responsables du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) suivent également ce dossier de près.

Ces derniers mois, le régime biélorusse a montré de quoi il était capable pour faire taire ses opposants. En octobre dernier, la basketteuse Yelena Leuchanka avait été emprisonnée quinze jours pour avoir participé à des manifestations contre le pouvoir en place. En mai, un avion avait par ailleurs été intercepté par la Biélorussie pour arrêter l'opposant Roman Protassevitch.

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