JO 2021 : les sportives qui allaitent pourront amener leur bébé à Tokyo

Qualifées pour les Jeux de cet été, Kim Gaucher, Naomi Folkard et Aliphine Tuliamuk seront autorisées à venir à Tokyo avec leur bébé, qu'elles allaitent.

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France Télévisions
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De gauche à droite : Kim Gaucher, Aliphine Tuliamuk et Naomi Folkard, trois jeunes mères qualifiées pour les Jeux de Tokyo. (AFP)

Leur bébé ou leur carrière ? C'était le dilemme cornélien auquel ont fait face certaines athlètes qualifiées pour les Jeux olympiques de Tokyo et devenues mères il y a peu. Après avoir été critiqués pour les règles strictes régissant la venue des familles de participants aux Jeux, les organisateurs des JO ont annoncé mercredi 30 juin que les sportives qui allaitent seraient autorisées "si nécessaire" à emmener leur enfant à Tokyo.

Un soulagement pour les mères olympiques comme Kim Gaucher, Naomi Folkard et Aliphine Tuliamuk, fortement mobilisées sur les réseaux sociaux ces derniers jours, qui n'auront donc pas à rester éloignées de leur nourrisson plusieurs semaines.

Dérogation pour "cette situation unique"

Avec la crise sanitaire, les réglementations des Jeux sont plus strictes que d'habitude. Le Japon limitant les entrées sur son territoire aux membres des délégations olympiques officielles, les familles des athlètes participant aux JO (prévus du 23 juillet au 8 août) n'ont pas le droit d'assister à l'événement. Les responsables des Jeux ont donc décidé de faire une exception pour les nourrissons allaités, "après avoir examiné attentivement cette situation unique". Autorisés à entrer au Japon, ces bébés ne seront toutefois pas autorisés à séjourner au Village olympique, et devront être hébergés dans des établissements privés, comme des hôtels.

"Le fait que tant de sportives ayant de jeunes enfants soient en mesure de continuer à concourir au plus haut niveau est une source d'inspiration", a déclaré Tokyo-2020 dans un communiqué publié mercredi, ajoutant que les organisateurs étaient "déterminés à faire tout leur possible pour leur permettre de participer aux Jeux".

La star américaine de football Alex Morgan, dont la fille Charlie est âgée d'un an, a toutefois estimé que l'annonce des organisateurs n'était pas suffisante. La double championne du monde (2015 et 2019) et médaillée d'or olympique en 2012 à Londres s'est insurgée sur Twitter :"Je ne suis pas sûre de ce que signifie 'si nécessaire'. Est-ce déterminé par la mère ou par le CIO [le Comité international olympique] ? Ce sont des mères olympiques qui vous le disent : 'C'est NÉCESSAIRE'. Je n'ai pas été contactée pour savoir si je pouvais emmener ma fille au Japon et nous partons dans 7 jours."

Mobilisation sur les réseaux sociaux

Plusieurs sportives ont dénoncé des règles strictes sur les réseaux sociaux. Parmi elle, la basketteuse canadienne Kim Gaucher, mère d'une petite fille de trois mois. Après avoir tenté des recours auprès des comités olympiques canadien et international, en vain, la basketteuse s'était tournée vers les réseaux sociaux, espérant décrocher une dérogation grâce à "la magie d'internet".

Le 24 juin, celle qui a déjà participé à deux éditions des Jeux (Londres et Rio) confiait dans une vidéo publiée sur Instagram se sentir "obligée de décider entre être une maman qui allaite ou une sportive olympique"

Son appel à l'aide avait retenu l'attention d'un certain nombre de personnalités. Parmi elles, le tennisman Milos Raonic, qui a publiquement soutenu sa compatriote dans une publication Instagram. "J'espère que des sportives professionnelles comme Kim Gaucher n'auront pas à choisir entre être une mère et une athlète", a écrit le 22e joueur à l'ATP après avoir annoncé qu'il faisait une croix sur les JO japonais. Les Jeux portent sur l'égalité, l'inclusion et la compétition."

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Soulagement des athlètes mères

L'ailière de l'USO Mondeville a salué le revirement des organisateurs. "Je me suis réveillée avec une grande nouvelle ce matin : Sophie peut venir à Tokyo. Tellement soulagée de ne pas avoir à prendre cette décision", a-t-elle déclaré dans une nouvelle vidéo.

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D'autres sportives ont également connu cette situation délicate. La Britannique Naomi Folkard, qualifiée pour les épreuves de tir à l'arc, s'était mise à congeler du lait maternel pour sa fille Emily, née en début d'année, en prévision de Tokyo. De son côté, la marathonienne américaine Aliphine Tuliamuk avait lancé une pétition pour que sa fille, âgée de six mois au moment des Jeux, puisse se rendre au Japon. "Parfois, je me demande ce qui se passerait si quelque chose d'horrible arrivait et que je ne revenais jamais de Tokyo", avait-elle écrit sur Instagram. "Je suis sûre que toutes les mamans comprennent ce sentiment." 

Selon les organisateurs, des "mesures appropriées" seront appliquées aux nourrissons entrant au Japon pour les Jeux.

Victoire également pour la boxeuse canadienne Mandy Bujold, qui pourra se rendre aux JO. Enceinte puis en congé maternité lors des qualifications pour les Jeux, le Comité international olympique (CIO) ne lui avait pas permis d'aller à Tokyo. Toutefois, la boxeuse internationale a obtenu gain de cause devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), mercredi 30 juin.

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