JO 2021 - Athlétisme : quatre raisons de regarder les deux marathons olympiques

Épreuve emblématique des Jeux olympiques, le marathon a lieu vendredi soir pour les femmes et dimanche matin pour les hommes, sans les foules de spectateurs mais avec une humidité étouffante attendue à Sapporo.

Article rédigé par
Antoine Chuzeville - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Eliud Kipchoge lors du marathon de Londres, le 4 octobre 2020. (IAN WALTON / AFP)

Pilier du programme olympique depuis les premiers Jeux modernes, à Athènes en 1896, le marathon clôture cette fois le programme d'athlétisme, vendredi 6 août pour les femmes (à partir de 23 heures) et dimanche 8 août pour les hommes (à 00h00). Délocalisées à Sapporo, les courses offriront des images uniques, tant par l'humidité que l'absence de foule aux côtés des coureurs. À côté de la star Eliud Kipchoge, il faudra aussi observer Aliphine Tuliamuk et le contingent français, en position d'outsider.

Huis-clos et humidité : un marathon unique

L'image va marquer ces JO décidément pas comme les autres. Ce week-end, les marathoniens ne termineront pas leurs 42,195 kilomètres dans le stade olympique de Tokyo. Ils seront en réalité bien plus loin, à 700 kilomètres au nord de la capitale nipponne, à Sapporo. La conséquence d'un imbroglio politico-sanitaire qui a failli déboucher sur un incident diplomatique.

Tout commence fin 2019 avec un bras de fer entre la ville de Tokyo et le Comité international olympique (CIO). Ce dernier, inquiet de la chaleur qui risque de peser sur Tokyo en août, exige que le marathon se dispute sous des températures plus clémentes pour les corps des athlètes. La capitale japonaise refuse d'abord de voir cette course légendaire se disputer ailleurs, avant de céder de mauvaise grâce.  

Affaire réglée ? Non ! Jusqu'au bout ce marathon donnera des sueurs froides au comité d'organisation. Les températures dans la région de Sapporo sont actuellement bien plus élevées que d'ordinaire et, même si le départ sera donné à 7 heures du matin (heure locale), les conditions pourraient être dangereuses pour les concurrents. Le parcours sera donc particulièrement surveillé, avec interdiction pour les Japonais de venir encourager les athlètes au bord des routes. Cette mesure liée à la pandémie de Covid-19 est un crève-cœur supplémentaire pour le Japon, où le marathon est une épreuve très populaire.

Eliud Kipchoge, la superstar du bitume rêve de doublé

Légende vivante de la course à pied, Eliud Kipchoge est aussi un modèle de longévité dans le monde olympique. Le Kényan était déjà reparti des Jeux d'Athènes avec une médaille, sur 5 000 m. Il sera évidemment l'attraction principale du marathon masculin, dimanche matin. Vainqueur de l'épreuve à Rio, en 2016, Kipchoge va tenter de conserver son titre, même si personne (chez les hommes comme chez les femmes) n'y est parvenu depuis plus de 40 ans.

Mais le vétéran a l'habitude des coups d'éclat, et défier les statistiques ne lui fait pas peur. En 2003, au Stade de France, il n'a que 18 ans quand il domine Hicham El-Guerrouj et Kenenisa Bekele pour devenir champion du monde du 5 000 m. Sur cette distance, il est ensuite médaillé de bronze aux JO d'Athènes puis d'argent aux JO de Pékin en 2008. 

Kipchoge entame ensuite une seconde carrière, sur marathon et semi-marathon. Le Kényan brille et remporte quatre fois le marathon de Londres et trois fois le marathon de Berlin. C'est d'ailleurs dans la capitale allemande qu'il établit le record du monde actuel, en 2018 : 2h01'39''. En cas de victoire dimanche, Kipchoge serait le troisième homme à conserver son titre après l'Éthiopien Abebe Bikila (1960 et 1964) et l'Allemand Waldemar Cierpinski (1976 et 1980).

Une naissance et une médaille la même année, le pari de Tuliamuk

Devenir mère en janvier et monter avec sa petite fille sur le podium olympique, voici le défi que s'est lancée Aliphine Tuliamuk. Championne des États-Unis du marathon en 2020, elle se bat pour que les athlètes-mères soient mieux reconnues et aidées, comme sa coéquipière Allyson Felix.

Comme d'autres mères en compétition aux JO de Tokyo, Tuliamuk a dû lutter en coulisses pour permettre à sa fille de l'accompagner. Le Japon, qui souhaitait limiter le nombre d'étrangers invités sur son sol cet été, a finalement fait une exception pour les enfants de certaines athlètes. Née au Kenya, naturalisée américaine en 2016, Tuliamuk s'est donc préparée jusqu'au bout avec sa fille Zoé à ses côtés.

Pour décrocher une médaille dès son premier marathon olympique, elle devra réaliser un exploit dans une course où les favorites seront l'Israélienne Lonah Chemtai Salpeter et la Kényane Brigid Kosgei, numéro 1 mondiale.  

Des Français ambitieux... 65 ans après l'or de Mimoun

Vous ne vous souvenez pas de la dernière médaille française sur un marathon ? Il faut dire qu'elle date de 1956, aux Jeux de Melbourne ! Cette breloque, en or, appartient au légendaire Alain Mimoun. Depuis, les Français ont connu leur lot de déceptions et aucun, chez les hommes comme chez les femmes, n'a intégré le top 20 depuis Christelle Daunay, à Pékin en 2008. 

Mais le contigent français est fourni et ambitieux cette année. À Tokyo, les Bleus comptent quatre représentants : Susan Kipsang Jeptoo chez les femmes et un trio chez les hommes. Déjà 10e du 10 000 mètres, Morhad Amdouni sera au départ avec Hassan Chahdi et Nicolas Navarro. 

Après son 10 000 mètres, Amdouni n'a pas caché ses ambitions. "L'objectif principal, c'est le marathon, a assuré le Français. Il faut prendre cette course (le 10 000 m) comme une bonne séance pour m'habituer à la chaleur et à l'humidité avant le marathon". Le champion d'Europe du 10 000 m a même convoqué le souvenir de Mimoun en 1956 (qui avait lui aussi enchaîné 10 000 m et marathon). "Monsieur Mimoun l'a fait, il a eu la médaille olympique. Je pense qu'à un moment donné, il faut casser cette barrière-là, il faut éviter d'avoir peur". Alors que les conditions climatiques difficiles pourraient bouleverser la hiérarchie, Amdouni se tient prêt pour créer la surprise.

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